INTRODUCTION. IX
Marie-Edmée le type du dévouement et du patriotisme; Marie-Edmée demandait surtout à son sublime modèle Iç secret d^ennoblir, par le sacrifice sous toutes ses formes, les liens qui retiennent la femme dans la sphère étroite des devoirs ordinaires. Oui, elle eût aimé à répandre au dehors le feu intérieur qui la dévorait. Mais demandez à sa mère si elle se sent jamais inquiète de cette flamme généreuse, et si parmi les rôles plus ou moins éclatants que rêvait sa fille, il y en eut jamais un dont pût s'alarmer la prudence de Tune ou rinstinct virginal de Tautre; s'il y eut jamais, dans ce noble entraînement, rien qui ressemblât à cette liberté sans mesure que de nos jours on a revendiquée pour la femme. Souvenons-nous ici que Jeanne d'Arc elle-même, lorsque, attentive à la voix qui lui commandait d'aller sauver la France, elle méditait son étrange dessein, allait rarement avec ses compagnes danser sous Tarbre des fées ; elle cherchait plutôt la solitude dans Téglise ou dans les deux chapelles entre lesquelles s'élevait Domremy. Marie-Edmée pouvait éprouver quelque impatience de sentir son aile se heurter aux entraves nécessaires de son humble vie; mais eût-elle été libre , sa foi guidait trop bien son imagination, pour qu'il y eût rien à redouter des écarts de celle-ci. Elle se sentait gardée par la sainte Vierge et savait au besoin où s'appuyer, quand elle se sentait chanceler; écoutez-la plutôt : elle sort d'une de ces crises dont nous venons de parler, et ce passage, nous le prenons entre vingt autres non moins expressifs :
« Je suis légère et plus forte : je prends bravement la vie et ses charges, le jour et ses ennuis, mon âme et ses faiblesses. C'est lourd , mais c'est la croix présente , et peutêtre est-elle de paille , comparée à ce qu'elle doit devenir.
> A qui dois -je ce miracle? Au plus consolant des sacrements. ■