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Dieu peut comprendre toutes les idées, même les idées

3ui sont pénibles et désagréables, sans en souffrir à aucun egré. De même nous pouvons nous-mêmes imaginer la douleur d'une brûlure, sans aucune souffrance, ou aucun malaise.

288. La vérité se présente sous trois formes : physique, mathématique, morale. . . .

289. Rapport de relation là seulement où les nombres dominent ; rapport de coexistence, dans la nature, rapport de signification, par limitation, en morale.

290. Il faut reconnaître la force du géant qui secoue la montagne qui le couvre. S'exprimer plutôt ainsi : Je ne mérite pas d'être considéré comme plus fort que Locke, de même qu'un pigmée ne pourrait être considéré comme plus fort qu'un géant, parce qu'il pourrait rejeter loin de lui la taupinière qui lui pèse, tandis que le géant ne pourrait que secouer ou écarter la montagne qui l'écraserait. A écrire cela dans la préface.

29 L Promettre d'étendre notre savoir et de le délivrer de ces contradictions humiliantes dont il est embarrassé.

Ecrire quelque chose de ce genre au commencement de l'Introduction, sur un ton modéré. (p. 38.)

292. Je désire que tout lecteur qui voudra censurer une partie (de mon ouvrage) le lise en entier, car il risquerait autrement de ne pas me comprendre. Dans la préface ou rintroduction.

(p. 448). — 293. La théorie de Tidentité mieux expliquée en prenant la volonté pour les volitions. Tentendement pour les idées. Ladif'ficuUé d'avoir la conscience de ce qui n'est jamais en acte est ainsi résolue d'une manière certaine.

294. — J'avoue ma reconnaissance envers les philosophes qui m'ont précédé. Ils ont établi de bonnes règles quoiqu'ils ne les observent pas toujours. Comparaison avec les aventuriers qui, tout en n'atteignant pas au port désiré, ont l'ait connaître, par leurs naulrages, les récifs et les bancs de sable, et rendu ainsi plus sûre et plus facile la traversée de leurs successeurs. Préface ou introduction.

295. L'opinion d'après laquelle nous avons des idées des actes moraux a rendu très difficile la démonstration de l'éthique.

29G Une idée étant elle -môme inactive ne peut être la ressemblance, l'image d'une chose active.

297. ExcusG n présenter dans linlroduction pour l'emploi du mot idée: le mot a persisté, mais il faut ajouter une restriction.

peut

que si nous pensions avant de parler, nous ne serions pas si complètement persuadés de l'existence de la matière.

29'J. Après réflexion, je trouve que je suis à l'extrême opposé.

300. Porter le coup de grâce à la fin ; par exemple, au sujet de labstraclion, parler du triangle général de Locke à la fin.

30 L Ils établissent de bonnes règles, quoique peut-être ils ne les observent pas toujours eux-mêmes. Ils parlent beaucoup d idées claires et distinctes ; en môme temps ils parlent aussi d'idées générales abstraites. Je donnerai comme exemple l'opinion de Locke sur l'abstraction, ce philosophe étant un écrivain aussi clair que tout autre que j'aie jamais rencontré. Telle était l'ingénuité de ce grand homme que je suis persuadé que, s'il vivaitencore.il ne prendrait pas ombrage de mes divergences d'opinion, vu qu'en agissant ainsi, je suis son propre conseil d'après lequel je dois faire usage de mon propre jugement, voir de mes propres yeux, non avec ceux d'un autre. Introduction.

(p. 449). — 302. Le mot chose, en tant qu'il comprend ou r(^présente l'idée et la volition, est utile; en tant qu'il représente l'idée et son archétype en dehors de l'esprit, il est nuisible et inutile.

303. Pour les démonstrations morales, il semble qu'on n'ait qu'à écrire un dictionnaire de mots, voir ceux qui sont inclus dans les autres. Telle est du moins la partie principale du travail.

304. Les exemples de démonstrations morales fournis par Locke sont, suivant ses propres principes, des propositions insignifiantes.

— ii4 —

305. Comment se fait-il que certaines idées soient ouvertement reconnues par tous comme existant seulement dans Tesprit et que d'autres soient généralement reconnues comme existant hors de lespril, puisqu'elles sont toutes, à votre avis, également dans Fesprit et dans l'esprit seulement ?

