Qu'entendez-vous par mes perceptions, mes volitions
Toutes les perceptions que je perçois, ou conçois, sont miennes ; toutes les volitions dont j'ai conscience sont miennes.
(p. 455.) — 358. Homo est agens liherum. Que veut-on dire par homo et agens à cet endroit ?
359. Prétendra-t-on que les botes ont les idées d'unité et d'existence ?
Je ne le crois pas. Cependant si ces idées nous sont suggérées par toutes les voies des sensations, il est étrange qu'elles leur fassent défaut.
360. C'est une chose étrange et digne de notre attention que plus nous avons consacré de temps et de peine à étudier la philosophie, plus nous nous considérons comme des créatures ignorantes et faibles. Nous découvrons dans nos facultés des tares et d«s imperfections que d'autres ne découvrent jamais. Ils se trouvent contraints d'admettre beaucoup d'opinions illogiques et irréconciliables comme vraies. Il n'est rien de ce qu'ils touchent de la main, ou perçoivent par les yeux, dont les côtés obscurs ne soient plus étendus et plus nombreux que ce qui est perçu. Ils deviennent enfin scepti({ues, du moins dans la plupart
des choses. Je suppose que tout cela provient de Exorde.
Introduction.
301 . Ces hommes, dans leur orgueil méprisant, dédaignent les témoignages communs et distincts des sens. Ils veuhuit cueillir le savoir par gerbes et paauets. (Il arrive justement que, voulant trop embrasser à la fois, ils n'étreignent que l'air vide), pans la profondeur de leur intelligence, ils contemplent les idées abstraites
362. Il ne paraît pas improbable que les esprits les plus compréhensifs et les plus élevés voient plus de minima visibilia à la fois, c'est-à-dire que leurs systèmes visuels soient plus étendus.
363. Les mots, (je veux dire par là Ion tes sortes de signes), sont si nécessaires, dans leur emploi légitime et leur nature propre), qu'au lieu de nuire au jM'ogrès des sciences el de constituer un obstacle, il ne pourrait y avoir sans eux, en mathéinati({ues, aucune démonstration. (p. 46).
3G4. Bannir perpétuellement la métaphysique et rappeler les hommes ati sens commun.
3G.J. Nous ne pouvons concevoir iraulres espri's en dehors du nôtre que comme autant de '( moi ». Nous nous su{)posons aiïectés (le telles et telles pensées et de telles et telles sensations.
(p. 456) — 366. N'est-ce pas la création d'idées composées qui contribue surtout à nous distinguer des bêtes? Je me demande si une bête imagine vraiment, ou peut imaginer, un cheval bleu ou une chimère.
367. Les naturalistes ne distinguent pas la cause de l'occasion. Il serait utile d'étudier les coexistences d'idées ou occasions.
368. La morale peut être démontrée comme les mathématiques mélangées.
369. La perception est passive, mais cela ne la distingue pas de l'idée. Par conséquent, il ne peut y avoir d'idée de la volition.
370. Les caractères algébriques, ou lettres, sontdes dénominations de dénominations. C'est pourquoi l'étude de l'arithmétique doit précéder celle de l'algèbre.
37L 2 couronnes sont appelées 10 shillings. Par là on peut juger de la valeur des nombres.
372. Les idées complexes sont des créations de l'esprit. Par là on peut juger de la nature des nombres. Approfondir cette idée.
373. Je suis plus exactement renseigné, je sais plus de choses, quand on me dit : voilà 10.000 hommes, que lorsqu'on me les montre alignés. Je suis plus capable de juger de la transaction que vous voulez me faire faire, lorsque vous me dites combien d'argent (le nom de l'argen!) se trouve sur la table que si vous me l'offrez et me le montrez sans le designer. Je ne considère ni ridée, ni l'aspect, mais le nom. Par là on peut juger de la nature des nombres.
374. Les enfants ne connaissent pas les nombres avant d'avoir fait quelque progrès dans leur langue. Cela ne pourrait pas être, si les nombres étaient des idées suggérées par tous les sens.
375. Les nombres ne sont rien que des noms, jamais des mots. (p. 47]