NOTRE LISTE
1 Odontoglossum Alexandrae.
2 Cattleya Warocqueana (labiata autumnalis).
3 » Trianae.
4 » Mossiae et Mendeli.
5 Calanthe Veitchi.
6 Cypripedium insigne.
7 » Lawrenceanum et callosum.
8 Cochlioda (Odontoglossum) Nôtzliana.
go Oncidium incurvum.
10 Lycaste Skinneri.
11 Odontoglossum grande.
12 Oncidium varicosum Rogersi.
Elle diffère peu de la précédente.
L'Odontoglossum Alexandrae est de droit le roi de la fleur coupée; c’est la plante de serre froide par excellence, d’une floribondité exceptionnelle, fleurissant à toutes les époques de l’année et donnant des fleurs d’une forme et d’un coloris exquis. Les Caïtleya Warocqueana, Mossiae, Trianae rivalisent avec lui pour la beauté des formes et la splendeur du coloris, et méritent également une place à part, bien au-dessus des suivants. Parmi ceux-ci, nous avons surtout cherché à grouper des plantes de formes et de nuances variées, fleurissant à diverses époques de l’année, et présentant toujours ces qualités essentielles : culture facile, fleurs de longue durée, abondantes et supportant bien le voyage, et prix modéré. Le Calanthe Veitchi fleurit en hiver et donne des fleurs très résistantes ; celles des Cypripedium se conservent plus longtemps que la plupart de celles des autres genres, et contrastent avec les précédentes par la forme pittoresque et les teintes sombres. L’Oncidium incurvum orne
élégamment les corbeilles de ses longues grappes flexibles, et l'O. varicosum
Rogersi, avec son coloris éclatant, forme une tache claire du plus bel effet; le Lycaste Shinneri a des lignes superbes et donne beaucoup de fleurs, qui durent très longtemps ; enfin l’Odontoglossum grande possède les avantages de la floribondité et de la gaîté du coloris.
Ces douze espèces nous paraissent donc devoir être considérées comme les plus recommandables pour la grande culture de la fleur coupée.
Nous avons eu l’occasion d'appeler déjà à plusieurs reprises l’attention des amateurs et cultivateurs d’Orchidées sur la très grande importance du produit que ces plantes devraient donner, étant cultivées pour la fleur coupée. Nous espérons que ce plébiscite aura pu contribuer à faciliter ce genre de culture en désignant d’une façon suffisante les espèces qui s’y prêtent le mieux. Pour servir la même cause, nous avons cru utile d’indiquer également la liste de nos préférences; nous ne prétendons pas la donner comme parfaite, ni infaillible ; mais nous sommes convaincus que toutes les plantes qui y figurent conviennent bien au but proposé, et peuvent être utilisées avec avantage pour la grande culture dans les conditions indiquées dans le dernier numéro du Journal des Orchidées. I1 y a là, ainsi que nous l’avons dit, une source de bénéfices considérables qui n’est pas encore suffisamment exploitée. Nous la recommandons à tous, et nous nous proposons en cela un double but auquel devraient tendre également les commerçants et les acheteurs : augmenter la production des fleurs d'Orchidées et en abaisser le prix, pour les répandre
partout et les mettre à la portée de presque tout le monde. | DM LE
ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉLÉMENTAIRE SUR LES ORCHIDÉES
4° LES MAXILLARIA
Le genre Maxillaria, extrêmement riche en espèces, n’occupe dans les cultures qu’un rang assez modeste; cependant il renferme plusieurs espèces très intéressantes, sinon par leur grande beauté, du moins par leur port spécial et par l’étrangeté de leurs fleurs.
En ce moment, il est facile d’en trouver diverses espèces en pleine floraison, parmi lesquelles nous pouvons étudier d’abord le M. grandiflora.
De la base de ses pseudobulbes, naît une sorte de tige nommée scafe, haute d'environ deux centimètres, dépourvue de feuilles, mais terminée par une fleur; le scape porte, de la base au sommet, des bractées en forme d’écailles engainantes, d’un vert pâle, carénées sur le dos et longues d'environ trois centimètres. L’ovaire, allongé et de couleur verte, est creusé de six légers sillons
longitudinaux.
Le périanthe est d’un beau blanc de neige, et toutes ses pièces sont marquées de nombreuses stries longitudinales très fines. Les sépales sont longs de quatre à cinq centimètres; le supérieur est oblong-lancéolé; les latéraux ont une forme triangulaire, par suite de la grande dilatation de leur base, qui est insérée sur un très long prolongement antérieur de la base du gynostème. Les pétales ressemblent beaucoup au sépale supérieur, sauf qu’ils sont un peu plus petits. Le labelle est pourpré, surtout vers ses bords; il est fort concave et de forme étroitement ovale; il porte sur sa face interne, et surtout vers sa pointe sur les deux faces, une pubescence épaisse et extrêmement courte, qui a l’aspect d’une poussière d’un blanc jaunâtre ; il est fort rétréci à sa base et comme articulé au sommet du très long prolongement, nommé pied, formé par la base du gynostème ; sa partie inférieure est donc fort éloignée de celui-ci, mais comme le labelle se replie vers le pied, puis se redresse pour venir presque se mettre en contact avec le sommet du gynostème, sa base et le pied forment ensemble une saillie très prononcée qui a reçu le nom de #—enton, par comparaison avec la partie de notre figure qui porte le même nom.