Réponse. Parce que, suivant leur degré de plaisir ou de douleur, les idées sont accompagnées de désir, d'effort et d'autres actions qui supposent la volition. Or , de Taveu de tous, la volition existe dans l'esprit.

306. Si l'on consentait à laisser les mots de côté, en pensant, il est impossible qu'on se trompât jamais, excepté dans des questions de (ails. Je veux dire qu'il me semble impossible d'être fermement assuré de la vérilé d'une chose qui n'est pas vraie en réalité. Certainement je ne peux pas me tromper en matière de simple perception. Dans la mesure où nous pouvons raisonner sans le secours des signes, il peut se glisser des erreurs de mémoire.

307. De ma doctrine on tire un remède contre Torgueil. Nous ne devons être loués que pour les choses qui nous sont propres, ou dont nous sommes personnellement les auteurs; les capacités naturelles ne sont pas le résultat de nos volitions.

308. Reconnaître franchement que Locke professe quelques opinions dangereuses, telles que l'infinité et l'éternité de l'espace et la possibilité d'une matière pensante. (p. 40).

(p. 450). — 309. Je souhaite encore une fois que mon lecteur soit mis en garde contre la duperie des mots. Qu'il prenne bien garde de croire que je veux lui en imposer par un bavardage spécieux et vide, manière commune et dangereuse de tromper et d entraîner vers l'absurbe. Qu'il considère simplement mes mots comme des occasions de présenter à son esprit des significations précises. En tant qu'ils manquent d'altointlre ce résultat, c'est un jargon ; ils ne méritent pas le nom de langue. Je désire l'avertir aussi de ne pas s'attendre h trouver la vérité dans mon livre, ou nulle part ailleurs que dans son esprit. Il m'est impossible de représenter tout ce que je vois moi-même. par des mots.

310. Bien examiner le sens de ce que Locke dit au sujet de l'algèbre, à savoir qu'elle fournit des idées intermédiaires. Rélléchir aussi à une méthode qui aurait, en morale, la même utilité que la première en mathématiques,

311. On ne prouve pas que homo est uivens au moyen d'une idée intermédiaire. Je ne suis pas complètement d'accord avec Locke, dans ce qu'il dit au sujet de la sagacité employée à la découverte des idées intermédiaires dans les sujets capables de démonstration, et sur l'usage de ces idées. Comme si c'était le seul moyen d'améliorer et d'agrandir les connaissances démonstratives !

312.11 y a une différence entre le pouvoir et la volition. Il peut y avoir volition sans pouvoir, mais il ne peut y avoir de

pouvoir sans volition. Le pouvoir implique la volition et en même temps une connotation des effets qui suivent la volition.

313. Nous avons assurément une idée de la substance. C'était chose absurde, de la part de Locke, de penser que nous avions un tel nom dépourvu de sens. Ceci pourrait être accepté par les disciples de Stillingfleet.

314. La substance corporelle nous est connue ; la substance spirituelle nous est inconnue, parce qu'elle n'est pas connaissable et qu'elle est acte pur.

315. Les mots ont ruiné et infesté toutes les sciences : droit, médecine, chimie, astrologie, etc.

316. On ne peut trouver des idées abstraites que parmi les savants. Le vulgaire n'a jamais pensé qu'il possédait dételles idées et il n'en ressent vraiment pas le besoin : genres, espèces, idées abstraites, sont des termes inconnus pour lui. (p. 41.)

317. Locke se trompe : le cas est différent. Nous pouvons avoir une idée du corps sans mouvement, mais nous ne pouvons avoir une idée de l'âme sans pensée.

318. Dieu doit être adoré. C'est ce qu'on peut démontrer facilement quand nous sommes assurés de la signification des mots Dieu, adorer, doit.

(p. 451.) — 319. Suivant Locke, aucune perception n'est active. C'est pourquoi aucune perception, (c'est-à-dire aucune idée) ne peut être l'image, ou la ressemblance de ce qui est entièrement actif et nullement passif, c'est-à-dire la volonté.

320. Je peux vouloir rappeler à l'esprit un événement passé, quoique ce que je rappelle à Pesprit ne se trouvât point dans ma pensée avant ma volition, par suite je ne pouvais ressentir aucun malaise de son absence.

