‹ Le journal philosophique de BerkeleyChapitre 18 sur 55 · Se plaindre longuement des imperfections du langage · texte numérisé non relu

Se plaindre longuement des imperfections du langage

206. Quelqu'un viendra peut élre me dire : une substance inerte, dépourvue de pensée, peut exister, quoi(|u'etlc n'ait ni

étendue, ni mouvement, mais d'autres propriétés dont nous n'avons aucune idée. Je démontrerai que cela même est impossible^ quand je traiterai plus particulièrement de l'idée d'existence.

207. La volonté n'est pas à bon droit distinguée du désir par Locke, puisqu'elle ne semble rien ajouter à l'idée d'un acte que le malaise créé par son absence ou son inexistence.

208. S'occuper activement d'éclaircir ce mystère étrange : comment se fait-il que je paisse songer, penser à ceci ou cela, à tel homme, tel endroit, telle action, lorsqu'ils ne paraissent être introduits par rien dans mon esprit, quand ils n'ont aucune connexion concevable avec les idées suggérées par mes sens, à ce moment présent? (p. 30)

209. On ne peut imaginer le vide étonnant, la rareté d'idées que découvrirait celui qui laisserait de côté tout emploi de mots dans ses méditations.

210. Locke n'est pas d'accord avec lui-même, quand il suppose que nous manquons d'un sens spécial pour voir les substances.

211. Locke reconnaît que les idées abstraites lurent créées pour nommer (les objets).

212. L'erreur commune des opticiens, d'après laquelle nous jugeons de la distance par les angles, enracine ce préjugé d'après lequel nous voyons les objets au dehors et éloignés de l'esprit.

213. Je suis persuadé que. si Ton voulait seulement examiner ce qu'on entend par le mot existence, on serait de mon avis.

214. (Ce que dit Locke) c. 20, s. 8., § 4, est en ma faveur contre les mathématiciens.

215. La supposition, d'après laquelle les choses sont distinctes des idées , enlève toute vérité réelle , amène par suite un scepticisme universel, puisque tout notre savoir et toutes nos méditations sont limités à nos propres idées.

(p. 441.) — 210. L'homme isolé ne trouverait-il pas nécessaire de faire usage de mots pour rappeler ses idées, sinon pour le souvenir et la méditation, du moins pour leur transcription? Sans celte dernière, il ne pourrait guère conserver le savoir acquis.

217. Nous lisons dans l'histoire qu'il fut un temps où les craintes, les jalousies, les privilèges des parlements, l'hostilité des partis et d'autres expressions semblables d'un sens trop illimité et trop vague, exerçaient un grand ascendant (sur resprit). De môme les mots d'église, de whig et de tory, contribuent beaucoup à (faire naître) des factions et des querelles.

218. La distinction qui a été faite entre une idée et la perception de cette idée a été une des grandes causes pour lesquelles on a imaginé des substances matérielles.

219. De ce que Dieu et les esprits bienheureux ont une volonlé, nous tirons un argument manifeste contre Locke, d'après lequel la volonté ne peut être conçue, mise en mouvement, sans, malaise préalable. (p. 31)

220. L'acte de la volonté, ou volition, n'est pas le malaise, car ce malaise peut exister sans volition.

221v La volition est distincte de l'objet ou de l'idée, pour la même raison.

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