Le gynostème est épais, blanchâtre, couvert d’une pubescence très ténue qui n'apparaît guère que comme une légère poussière; il est de forme presque cylindrique, avec un canal antérieur large et peu profond, maculé de pourpre vers le pied. Le bord du clinandre est très finement pubescent. L’anthère se montre tout au sommet du gynostème (et un peu en avant, sous la forme d’un opercule très convexe, un peu lavé de pourpre, muni d’une grosse crête du côté postérieur, très brièvement pubérulent, surtout sur la crête postérieure. En soulevant l’opercule, nous voyons qu’il abrite quatre pollinies cireuses, d’un jaune très pâle, ovoïdes-oblongues et comprimées, placées obliquement, les deux externes recouvrant les deux internes; comme celles-ci sont un peu plus courtes que les autres, on ne les voit pas lorsqu'on regarde le tout par la face supérieure, et, au premier abord, on pourrait croire qu’il n’y en a que deux ; elles sont reliées, par un pédicelle à peine visible tellement il est court, à un gros rétinacle fort échancré inférieurement et qui a ainsi à peu près la forme d’un croissant. La longueur totale des pollinies, y compris le rétinacle, atteint six millimètres.
En analysant d’autres espèces nous ne trouverons, dans l’organisation de leurs fleurs, que peu de différences avec ce que nous venons d’observer. Ainsi, le M. nigrescens, dont le périanthe est d’un pourpre presque noir, a le menton moins saillant, parce que le pied du gynostème se prolonge moins en avant,
mais il est cependant bien visible; le labelle.est épais et rigide, à sommet fortement replié en dessous et il montre à sa base deux tout petits lobes dressés: le gynostème est profondément canaliculé en avant; vers son sommet, au-dessus du stigmate, on remarque deux petites pointes saillantes, qui sont les extrémités des cornes du rétinacle. Dans le M. picta, toutes les divisions du périanthe, qui est d’un jaune pâle maculé extérieurement de rose pourpre, sont redressées et assez rapprochées; le labelle, qui est jaunâtre avec des stries pourpres, a deux lobes latéraux bien visibles, et il porte dans son milieu une sorte d’écaille formée par un fort repli de sa surface ; le gynostème, d’un pourpre intense, porte à son sommet un clinandre fortement incliné en avant et muni d’une grosse dent sur son bord postérieur; l’opercule présente une forte saillie dirigée en arrière et un peu en haut. Le M. longisepala, reconnaissable à ses sépales d’un brun pourpré, étroitement lancéolés et longs au moins de huit centimètres et À ses pétales à peine plus courts, présente comme particularité deux légères ailes antérieures au sommet du gynostème ; les bords du clinandre sont très entiers.
De la comparaison de toutes ces plantes, nous tirons la diagnose suivante, que nous mettrons entre guillemets, pour la faire mieux ressortir :
« Sépales presque égaux, libres entre eux, les latéraux étalés ou rarement « redressés, insérés sur le pied du gynostème, avec lequel ils forment un « menton plus ou moins proéminent. Pétales égaux, aux sépales un peu plus « petits. Labelle attaché à l'extrémité du pied du gynostème, avec lequel il est « comme articulé, concave, d’abord replié vers l’intérieur, puis dressé. « Gynostème dressé, épais, souvent un peu arqué et dépourvu d'ailes, semi- « cylindrique, un peu canaliculé antérieurement, clinandre concave, à bords « souvent entiers. Anthère terminale, operculiforme, inclinée en avant, conique « ou semi-globuleuse, à une seule loge ou à deux loges imparfaites, souvent « pubescente; quatre pollinies cireuses, ovales, comprimées, rapprochées « par paires, les supérieures recouvrant obliquement les inférieures, reliées « par un pédicelle très court, à un gros rétinacle en forme d’écaille échancrée « ou croissant. Capsule ovoïde ou un peu allongée, dressée. Herbes épiphytes, « munies de pseudo-bulbes; tantôt ceux-ci naissent sur des rhizomes très courts « et portent seuls clfacun une ou deux feuilles, tantôt ils se trouvent sur des « rhizomes allongés et chargés de feuilles disposées sur deux rangs. Feuilles « coriaces, minces ou charnues, non plissées, à nervures très fines. Pédonculies « toujours uniflores et solitaires, portant plusieurs bractées écailleuses engaî-
« nantes, naissant, soit de la base des pseudobulbes, soit de l’aisselle des « feuilles. Fleurs grandes ou médiocres. »
D'après ces caractères, le genre Maxillaria doit rentrer dans la tribu des VANDÉES (voyez page 46). Il fait partie de la sous-tribu qui a reçu le nom de MaxILLARIÉES et dont voici les caractères principaux : Herbes épiphytes, souvent munies de pseudo-bulbes ; feuilles coriaces ow charnues, non plissées ; scapes naissant du rhizome ou pédoncule partant de l'ansselle des feuilles, portant le plus souvent une seule fleur; gynostème prolongé à la base pour former un pied.
