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LES GRANDES COLLECTIONS D'ORCHIDÉES EN ANGLETERRE
II. — Collection de M. J. Chamberlain, Moor Green, Birmingham
C'est certainement l’une des plus belles du centre de l’Angleterre. Les serres sont parfaitement aménagées pour une bonne culture; elles débouchent toutes dans une galerie centrale reliée au vaste jardin d’hiver, et à la maison d'habitation, éclairée à l'électricité et pourvue de tous les perfectionnements du confort moderne.
Dans la première serre où pénètre le visiteur, il admire d’abord un grand nombre d’Orchidées en fleurs, offrant un spectacle rare à l’époque de notre visite (fin de septembre), entre autres plusieurs formes superbes de Dendrobium Phalaenopsis, bien fleuries, plusieurs très belles variétés de Catileya maxima, un spécimen remarquable de Dendrobium densiflorum, dont la floraison à cette époque de l’année est assez rare; plusieurs Dendrobium superbiens, splendidement cultivés et d’une grande beauté, et d'excellentes variétés de Cattleya awrea et de C. Dayana.
Le Vanda cocrulea, avec plusieurs magnifiques variétés, constitue l’un des joyaux de cette collection, et nous ne croyons pas qu’il puisse offrir ailleurs un spectacle plus splendide.
Nous notons encore le bel Aerides Lawrenceanum et un élégant hybride de date toute récente, le Dendrobium Cassiope, provenant du D. japonicum et du D. nobile albiflorum.
La serre suivante est entièrement remplie de Cattleya, parmi lesquels nous notons les favoris de leur illustre possesseur, les Cattleya Warocqueana, en
splendide condition, garnis de belles spathes larges, et comprenant quelquesunes des plus belles variétés connues. Le C. Bowringiana est également représenté par de superbes spécimens portant de fortes spathes. Enfin nous admirons des Cattleya Schrüderi, Mendeli, Mossiae et un spécimen extra du rare Catileya Buyssoniana. |
Dans la serre suivante, citons un magnifique Phalaenopsis Esmeralda, variété sombre très élégante et d’une floribondité exceptionnelle; plusieurs autres spécimens remarquables, tels que P. Esmeralda rubra en fleurs, d’une très grande beauté; P. Schlleriana, P. violacea, etc.; Vanda Amesiana, V. Kimballiana; Coelogyne speciosa, bien fleuri, Phajus tuberculosus en magnifique état et formant des pousses vigoureuses; un lot superbe de Cypripedium Godefroyae et C. bellatulum.
Nous pénétrons à gauche dans une serre de’ grande longueur réservée aux Orchidées froides; elle renferme notamment une superbe collection d'Odontoglossum crispum, parmi lesquels beaucoup de variétés d’élite. Ces plantes prospèrent admirablement grâce à l’habileté et aux soins attentifs de M. BURBERRY, le chef d’orchidées de M. CHAMBERLAIN. Elles ont de belles pousses très vigoureuses et promettent une abondante moisson de fleurs. Les Odontoglossum Pescatorei et autres espèces alpines sont également en parfaite santé.
Une série d'Oncidium ormithorhynchum sont couverts de tiges florales. Nous notons aussi une belle plante du rare et magnifique Oncidium Leopold, avec une superbe pousse, prouvant de la façon la plus péremptoire que M. BURBERRY a su découvrir à merveille le traitement approprié à cette espèce.
La serre voisine contient un grand nombre de belles plantes de Laelia anceps alba, magnifiquement cultivés, portant plus de 200 tiges florales, et présentant toutes les apparences de la plus vigoureuse santé; des Sobralia alba nana entrent en fleurs actuellement; puis un lot de Dendrobium en espèces rares ou de premier ordre, D. Venus, un magnifique hybride provenant du D. Falconeri et du D. nobile, et qui a fleuri pour la première fois en 1890, D. splendidissimum, D. Cooksomi, toutes ces plantes ayant de beaux bulbes vigoureux garnis de fleurs, et beaucoup d’autres variétés d'élite qu’il serait trop long d’énumérer.
Une autre serre contient une collection de Cattieya, dont beaucoup mériteraient une mention spéciale : C. Mossiae et variétés, C. M. Wagneri, C. M. Reineckeana, etc.; Cattleya Gaskelliana alba, et beaucoup d’autres en condition splendide,
La serre suivante est presque remplie d'Odontoglossum vexillarium et d'Odontoglossum grande; ces derniers promettent une magnifique floraison; nous y remarquons encore une merveilleuse variété de Vanda coerulea, d’un coloris bleu vif.
