‹ Le journal de Marie-EdméeChapitre 23 sur 36 · INTRODUCTION. XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXXI

nier effort où elle mit tout ce qui lui restait de vie, elle se dressa sur son séant, puis, s'élançant à travers la chambre, elle alla tomber dans les bras de sa mère qui accourait, et elle s*affaissa sur le plancher, en s'écriant : « Ma mère ! • On se souvint alors que son dernier vœu avait été de mourir debout. Dieu devait encore lui faire cette grâce, et mettre dans son dernier élan ce sursum qui se retrouve si souvent sur ses lèvres et sous sa plume.

Toute la ville de Nancy, qui avait été témoin de son dévouement aux blessés et aux prisonniers, qui Tavait suivie de son admiration et de ses vœux dans son double voyage à la recherche de Gérald, voulut prendre part à ses funérailles. Dans le cortège immense qui accompagnait Thumble cercueil, on voyait tout ce qui restait à Nancy de soldats impuissants désormais à défendre la ville, c Quand les Prussiens virent sortir de la cathédrale le cercueil de notre amie, c'est toujours M. Jurgensen qui parle, suivi par des officiers et des soldats blessés, en retraite dans la capitale de la Lorraine, et par une foule de peuple :

c Pourquoi ces fleurs et cette multitude si affligée? demandèrent- ils. Est-ce une princesse que vous pleurez? — Non, dit une enfant, c'est une sœur de Jeanne d'Arc, b

Arrêtons-nous sur cette parole. Elle résume admirablement la vie et la mort et toute Tœuvre de Marie-Edmée. Les plus belles oraisons funèbres sortent souvent de la bouche du peuple. Marie-Edmée avait bien mérité que la sienne fût prononcée par une petite compatriote de Jeanne d'Arc et de celle qui l'avait tant aimée et si bien comprise. En lisant l'Histoire de notre petite sœur de Lorraine, l'enfant avait pénétré dans l'âme de son poëte.

Antoine DE LATOUR.

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