INTRODUCTION. XXIII
cette liste, dont nous parlions tout à Theurc, de tout ce qui est sorti de Timagination et du crayon ou du pingçau de Marie-Edmée, on est confondu et Ton imagina avoir Affaire à Tune de ces longues vies des artistes du moyen âge dont chaque heure a laissé sa trace dans une page.
Déjà, avant même que Marie-Edmée cherchât en ellemême l'inspiration de son labeur, et choisît le sujet de ses études, on sentait que, tôt ou tard. Fart serait la forme dernière que revêtirait sa pensée. Dans ces pages sincères et écrites pour elle seule, où elle parle des jeunes amies qui se groupent autour d'elle, chez sa mère ou dans le monde, elle décrit chacune d'elles avec une finesse de contours , avec une pureté de lignes, avec une délicatesse de nuances, où il ne manque, pour que le portrait soit achevé, que le dernier coup du pinceau. Si elle accompagne sa mère à Tune des fêtes de TÉglise, quelque piété qu'elle y apporte, elle se surprend à décrire l'effet des costumes, l'expression des visages et des attitudes, et mêle avec tant d'art le côté matériel de la scène à l'impression morale qui en résulte, que le tableau est tout fait, et qu'il semble qu'au premier appel de l'occasion, il va éclore et prendre forme. Suivez-la enfin dans les champs où elle s'égare avec tant de bonheur, et elle n'aura pas fait cent pas qu'un autre tableau naîtra dans sa pensée ou sous sa plume de l'éclat et du parfum des fleurs, du murmure du vent dans les feuilles, de l'azur du ciel; tant elle porte dans ses promenades le sentiment exquis et toujours ému des harmonies de la nature et de son pénétrant langage ! Mais le côté matériel des éléments divers dont elle forme ces portraits, ces scènes, ces paysages, est ce qui tient le moins de place dans l'ensemble de l'œuvre et dans l'impression qui en émane. Ce qui surtout y domine, c'est le besoin élevé de parler au cœur, d'être utile, de communiquer aux autres un sentiment religieux , une