Que penserait Thomme isolé de Tidée de nombre
260. Il y a des idées innées, c'est-à-dire des idées créées en même temps que nous.
261. Locke paraît dans l'erreur quand il dit que la pensée réfléchie n'est pas essentielle pour l'esprit.
262. Assurément Fesprit pense toujours et constamment et nous en avons conscience. Dans le somm'îil et Textase, l'esprit n'existe pas : il n'y a pas de temps, pas de succession d'idées.
263. Dire que l'esprit existe sans la pensée, c'est une contradiction, un non-sens, un rien.
264. Ost folie pure de rechercher ce qui détermine la volonté. Le malaise, (les autres mobiles), etc., sont des idées qui, par conséquent, ne peuvent rien, par suite ne peuvent pas déterminer la volonté.
(p. 445.) — 265. En outre, que voulez-vous dire par le mot '' déterminer "? (p. 35.)
266. Faute de comprendre exactement la nature du temps, du mouvement, de l'existence, on est forcé d'admettre des contradictions aussi absurdes que celle-ci : la lumière parcourt seize fois le diamètre de la terre en une seconde de temps.
267. On croyait que les idées pouvaient exister non-perçues, ou avant la perception, ce qui faisait croire que la perception était quelque peu différente de Tidée perçue, c'est-à-dire que c'était une idée de la sensation. Je dis que c'est ce qui a lait croire que l'entendement la prenait, la recevait du dehors, ce qui n'aurait jamais été, si l'on n'avait cru qu'elle existait au dehors.
268. A proprement parler, l'idée est l'image créée par l'imagination ; elle est le portrait qu'on rapporte à l'idée réelle, ou si vous préférez, à la chose.
269. Demander si nous avons une idée de la volonté ou de la volition est absurde. Une idée ne peut ressembler qu'à une idée.
270. Si vous me demandez (juelle est la chose qui veut, je vous répondrai que si vous entendez par ce mol « chose )) une idée, ou quoi que ce soit de seml^lable à une idée, alors ce quelque chose qui veut n'est rien. Ouoique cela vous paraisse extravagant, c est .une vérité, certaine. . , ; ;,
Nous sommes dupes de ces termes généraux (( chose, » (( être, » etc.
271. Ou encore, si par le terme « est » vous entendez « est perçu ou perçoit », j'alTirme que rien de ce qui perçoit ne (( veut. »
272. L'habitude de rapporter des idées à des choses qui ne sont pas des idées ; l'emploi de l'expression « une idée de » est une grande cause d'erreur, dans d'autres questions et dans celle-
273. Il existe des mots qui ne représentent pas des idées, c'està-dire des particules, will, etc. Les particules représentent des volitions et leurs idées concomitantes.
274. Il semble qu'il n'y ait que deux couleurs qui soient des idées simples, celles qui sont rendues visibles parles rayons les plus réfrangibles ou les moins réfrangibles ; les autres, étant intermédiaires, peuvent être formées par composition.
(p. 446). — 275. Je n'ai aucune idée d'une volition ou acte de l'esprit et aucune autre intelligence ne peut en avoir l'idée : cela serait contradictoire. (p. 36).
276. Les idées simples, c"esl-à-dire les couleurs, ne sont pas dépourvues de toute composition, quoiqu'on doive convenir qu'elles ne sont pas formées d'idées discernables.
On a l'habitude d'appeler composées les choses donl on ne découvre pas les parties composantes. On dit que les corps sont composés de principes chimiques qui ne paraissent néanmoins à notre vue qu'après la dissolution des corps : ces principes n'étaient, ni ne pouvaient être visibles dans les corps, tant qu'ils étaient intacts.
277. Toutes nos connaissances portent sur des idées particulières, suivant Locke. Toutes nos sensations sont des idées particulières ; cela est évident. Quel emploi faisons-nous donc des idées générales abstraites, puisque nous ne pouvons ni les connaître, ni les percevoir ?
278. On reconnait que les particules ne représentent pas des idées, et pourtant on ne les considère pas comme des sens vides et inutiles. La vérité est qu'elles représentent des opérations de Tesprit, c'est-à-dire des volitions.
279. Locke dit (]ue toute notre science porte sur des idées particulières. S'il en est ainsi, qu'est-ce que la manière suivante de ratiociner, sinon un fouillis de mots ? Onmis homo est animal ; omne animal vivit ; ergo omnis homo vivil. Si vous attachez des idées particulières aux mots animal et vivil ^ vous arrivez simplement à ceci : Omnis homo esl homo, omnis homo esl homo', ergo omnis homo esl homo. C'est [)ureincnt s'amuser, jouer avec des sons.
280. Nous n'avons pas d'idée des vertus et des vices, pas d'idée des actions morales. G est pour^pioi il est permis de douter que nous puissions arriver à quchpu? tlémon.^tralion de ces sujets, parce que la moralité réside surtout dqns., 1^ volition.
281. Il est étrange que nous soyons embarrassés pour trouver notre idée d'existence, puisque celte idée (si elle existe
distincte de la perception^) est introduite dans Fesprit par toutes les voies de la sensation et de la réflexion ; elle devrait, il me semble, nous être très familière, et nous devrions la connaître davantage. (p. 37).
(p. 447). — 282. Je suis sûr de ceci, c'est que je n'ai aucune idée de l'existence, ou jointe au mot existence. Si d'autres ont cette idée, elle est nulle pour moi ; ils ne peuvent jamais me la faire percevoir, car les idées simples sont incommunicables par le langage.
283. Le substratum inconnu des volitions et des idées est quelque chose, direz-vous, dont je n ai aucune idée. Je vous le demande : Existe- t-il un être qui en ait, qui puisse en avoir une idée?
S'il existe, il doit être lui-même une idée, chose que vous trouverez absurde.
284. Il y a une part d'activité dans beaucoup de perceptions, celles qui suivent nos volitions, celles que nous pouvons prévenir et arrêter. Par exemple : Je tourne mes yeux vers le soleil ; je les ouvre. Tout cela est actif.
285. Les choses ont un double aspect : elles sont actives ou inactives. Le mode d'existence des choses actives c'est l'action ; l'existence des choses inactives consiste à être perçues.
286. Séparée de la perception, ou sans perception, il n'y pas de volition ; par conséquent il n'y a pas non plus d'existence sans perception.