‹ Le journal de Québec et le tombeau de Champlain [microforme]Chapitre 9 sur 13 · EE · texte numérisé non relu

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(1) Arch. du Sémin. de Québec, manus. de 1645, vol. Afaires et difficultés avant 1720.

(2) Relation de 1635, p. 3.

(3) Relation de 1633, p. 26, 31.

(4) Relation de 1633, p. 37.

de venger l'outrage fait au caractère du savant abbé Faillon, j'ai cherché dans les archives du Séminaire, avec la bienveillante permission de M. le Supérieur, le manuscrit en question ; mais il ne s'est point trouvé dans le cahier portant au dos l'inscription : « Affaires et difficultés avant 1720, » tel que cité par M. l'abbé Faillon.

En attendant que je reçoive de France copie du passage de ce manuscrit, qui a servi d'autorité à M. l'abbé Faillon, relativement à la Chapelle de 1615, je vais continuer à produire d'autres preuves à l'appui de la thèse que je soutiens, touchant la destruction de cette Chapelle, C'est Ia Relation de 1636, p. 43, qui va nous renseigner, quand elle dit:

«Les premiers sacrifices de la messe, que nous présentämes en ces contrées, furent offertes dans un méchant petit taudis, qui maintenant nous ferait honte ; nous nous servimes par après d’une chambre ; puis on fit bâtir une Chapelle : on a tâché de la changer en Eglise, l'augmentant de moitié ou environ, etc.”

Ne reconnait-on pas dans ce méchant petit taudis dont-il est ici question, la Chapelle de 1615, détruite depuis 1632? Puis, cette chambre, dont ils se servirent dans la suite, n’estelle pas celle où l’on dressa un Autel dans le Fort Saint- Louis, en attendant Ja construction d’une Chapelle? Et la Chapelle construite en dernier lieu n'est-elle pas celle de Notre-Dame de Recouvrance, bâtie vers la fin de l'année 1633, et qu'on changea plus tard en Eglise, en l’augmentant de moitié, suivant que nous en informe cette même Relation de 1636 ?

Il faut être aveuglé par un entètement coupable pour oser ainsi ne pas se rendre à l'évidence.

Un autre fait historique bien propre à faire voir que la Chapelle de 1615 n'existe plus, c’est lorsqu'à la mort du sieur de Ghamplain, qui arriva le 25 décembre 1635, on voit ce pieux et fervent chrétien léguer, avant de mourir, à la Chapelle de Notre-Dame de Recouvrance «tout le mobilier qu'il avait à Québec, ainsi que 3,000 livres placées dans les fonds de la Compagnie générale de la Nouvelle-France, dont il

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faisait lui-même partie ; en outre 900 livres placées dans une Compagnie particulière; et enfin 400 livres, ete. etc.» (1)

Pourquoi M. de Champlain ne lègue-t-il rien à la Chapelle de Québec de 1615? à cette chapelle que mes contradicteurs continuent d'appeler Chapelle de Champlain ! et qu'ils affirment, mais sans preuve, n'avoir pas été détruite ?

C'estqu'elle n'existait plus, indubitablement; et qu'alors l'affection de ce fervent gouverneur ne se porta que sur la Chapelle de la Recouvrance, qu? était la deuxième construite par ses soins dans la Nouvelle-France.

Je crois avoir prouvé suffisamment, tant dans ma brochure du 20 décembre que dans celle-ci, que la Chapelle de 1615 fut détruite en 1632, et qu'elle n'était par encore reconstruite lors de la mort du sieur de Champlain.

J'ai également prouvé, par l'acte même de sépulture de M. Gand, qu'à cette époque (en mai 1641), cette Chapelle de Québec de 1615 était alors reconstruite, puisque M. Gand mourut dans une chambre placée sous la sacristie et Chapelle de Québec !

Les polémistes historiques du Journal croient avoir fait une rare découverte lorsqu'ils citent, de la Relation de 1633, p. 3, le fait de la messe dite à l'habitation des Francais, le 24 octobre 1632! Dans leur jubilation ils s'écrient: « Où donc le P. Lejeune a-til dit cette messe, si ce n'est dans la Chapelle ?» etc.

Sur quoi vous appuyez-vous, MM. du Journal, pour dire-que cette messe à dû être célébrée dans la chapelle ? puisque la Relation que vous citez n’en parle aucunement ! C’est donc, encore là, une imagination de votre crû.

Quant au fait de la célébration isolée d’une messe à la Basse-Ville, le 24 octobre, alors même que l'Habitation n'était pas encore relevée de ses ruines, il n’y a rien là, cependant, qui soit miraculeux! Les Français, arrivés dès les premiers

(1) Voir Histoire de M. l'abbé Faillon, t. 1, p. 286; Arré!s de Bardets, t. II in-fol., p. 350; Arch. du Séminaire de Québec, manus. de 1645: autorités citées par M. Faillon, p.287.— Vie de Marie Hélène Boullé, citée par M. l’abbé Ferland, t. 1, p. 273, etc., etc.

jours du mois de juillet 1632, n'ont pas dû se croiser 1es bras,

mais plutôt relever ou construire des demeures près des ma-

gasins ou autres dépendances de l'Habitation. D'ailleurs,

pourquoi, puisque les Francais étaient rentrés dans Québec

depuis plus de trcis mois et demi, le P. Lejeune n'aurait-il v pas pu dire une messe dans une maison de la Basse-Ville, le

24 octobre, comme il en célébra une chez Madame Hébert, à

la Haute-Ville, le 5 juillet, lors de son arrivée, quand il

trouva tout en ruines dans l'ancienne Habitation?

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