NOUVELLE MÉTHODE DE CULTURE DES ÉPIPHYTES
Je me propose de soumettre aux lecteurs du Yournal des Orchidées le récit d’un essai de culture que j'ai expérimenté dans mes serres, et qui a donné, à tous les points de vue, d’excellents résultats.
Dans le nouveau système, le compost est fourni par les landes de Lunnebourg; c’est une tourbe extrêmement légère et poreuse, de consistance suffsamment ferme, qui était déjà employée depuis longtemps par les jardiniers allemands, surtout à l’état râpé, pour la multiplication des io Pour la culture des Orchidées, j'emploie la masse compacte, c’est-à-dire la tourbe combustible ordinaire du Brunswick, qui est à peu près constamment de la même qualité ; mais il faut avoir soin, en faisant les commandes, de demander le premier choix, et de bien spécifier : de la tourbe jaune, sans parties fibreuses.
Avant de décrire la fabrication des supports construits avec cette matière, je voudrais faire ressortir les avantages de ce procédé.Tous les cultivateurs d’Orchidées qui ont eu l’occasion d’en faire l'essai et d’en voir les résultats en témoignent d’une façon très favorable.
Un bloc de tourbe préparé comme je vais l'indiquer fournit à La fois le récipient et le compost, car les racines le traversent dans tous les sens, et le rendent, par suite, plus cohérent.
La fabrication en est extrêmement simple et peu coûteuse, et les Dates y prospèrent admirablement ; enfin cette méthode supprime presque entièrement le danger de blesser les racines dans les rempotages, comme on le fait inévitablement quand il s’agit de plantes cultivées en paniers, en pots ou sur blocs.
Tous ces motifs d’un grand poids doivent assurément engager les cultivateurs d’Orchidées à faire l'essai de ce système, et Je ne doute pas qu’il soit adopté après essal.
Au moyen d’une scie à bois, je découpe le bloc en carré, je le creuse un peu avec un couteau, j'y perce quelques trous, plus ou moins, d’après la grosseur du bloc, et mon support est terminé. Pour le suspendre, je me sers de fil de fer galvanisé d’une seule pièce; la partie horizontale est tordue en zigzag, de façon à lui permettre de supporter des récipients de toutes les grandeurs.
Les Dendrobium, Cattleya, Oncidium, Phalaenopsis, en un mot tous les épiphytes croissent dans cet appareil avec une vigueur qui fait plaisir à voir. On n’a besoin de creuser le bloc de tourbe que quand il s’agit de placer une plante ayant une motte de raéines. Les importations qui n’ont pas de racines seront simplement fixées à l’aide d’un fil de laiton, sur un morceau de tourbe carré, qui peut parfois être percé de trous; on les attachera après le fil de
fer suspenseur ; les plantes se trouveront ainsi à merveille, et pourvu qu’on leur donne d’autre part tous les soins qu’elles réclament, elles ne tarderont pas à produire des bulbes plus vigoureux qu’on n’est habitué à en obtenir
par les procédés ordinaires.