En traversant la galerie, nous apercevons plusieurs beaux spécimens de Dendrobium Falconeri, déposés là pour y mûrir leurs bulbes, et qui offriront certainement un coup d’œil incomparable quand arrivera la floraison. Nous pénétrons ensuite dans une petite serre renfermant une collection de Masdevallia très bien cultivés et en parfait état, M. Dauisi, M. amabilis, M. Chelsoni, M. tovarensis, etc.
Une autre serre adossée est remplie de Dendrobium Wardianum et autres qui mûrissent leurs pousses de l’année. Nous y admirons aussi de grandes corbeilles de Pleione maculata parfaitement cultivés, exposés en plein soleil; les bulbes ont conservé leurs feuilles, et promettent de belles grappes de fleurs. Plusieurs plantes du Barkeria elegans, que l’on considère généralement comme difficile à faire fleurir, portent de nombreuses tiges florales vigoureuses, montrant ce que peut donner une culture bien entendue.
Les Calanthe, dans la serre voisine, ont formé des bulbes d’une taille extraordinaire; il y a également un grand nombre de Dendrobium, parmi lesquels nous notons un beau spécimen de D. sératiotes, les D. superbiens, D. Phaluenopsis, D. Dearei, D. bigibbum et D. Bensoniae, ces deux derniers ayant des bulbes à fleurs de plus de o"60 de longueur. Le genre Dendrobium jouit évidemment d’une faveur particulière dans les serres de M. CHAMBERLAIN, et il forme l’un de leurs principaux attraits; leur culture n’est pas, croyonsnous, égalée ailleurs.
Enfin une dernière serre renferme un lot splendide de Catileya gigas dans l’état le plus prospère, des C. Lawrenceana et d’autres Orchidées de grande
valeur.
H. SCHUSTER.
INTOXICATION DES SERRES. — Nons rappelons à nos lecteurs que c’est actuellement la meilleure époque de l’année pour débarrasser les serres des insectes qui y ont élu domicile pendant la belle saison. Le meilleur moyen est de recouvrir une partie des tuyaux de chauffage de côtes de tabac (voir l’article spécial publié dans le 1° volume du Yowrnal des Orchidées, page 27).
LES MORMODES
Les Mormodes appartiennent au groupe étrange, extrêmement intéressant, qui comprend les Stanhopea, les Catasetum, etc. Ils se rapprochent étroitement de ces derniers, dont ils se distinguent par la forme des pétales et des sépales, généralement plus étroits et plus dressés, et du labelle généralement recourbé en croissant et roulé sur les bords. Enfin la colonne, dans le genre Mormodes, est tordue de façon à faire un demi tour, et sa pointe se trouve ainsi placée en face de l’extrémité du labelle, qui est également tordu dans le sens opposé. Cette conformation, ainsi que le coloris généralement sombre des fleurs, leur donne un aspect singulier, que le nom générique est d’ailleurs destiné à traduire. Il vient d’un mot grec qui signifie spectre, fantôme, et fait allusion à une impression terrifiante que l’on peut admettre avec un peu d'imagination.
Les Mormodes proviennent tous de l’Amérique centrale, de la Colombie et du Mexique. Ils se cultivent en serre chaude, et réclament à peu près le même traitement que les Catasetum. La place qui leur convient est près du vitrage, avec beaucoup de lumière et de soleil, sans cependant que les feuilles puissent risquer d’être brûlées par les rayons trop ardents. Après la floraison, toutes ces espèces perdent leurs feuilles, et il convient à ce moment de diminuer les arrosages pour laisser les plantes dans un état de demi-repos. Au bout de quelques semaines, une nouvelle pousse apparaît, et par suite il faut recommencer à donner plus d’eau pour remettre les plantes progressivement en pleine activité.
