PA COLTURE A L PAU INTENSIVE
J'ai déjà eu l’occasion de signaler aux lecteurs du Yournal des Orchidées les expériences et les recherches d’un si haut intérêt entreprises par M. RoMa, Inspecteur-Général des Ponts et Chaussées à Périgueux, dans le but de découvrir une formule d’engrais ou d’excitant chimique capable d’activer la végétation des Orchidées. Tout en croyant indispensable, à ce propos, d’appeler l’attention des amateurs et cultivateurs sur le danger qu’il y aurait pour eux à faire de leur côté des expériences de ce genre sans y apporter une prudence extrême et des connaissances assez étendues en chimie et en biologie végétale, j'ai exprimé l'espoir que la haute compétence de M. Roman lui permettrait d’obtenir des résultats précis satisfaisants, et de réaliser un progrès d’une impor-
tance si considérable.
M. RoMAN, qui conduit ses expériences avec une patience, une prudence et une réserve des plus propres à leur assurer un caractère vraiment scientifique, n’a pas voulu faire connaître le résultat de ses travaux avant d’en avoir vérifié soigneusement l’exactitude et de l'avoir contrôlé pendant un espace de temps assez long pour qu'aucun déboire ne fût plus à craindre. Ce résultat n’est pas encore définitif, mais d’après quelques observations que M. RoMaAN veut bien me communiquer, il y a lieu de penser qu'il n’est pas éloigné de toucher au but qu'il s’est proposé, et que dès aujourd’hui les faits acquis constituent un progrès notable.
Voici ces observations, que j’extrais de la lettre même de mon honorable correspondant :
1° Un Milionia Roezli, qui n’avait qu’une pousse en 1887, en a sept aujourd’hui et le même pseudobulbe en a produit #rois cette année, simultanément.
2° Trois hampes florales se sont développées sur un seul bulbe de Mailtonia vexillaria, et ont donné de belles fleurs.
3° Un Odontoglossum Harryanum portait une hampe florale qui avait été dévorée, il y a un mois, par une limace. Il a produit ces jours-ci une deuxième hampe à la même aisselle de feuilles. Cet O. Harryanum remonte donc. :
4° Enfin un rejeton de Disa grandiflora, né l’an dernier, a donné cette année une hampe florifère. Elle ne porte que deux fleurs, il est vrai, mais le résultat n’en est pas moins curieux, car ordinairement le Disa ne fleurit qu’au bout de deux ans.
M. RoMAN veut bien me demander si j’ai déjà observé des, faits analogues; j'avoue que je n’ai jamais vu ni entendu citer d'exemples d’une pareille vigueur, et que de tels résultats, qui, d’après la lettre que j'ai sous les yeux, se renouvellent fréquemment dans les serres de M. RoMAN, me paraissent de nature à faire naître les meilleures espérances au sujet des recherches qu’il a si savamment exécutées; et j'ajoute qu’ils me paraissent d’autant plus concluants qu'ils ne se sont pas démentis pendant une période de plusieurs années.
M. RoMaAN exprime à ce propos, et comme conclusion, l’opinion « que l'emploi du phosphore et de la potasse favorise au plus haut degré la production des bourgeons, tant foliacés que floraux, sur toutes les Orchidées. »
Je suis persuadé, en effet, que le phosphore exerce une action de ce genre sur les végétaux en général, et bien des faits ont été déjà cités à l'appui de cette théorie, qu'on peut considérer aujourd’hui comme à peu près démontrée. Quant à l’action de la potasse, elle n’est pas, je crois, aussi bien connue; il serait très intéressant de la préciser. Comte DE MoRAN.
ÉÉSLSERRES. À ABDECÉTDÉES