321. La volonté et l'entendement peuvent très bien être considérés comme deux êtres distincts.

322. La volonté agit rarement sans l'impulsion du désir, Locke, Epiires, p. 471J, ad Limbiirgiim.

323. Vous ne pouvez pas dire que le minimum tangible ressemble, est identique au minimum visible, sous prétexte que ce sont dos minima, à peine perçus, et presque des riens.

Vous pourriez aussi bien prétendre que le minimum tangible est semblable ou identique à un son si faible (juil est à |)eine perçu.

324. L'étendue paraît être un mode de quelque qualité tangible ou sensible, suivant qu'elle est vue ou sentie.

325. L'esprit, la chose active, ce qui est l'âme et Dieu, c'est la Volonté seule. Les idées sont des effets, des choses impuissantes.

32G. Je pourrais appeler « esprit » Funion de Tesprit et du jugement, esprit, non personne, de peur de blesser quelqu'un ('); négliger soigneusement de définir la personne, ou d'en parler.

1-527. Vous me demandez si ces volitions (diverses) font « une » volonté. Ce quo vous demandez ne porte que sur un mot. car Tunité n'existe plus.

328. Prendre les plus grandes précautions pour ne pas choquer 1 Eglise et les hommes d'église.

329 Parler môme des scolastiques avec quelque bienveillance et montrer que ceux qui critiquent leur jargon n'en sont pas eux-mêmes exempts. (p 42)

330. Locke me paraît avoir commis une grande faute en ne commençant pas par le livre IH, ou, tout au moins, en n'en ayant pas eu l'idée tout d'abord. Certainement les livres II et IV ne concordent pas avec ce qu'il a dit dans le III®.

(p. 452.) — • 331. Si Ton accorde que la matière existe, l'herbe fauchée, les rognures d'ongle, peuvent penser, quoi qu'en dise Locke, et bien qu'il paraisse affirmer le contraire.

832. Puisque j'affirme qu'on ne peut se tromper dans des raisonnements courts sur des théories démontrables, à condition qu'on laisse les mots de côté, on s'attend à ne trouver dans ce traité que ce qui est d'une démonstration cei'laine et évidente, et j'espère que vous ny trouverez rien que de tel. Sûrement je considère tout ce qu'il contient comme tel.

333. Quand je dis que je veux rejeter toutes les 'propositions dans lesquelles je ne connais pas d'une manière complète, adéquate et claire, ce quelles signifient, je n'étends pas cette rigueur aux propositions contenues dans les Saintes Ecritures. Je parle de choses concernant la raison et la philosophie, non la l'évélation. En cela, je crois qu'une foi humble, explicite, nous convient (lors(iuc nous ne pouvons saisir ou comprendre la proposition) telle que le paysan papiste l'accorde aux propositions qu'il entend à la messe dite en latin.

Des esprits orgueilleux peuvent trouver cette attitude aveugle, papiste, soumise, irrationnelle. Quant à moi. je trouve qu'il est plus irrationnel, de prétendre contester, chicaner, tourner en ridicule les mystères sacrés, c'est ù-dire les propositions concernant des choses qui dépas.sent complètement notre savoir et qui sont hors de notre portée.

Quand j'arriverai ù la connaissance complète d'un lait quelconque, alors seulement je professerai des croyances explicites Introduction.

(1) Var. éd. 1871; vu qu'il n'existe qu'une volition que l'on reconnaît être Dieu,

334. Complexité des idées doubles. Cela a trait aux couleurs considérées comme idées complexes.

335. Considérer la longueur sans la largeur, c'est ne considérer aucune longueur, quelle que soit la largeur.

336. Je peux dire que la terre, les plantes, etc., furent créées avant Thomme, puisqu'il y avait d autres esprits pour les percevoir, avant la création de l'homme.

(p. 453). — 337. Il y a un philosophe qui prétend que nous ne pouvons avoir une idée de la substance par aucune voie de la réflexion ou de la sensation et qui paraît supposer que nous avons besoin d'un sens spécial pour la percevoir. Mais si nous possédions un nouveau sens, il ne pourrait nous donner qu'une nouvelle idée. Or je suppose qu'il ne veut pas prétendre que la substance, à son avis, n'est qu'une idée. Pour ma part, je reconnais que je n'ai aucune idée capable de représenter la substance, dans le sens où elle est prise par ce philosophe et dans celui des philosophes de l'Ecole. Mais considérez-la au sens commun et vulgaire et alors nous voyons et nous sentons la substance. (p. 43j.

