‹ Le journal de Québec et le tombeau de Champlain [microforme]Chapitre 12 sur 13 · MM. LAVERDIÈRE ET CASGRAIN · texte numérisé non relu

MM. LAVERDIÈRE ET CASGRAIN

Avant d'aborder un sujet aussi délicat que celui-ci, je sens le besoin de déclarer combien il me répugne d'avoir à consigner de nouveaux griefs contre MM. les abbés Laverdière et Casgrain, et surtout d’être entrainé, par le Journal de Québec, à revenir sur une accusation que je n'ai formulée qu'avec ménagement. Si j'y suis forcé, c'est donc dù uniquement aux provocations inconsidérées du Journal, qui, dans sa manie de calomnier, oublie qu'il compromet au plus haut point ceux qu'il s'e:: chargé de protéger et de défendre, en les exposant sans jugement aux atteintes d’une juste polémique, par des sorties comme celle-ci :

(M. Drapeau nous dit: «Je pourrais même, si je le voulais, prouver que tout le journal à été écrit après coup.» Ah! quand on porte une assertion aussi grave; quand on dit en autant de mots, à deux prêtres, dont le caractère est resté Jusqu'ici sans tache et dont l’honorabilité n’a jamais été mise en question : ce récit que vous affirmez avoir été écrit, jour par Jour, en faisant vos recherches, est un long mensonge, une ignoble duperie, une hideuse imposture,—on perd le droit de se contenter de déclarer que l’on prouverait si l'on voulait. Il était de votre honneur et de votre devoir de prouver de suite. En vous contentant d'insinuer lâchement, vous avez manqué à l’un et à l’autre.»

Eh bien! puisque vous le réclamez avec tant de chaleur, je vais prouver l'exactitude de ce que j'ai avancé. Mais, pour

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ue pas mêler inutilement dans la discussion le nom d’une personne complètement étrangère à cette polémique, je m'’engage à donner privément à M. Cauchon, s'il le désire, le nom de celui de qui je tiens /1 preuve du fait que je soutiens.

Je déclare donc fondée l'accusation que j'ai formulée dans ma brochure du 20 décembre, page 22, et pour preuve de cette affirmation, je produis le renseignement suivant, qui me fut donné en ces termes, le 15 décembre dernier.

«Etant à converser avec M. Laverditre, hier, sur la découverte du tombeau de Champlain, ce monsieur m'a dit, sans mystere, que ML Casgrain el lui avaient écrit le journal de leurs opérations qu'a pi LS la découverte du lombeau ! h

L’exactitude de ce fait, tel que rapporté, peut être certifiée par des personnes alors présentes à l'entrevue, S'il y a nécessité,

Ajoutons que si M. le Rédacteur du Journal de Québec professe pour la robe du prétre Le respect dont il parle, il devrait savoir qu'on ne la défend ni bien ni habilement en versant des flots de boue. Puis, lorsque nt {a robe ni le prétre re sont en cause, comme dans la discussion actuelle, des allures d'aussi bas étage que celles du Journal, affigent tout cœur honnête et chrétien. C’est un malheur, vraiment, que cet homme ne puisse traiter aucune chose sans la flétrir !

Le Rédacteur du Journal commet encore une erreur considérable de jugement, quand il écrit ce qui suit:

«Nous avons appris qu'après les outrages personnels qu’il a prodigués sans provocation à l’un des directeurs du Séminaire et membre du conseil de l'Université, il continue à fréquenter les salles de la bibliothèque de cette dernière institution. La notion la plus élémentaire des convenances devait pourtant lui faire comprendre ce que probablement l'on s'est abstenu de lui dire par un sentiment de délicatesse bien facile à deviner.»

Malgré les charmes et les attraits qu’il y aurait à prendre de . Cauchon des lecons de «politesse et de convenance,» je n’ai M. Cauchon des leçons de «politesse et de convenance,» je n'ai pas songé un seul instant, je l’avoue, à aller puiser chez lui

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les éléments de cette science ! Au contraire, dès le début de ma discussion avec M. Laverdière, je me suis fait un devoir de me rendre chez M. le Supérieur du Séminaire de Québec, qui est en même temps Recteur de l'Université. En réponse à mes observations, M. le Supérieur jugea à propos de me dire que ma discussion avec M. Laverdière ne regardait point le Séminaire, et que cette lutte ne devait en aucune manière interrompre mes rapports avec l'Université et la Bibliothèque. « Vous pouvez continuer vos travaux dans l’Université, ajoutatil, et tous les ouvrages dont vous aurez besoin vous seront fournis.” Après d'autres paroles de la plus haute bienveillance, je me retirai et continuai mes travaux comme précédemment.

Que le Journal de Québec rengaine maintenant ses avis couleur de rose, et laisse à chacun le soin de se gouverner à sa guise. Ca vaudra beaucoup mieux.

Avant de me séparer de mes adversaires, anciens et nouveaux, j'ajouterai que si la découverte du tombeau de Champlain doit tourner à la gloire du pays, de son côté le rôle que jouent mes opposants est loin de leur être profitable. Ce n’est pas dans ces pages rapides que je puis entrer dans de longues démonstrations; mais qu’il me suffise de dire que jamais on n’a vu employer d'aussi humiliants moyens pour étouffer la discussion et empêcher la défense de se produire au grand jour, et dans la presse et ailleurs, que dans la discussion actuelle. En voici quelques exemples :

1° Peu de temps après la découverte du tombeau de Champlain, mes oppositionnistes étant informés que je devais réclamer une part dans la découverte, firent circuler sur tous les tons, par leurs amis, qu'ils allaient combattre mes prétentions et les rendre ridicules! C'est ce qu’essaya d'accomplir, en effet, M. l'abbé Laverdière, dans le Journal. de Québec du 2? et du 24 novembre dernier.

20 Après la publication de leur brochure, ces messieurs, se doutant que j'allais publier une réponse, remuerent ciel et terre pour en empêcher la publication. Tous les moyens d'intimidation furent employés, et l’on alla même jusqu'aux me-

naces. En effet, M. l'abbé Casgrain se rendit chez l'éditeur supposé de ma brochure, pour lui dire que s’il y avait raison de sévir, M. Laverdière et lui étaient bien déterminés à traduire l'éditeur et l’auteur devant les tribunaux judiciaires! Rien que cela!

Ces menaces, et bien d’autres encore que je veux taire, eurent pour effet de me susciter de nombreux embarras et de retarder de quelques jours la publication de ma réponse. Enfin je dus, pour aplanir certaines autres difficultés nouvelles, renoncer au droit que j'avais d'en exiger la publication, pour aller la porter dans un autre établissement d'impri-

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