INTRODUCTION. VII
née le i6 novembre 1845; mais, baptisée seulement le 8 février de Tannée suivante , elle aimait à dater sa vie du jour où, comme ledit une de ses lettres, « elle était entrée dans le pays des âmes v.
Ainsi, dès sa quatorzième année, et même avant, elle aimait à compter avec elle-même et à garder mémoire nonseulement de ses actes , mais de ses pensées.
c Un journal, disait-elle gaiement, n'est pas pour montrer à TÂcadémie », et elle ajoutait plus sérieusement : « Voyant mes défauts écrits, je pourrai mieux m'en corriger. > Dans cette apparente préoccupation de soi-même y rien qui ressemble à de Torgueil, encore moins à de la vanité. Le sentiment de Thumilité chrétienne avait été, de très-bonne heure, introduit dans ce jeune cœur par le culte de la Vierge, qui se confondait avec ses premières pensées. Si, un peu plus tard, le nom de Jeanne d'Arc vint se joindre à celui de Marie et en devint inséparable, c'est que, de trèsbonne heure aussi, Marie-Edmée éprouva le besoin d'agir,, de faire le bien par le sacrifice, et qu'il parut tout naturel à cette fille de la Lorraine de fortifier par l'invocation de ce grand souvenir sa passion innée de l'action bienfaisante.
Dès l'âge de douze ans, cette légende de la libératrice qui, depuis un certain nombre d'années, va s'emparant de beaucoup d'âmes en France, et semble vouloir exercer sur Rome une pression pieuse et irrésistible, était devenue, chez Marie-Edmée, une des formes familières de sescroyances enfantines.
•« Sur un morceau de papier indépendant de mon album, a-t-elle écrit quelque part, je dessinais une Jeanne d'Arc, à douze ans. Entre moi et cette feuille, je voyais une créature ineffable que mon crayon défigurait, en essayant de la reproduire, l'histoire de ma sainte et bien-aimée bergère se chantait en moi ! . . . >