La première espèce introduite dans les cultures paraît avoir été le M. atropurpureum, expédié du Main espagnol en 1834, et dénommé par LINDLEY qui fonda le genre à cette occasion. Le M. buccinator fut découvert peu de temps après, en 1835, au Mexique, et le M. lincatum en 1836, au Guatemala. Le premier et le dernier sont peu répandus actuellement dans les cultures. Quant au M. buccinator, il figure dans presque toutes les collections. La forme originale qui servit à la description de LiNDLEY avait les fleurs vert pâle, avec le labelle d’un blanc d'ivoire; d’autres sont jaune pâle, abondamment tachetées
de cramoisi, avec le labelle vert jaunâtre également pointillé; la variété awranhacum, introduite l’année dernière, est d’un beau jaune orangé vif.
Le M. lineatum fut découvert sur des branches d’arbres d’une hauteur presque inaccessible, surplombant le lit d’un torrent; il demande moins de chaleur que les autres espèces. Ses fleurs ont les segments verdâtres extérieurement, et, à l’intérieur jaune rayé de brun rougeâtre, avec le labelle blanc tacheté de rouge.
Le M. luxatum, introduit du Mexique, dès 1842, est une des espèces les plus connues et les plus estimées. Les fleurs, délicieusement parfumées, sont d’un jaune pâle; elles sont d’une taille remarquable.
Le M. pardinum a fleuri pour la première fois en Europe vers 1840; il est devenu un peu rare dans les cultures, et c’est grand dommage, car c’est une magnifique espèce. Il a les segments, ainsi que la labelle, d’un beau jaune vif, tacheté d’un rouge-brun éclatant; ses fleurs sont très agréablement parfumées. Il a été très bien figuré dans l’ouvrage de M. BATEMANN sur les Orchidées du Mexique et du Guatemala. La variété wmcolor a les fleurs jaunes non tachetées; elle est également très belle.
M. colossus, l’une des plus superbes espèces du genre. Il fut introduit de l'Amérique centrale, d’une région située à près de 4000 mètres de hauteur, et fleurit pour la première fois en Europe en 1850. Son nom spécifique lui fut donné par REICHENBACH, tandis que LINDLEY le nommait, à peu près à la même époque, M. macranthum ; la première appellation a prévalu.
Ses fleurs ont les pétales et les sépales rouge lilacé à la base, avec des veines plus foncées, et jaunes à la partie supérieure; le labelle est d’un jaune vif, tacheté de rouge à la base.
M. uncia (Greeni). Le plus remarquable peut-être de tous les Mormodes cultivés jusqu'ici. Les fleurs ont à peu près la même forme que celles du M. luxatum, mais elles sont d’un coloris différent. Les segments sont blancs à l'extérieur, jaune clair intérieurement, et recouverts de taches d’un rouge vif, un peu plus petites vers les bords. Le labelle est pourpre foncé à la base; le reste de sa surface est jaune tacheté de rouge.
Enfin deux espèces nouvelles ont fait leur apparition cette année. Elles ont été introduites toutes deux par L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, de Bruxelles, et ont été figurées dans la Lindema (pl. 289 et 273).
Le M. Rolfeanum se distingue par sa taille géante, et sa forme moins compliquée que celle de la plupart de ses congénères. Il a produit une fleur
unique en 1897, mais peut-être en donnera-t-il plusieurs dans la suite, car cette première floraison s’est formée peu de temps après l’arrivée des plantes (°). Les pétales et les sépales sont teintés de brun clair sur fond vert pâle et relevés de stries vertes plus foncées.
Le labelle, d’une consistance analogue au cuir, et d’une assez forte épaisseur, est brun rougeâtre sombre; il est tordu de droite à gauche et les bords sont légèrement roulés en dessous; la colonne est d’un rouge sombre à la partie supérieure et blanche à la face inférieure, occupée par le stigmate.
Le M. Lawrenceanum est une espèce d’une très grande élégance; 1l a produit, lors de sa première floraison, trois longues grappes portant chacune de douze à quinze fleurs d’assez grande dimension, ayant les segments d’un beau jaune légèrement teinté de brun, et le labelle jaune vif.
G. Rivors.
TRAITEMENT DES ORCHIDÉES PENDANT L'HIVER
(Suite, voir p. 267)
La température des serres mérite une surveillance toute particulière pendant l'hiver.
Il ne faut pas que cette température soit trop élevée; s’il en était ainsi, les plantes qui doivent être actuellement en repos entreraient en végétation, et celles qui poussent encore donneraient des pousses faibles et exténuées, ce qui affaiblirait par contre-coup la pousse et la floraison de l’année prochaine. Nous rappelons que nous considérons la tendance à chauffer trop comme un des principaux écueils de la culture des Orchidées.
