C'est l'existence même des idées qui constitue l'âme
187. Conscience, perception, existence des idées, paraissent être une seule et même chose.
188. Consultez, fouillez le jugement. Qu'y trouverez-vous en dehors de quelques perceptions ou idées ? Qu'entendez-vous par le mot esprit? Vous entendez soit une chose que vous percevez, soit une chose que vous ne percevez pas. Une chose non perçue est contradictoire. Nous sommes en cette matière étrangement trompés par des mots.
189. L'esprit est un amas de perceptions. Supprimez les perceptions et vous supprimez l'esprit. Etablissez les perceptions et vous établissez l'esprit. (p. 28)
190. L'esprit, direz-vous, n'est pas la perception, ni la chose qui perçoit. Je vous réponds : vous êtes induit en erreur par le mot chose qui est vague et vide de sens.
19L Le fait d'avoir des idées n'est pas la même chose que la perception. Un homme peut avoir des idées, quand il imagine. Mais, dans ce cas, l'imagination suppose la perception.
192. Ce qui fortifie extrêmement nos préjugés, c'est que nous croyons voir un espace vide; or je démontrerai que cela est faux dans le 3" livre.
193. Il peut y avoir des démonstrations même en théologie: je veux dire la théologie révélée, distinguée de la théologie naturelle ; car, bien que les principes puissent être établis sur la foi, rien n'empêche de 'fonder sur elle des démonstrations
légitimes, pourvu toutefois que nous définissions les mots employés et que nous ne dépassions jamais nos idées. D'où il ne serait guère difficile à ceux qui croient que Tépiscopat et la monarchie sont établis par droit divin, de démontrer leur théorie, si elle est vraie.
(p. 439) Mais prétendre démontrer ou expliquer quoi que ce soit sur la Trinité, est absurde. Dans ce cas une foi implicite nous convient.
194. Existe-t-il une différence réelle entre certaines idées de la réflexion et d'autres de la sensation, entre la perception et le blanc, le noir, le doux? En quoi, je vous prie, la perception de blanc diffère-t-elle des hommes blancs ?
195. Je démontrerai toutes mes théories. Expliquer et développer la nature de celte démonstration dans Tlnlroduction. Je dois forcément différer en cela de Locke, car il lait reposer toute démonstration sur les idées abstraites que nous n'avons pas et que nous ne pouvons pas avoir, à mon avis.
196. Le jugement ne me paraît pas différer de ses perceptions ou de ses idées. Que doit-on penser de la volonté et des passions ?
197. Une bonne preuve que l'existence n'est rien sans la perception, ou distincte de la perception, peut être tirée du spectacle d'un homme placé dans le monde, sans société, (p. 29)
198. Il y avait une odeur, c'est-à-dire, on percevait une odeur. Nous voyons ainsi que le langage ordinaire confirme ma théorie.
199. Pas d'intervalle entre la mort et l'annihilation, le temps de chaque personne étant mesuré par ses idées.
200. Nous sommes fréquemment embarrassés et empêchés d'arriver à un sens clair et déterminé de mots d'un usage commun, parce que nous nous imaginons que les mots représentent des idées générales abstraites qui sont tout à fait inconcevables.
20 L Une pierre est une pierre. Proposition ridicule et telle que l'homme solitaire n'y penserait jamais. Je ne crois pas non plus qu'il penserait davantage à celle-ci : le tout est égal à la somme de ses parties, etc. .
202. Qu'on ne dise pas que je supprime l'existence ; je ne fais qu'exposer le sens de ce mot, autant qae je peux le comprendre.
20"i. Si vous supprimez l'abstraction, comment l'homme diffèrcra-t-il de la bote ? Je réponds : i)ar la forme, par le langage, ou plutôt par degrés de i)lus ou de moins.
(p. 440). — 20/J. Que veut dire Locke par inferences de mots, conséquences de mots, en tant que distinctes des conséquences d'idées ? Je ne comprends pas ces choses.