INTRODUCTION
Ou plus simplement ailleurs :
« J'ai communié, je suis donc heureuse; il fait bon s'adoucir, se redresser, espérer encore, ou plutôt sentir une puissance surnaturelle, un amour divin vous rendre la paix, cette paix que le monde, c'est-à-dire tout ce qui n'est pas Jésus-Christ, ne donnera jamais. »
Et savez-vous pourquoi cette foi , si simplement professée, nous charme et nous rassure , nous ravit et nous pénètre d'une admiration tranquille, même quand le rêve s'y mêle «encore? c'est que c'est pour nous le cri d'une victoire remportée. Marie- Edmée rentre en elle-même, épuisée parfois, mais consolée, fortifiée, convaincue.
Ah ! ce n'est pas nous qui voudrions détacher le plus humble fleuron de la couronne virginale d'Eugénie de Guérin, cette âme forte qui a été profitable à tant d'autres. Nous l'admirons, nous la bénissons d'avoir, dans Iç milieu austère et souvent rude où elle a vécu , travaillé à resserrer encore et à rapprocher son horizon , sans rapetisser son âme, et d'avoir fait la vertu facile sans lui rien ôter de sa sidiplicité. Mais cette solitude où elle vivait, elle l'aixnait, n'ayant pas besoin d'en sortir pour trouver le secret du dévouement. Elle ne la quitta même qu'une fois et pour suivre un moment, au dehors, le sacrifice qui avait nom Maurice. Marie-Edmée , au contraire , craignait que le sacrifice, qui pour elle s'appelait de tous les beaux noms de ce monde , ne vînt pas la chercher dans l'ombre où se cachait sa vie, et elle eût voulu courir au-devant.
Elle mettra quelque temps à s'apercevoir que l'action peut se déployer et non sans grandeur dans la plus étroite sphère , et d'elle-même elle y reviendra noblement et sans effort. Mais si, dans l'intervalle, se dresse devant elle, comme devant l'Europe, cette déchirante et éternelle question de la Pologne, elle gémira non pas tout haut.