A la sous-tribu des Maxillariées, on rapporte neuf genres, qui croissent tous exclusivement en Amérique. Quoique le genre Maxillaria soit bien naturel, il est assez difficile de préciser très nettement les caractères qui le séparent de plusieurs genres voisins. Lorsque nous étudierons ceux-ci, nous aurons l’occasion d'examiner les moyens de reconnaître chacun d’eux.
HisTORIQUE. — Le genre Maxillaria fut créé, en 1874, par RuIz et PAVON, qui le décrivirent dans l’ouvrage dont nous avons déjà parlé à la page 207, et qui tirèrent son nom du mot latin maxilla, signifiant mâchoire : allusion à l’aspect que présente le w1enton de beaucoup de ses espèces. Celles-ci, dans l’ouvrage des deux botanistes espagnols, étaient déjà au nombre d’une quinzaine.
En 1832, dans sa monographie des Orchidées, LINDLEY rassemblait quarante espèces, y compris deux douteuses, groupées comme suit :
$ r. Axiliflorae. Pédoncules axillaires (EUMAXILLARIA).
$ 2. Scapigerae. Pédoncules radicaux.
a) Labelle antérieur (CoLAx).
b) Labelle postérieur ‘(XYLOBIUM).
$ 3. Spathacea. Pédoncules terminaux surgissant d’une spathe engaïnante (NOTHIUM).
D’après BENTHAM, les Colax doivent être réunis aux Lycaste (REICHENBACH et M. PrITZER les considèrent même comme formant un genre distinct), les Xylobium méritent d’être séparés comme un genre spécial, ainsi que LINDLEY lui-même l'avait déjà fait en 1825, et le Nothium doit être supprimé, parce qu’il n’est que l’assemblage en herbier d’un Cattleya quelconque, avec les fleurs du Bifrenaria Harrisomae. I1 ne doit donc rester dans le genre que les Eumaxillaria, avec quelques espèces à retrancher de la section Colax.
En 1863, dans le sixième volume des Annales Botanices de WALPERS, REICHENBACH comptait 116 espèces de Maxillaria; mais il y en aurait beaucoup à retrancher de son énumération, entre autres les seize premières, for
mant sa division Spicatae, qui sont des Xylobium, et des neuf dernières (caules ebulbes), qui sont des Camaridium.
Les botanistes modernes, paraissent d'accord pour réunir aux Maxillaria les deux genres suivants :
1° Le Psittacoglossum, établi en 1825 par les botanistes mexicains LA LLAVE et LEXARZA (Nov. Vegelabilium describ. IT, Orchid., p. 29) et comprenant une seule espèce croissant au Mexique.
2° Le Dicrypta, créé en 1830 par LINDLEY, dans son Genera and Species, p. 44, et décrit de nouveau plus complètement en 1832, dans le même ouvrage, p. 154. L'auteur reconnaît lui-même que l’unique espèce qu’il y rapporte est identique à celle pour laquelle, en 1826 (Botanical Register, XII, tab. 1026), il avait fondé le genre Heterotaxis, caractérisé alors d’une manière fort inexacte.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — Le genre Maxillaria, délimité comme nous l'avons dit plus haut, c’est-à-dire en retranchant les Colax et les Xylobium et en y adjoignant les deux genres dont nous venons de parler, comprend plus de cent espèces, répandues dans toute l’Amérique tropicale, depuis le Brésil et le Pérou jusqu'aux Antilles et au Mexique. Les espèces abondent particulièrement dans la Colombie; elles croissent souvent à une altitude assez élevée, dans la
région tempérée des montagnes. A. COGNIAUX.
(Sera continué.)
CHAUFFAGES
LETTRE OUVERTE A M. LE PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ ROYALE D'AGRICULTURE ET DE BOTANIQUE DE GAND
Un de nos collaborateurs, M. le vicomte DE Novion, de Nantes, nous demande « d'instituer un plébiscite sur le choix de la meilleure chaudière réunissant les qualités de premier ordre, puissance de chauffe, solidité et durée, économie de combustible. »
Un plébiscite de ce genre ne donnerait pas, à notre avis, un résultat concluant. Presque chaque amateur ou horticulteur indiquerait évidemment le système qu’il emploie comme le meilleur, sans connaître réellement les autres ; il faut avoir essayé toutes les chaudières pour pouvoir les comparer; bien peu de personnes seraient à même d'émettre un avis autorisé.
Il serait beaucoup plus pratique, croyons-nous, qu’une puissante société organisât dans une de ses grandes expositions un concours sérieux entre les divers systèmes existants. Nous estimons que la société toute désignée en Belgique pour instituer un concours de ce genre serait la Société Royale d'Agriculture et de Botanique de Gand, qui dispose d’une grande influence et des installations considérables nécessaires.
Nous nous substituons donc à notre collaborateur, et nous adressons au Président de cette Société, M. le Comte OswALD DE KERCHOVE DE DENTERGHEM, la lettre ouverte suivante en le priant de bien vouloir examiner notre proposition et y répondre dans le journal qu'il dirige :