D'autre part, il ne faut pas non plus que la température soit trop basse ; certains cultivateurs exagèrent parfois dans ce sens; il est rare que les inconvénients qui en résultent apparaissent immédiatement, mais le retard de la végétation et de la floraison, et la maigreur de celle-ci, les démontrent bientôt
(1) Cette hypothèse vient d’être confirmée dans les serres de L'HORTICULTURE INTERNATIONALE, Où
une plante de cette espèce a produit une grappe de trois fleurs, L. L.
sufñsamment; on peut placer pour quelque temps en serre tempérée des Orchidées de serre chaude, mais il ne faut pas trop prolonger cette expérience.
Nous nous rappelons qu'un amateur avait placé un Angraecum sesquipedale ainsi que plusieurs espèces de Cypripedium dans sa serre à Cattleya; il montrait avec satisfaction que les plantes prospéraient parfaitement dans ces conditions. Toutefois, lors d’une nouvelle visite, trois mois plus tard, nous pûmes voir les mêmes plantes réintégrées dans la serre chaude; il ne fut pas fait mention de ce changement, mais le fait nous sembla concluant.
Il est certain que plusieurs Orchidées peuvent passer l’été dans une serre un peu plus fraîche, mais elles risqueraient d'y souffrir pendant l'hiver et le début du printemps.
L'humidité de l’atmosphère doit aussi être réglée d’après les fluctuations de la température. On sait que la tension de la vapeur d’eau augmente à mesure que la température s’élève; l'air qui était saturé à 8° ne l’est plus à ro° et peut se trouver relativement sec si le thermomètre monte encore; inversement la quantité de vapeur d’eau qui n’était qu’en proportion moyenne avec le volume d’air de la serre à 10° peut suffire à le saturer totalement lorsque la température descend à 8° et au-dessous. Ainsi lorsque la température s’abaisse dans les serres, 1l faut donner moins d'humidité atmosphérique.
L’arrosement des sentiers sera moins abondant dans cette saison qu’en été, et devra être fait aux heures où le temps est le plus clair, le matin surtout.
Les Pleione ont à peu près terminé leur floraison. Dès que les tiges florales ont été supprimées, on peut rempoter les plantes, et le plus tôt sera le mieux. Toutefois il n’est pas nécessaire de les rempoter tous les ans ; cela dépendra de l’état du compost; en général il suffit de le faire un an sur deux. Les Pleione réussissent particulièrement bien dans des paniers suspendus au vitrage ou placés très près du jour; ils produisent des fleurs exquises, qui sont en novembre un des plus précieux ornements de la serre aux Orchidées mexicaines.
Nous avons dit précédemment quelques mots des Dendrobium; ceux surtout qui perdent leurs feuilles devront passer l’hiver dans un état de repos complet ; ce sont, entre autres, les D. Wardianum, D. crassinode, D. nobile, D. Falconeri, etc. Quant à ceux qui n’ont pas encore fini complètement leur pousse, ils seront placés dans la partie la plus chaude de la serre et devront avoir beaucoup d'humidité jusqu’à ce que les bulbes soient bien müûris. Les D. thyrsiforum, D. densifiorum, D. Farmeri, etc., pourront être placés dans une serre tempérée où ils fleuriront mieux et plus longtemps.
Les Vanda teres, V. Hookeri, etc., qui ont terminé leurs pousses, pourront être tenus plus frais et peu à peu mis en repos.
Les beaux D. infundibulum et D. Famesianum réussissent bien dans la serre froide, ou plutôt dans la serre tempérée-froide. Ces deux espèces sont originaires du Moulmein ; elles réclament beaucoup de lumière et doivent être suspendues près du vitrage. Le D. formosum provient de la même région, mais il lui faut une température plus élevée, ainsi qu’à sa magnifique variété giganteum. Le D. Faponicum est encore une espèce de serre froide, comme la plupart des Orchidées du Japon; enfin le D. Fohannis cependant originaire d'Australie, et le D. speciosum se contentent également d’une chaleur très modérée.
Les Chefs de culture de
L'HORTICULTURE INTERNATIONALE
(Sera continué.)
REMPOTAGE DES CYPRIPEDIUM
Nous avons reçu la lettre suivante, que nous publions en faisant cependant toutes nos réserves sur le procédé qu’elle signale :