338 Que ce n'est pas la coutume vulgaire mais b s scolastiques qui ont fabriqué le mot existence supposé représenter une idée générale abstraite.

339. Les auteurs de traité» d'optique font fausse route dans leurs principes du jugement des grandeurs et des dislances.

340. Il est évident que lorsque l'homme solitaire aurait appris à parler, les mots ne lui fourniraient pas des idées nouvelles, (excepté les sons et les idées complexes qui, quoique inconnus auparavant, pourraient être désignés par le langage), en plus de celles qu il avait avant.

S'il n'avait pas, el ne pouvait avoir avant, d'idée abstraite, il ne pourrait pas en avoir, après qu'il aurait appris à parler.

3'tl. Homo est homo, revient en définitive à Pierre est Pierre. Or si l'on cherche dans l'esprit de telles propositions identicpies, on ne les y trouvera pas. Il n'y a pas de propositions menlales identiques. Il n'y a que sons et vocables.

3'i2. Nous voyons par là que la docli-ine de la certitude par les idées et de la preuve par les idées intermédiaires, se réduit à rien.

343. Nous pouvons arriver à la certitude et à la connaissance sans idées, c'est à-dire sans autres idées que les mots et leur représentation d'une seule idée, c'est-à-dire la possibilité de les employer indifféremment.

341. Il me semble que nous n'avons aucune certitude sur les idées, mais seulement sur les mots. Il est inexact de dire: je suis certain, je vois, je sen-, etc liny a pas de |)roposilion mentale corres|)ondante à ces mois el il es! reconnu de tous (\\u\ dans la perception pure, il n'y a ni affirmation, ni négation, et.

par suite, aucune certitude. (^) (p. 44).

345. La raison pour laquelle nous pouvons faire de si bonnes démonstrations par les signes, c'est qu'ils sont complètement arbitraires et en notre pouvoir ; ils sont créés à volonté.

346. Le terme ambigu et obscur de relation que Ton dit former un champ de connaissances très vaste, nous confond et nous trompe.

(p. 454). — 347. Quel est celui qui pourra me produire une démonstration non verbale, qui ne dépende pas de quelque principe faux, ou tout au moins de quelque principe de la nature, effet de la volonté divine et dont nous ne pouvons pas dire s'il ne sera pas bientôt changé ?

348. Que deviennent les œternœ veriîates ? Elles s'évanouissent.

349. Mais, dites-vous, je trouve difficile de voir par-dessous les mots et de découvrir mes idées. Je vous réponds: l'usage rendra la chose facile. Dans la suite de mon livre, cette difficulté sera plus clairement expliquée.

350. Pour voir la difformité de l'erreur, nous n'avons qu'à découvrir (ses voiles).

351. Cogito^ ergo sum : tautologie à laquelle aucune proposition mentale ne correspond.

352. La connaissance, la certitude, la perception de Taccord réciproque des idées, quant à l'identité, la diversité et l'existence réelle, disparaissent : la perception de relation devient purement nominale ; la perception des rapports de coexistence demeure. Locke était d'avis que notre savoir, dans ce dernier cas, se réduisait à peu ou à rien, tandis que c'est là seulement que paraît résider la connaissance véritable.

353. Nous devons, comme fait le vulgaire, placer la cerlitude dans les sens.

354. C'est le devoir d'un homme, c'est l'effet de l'amitié, de dire du bien d'un ami. Ne vous étonnez donc pas que je fasse ce que je fais.

355. Un homme d'intelligence lourde peut arriver à la vérité. Ma myopie elle-même pourrait me servir dans cette matière : elle m'obligera à rapprocher l'objet plus près de mes pensées. Une personne aveugle. . . . etc. Introduction. (p. 45.)

356. Locke à Limborch etc. Parler du judicium inlcUeclus précédant la volition : je crois que judicium comprend la volition.

(1) Cela paraît faux. Il y a certitude, certitude véritable, quand il s'agit des idées sensibles. Je peux être certain, sans affirmation ou négation. (Note de l'auteur).

Je ne peux d'aucune façon distinguer ces choses : judicium, inlellectus, indifferenlia, malaise envers beaucoup de choses accompagnant ou précédant chaque volition, comme, par exemple, le mouvement de la main.

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