Comment la rétine est-elle remplie par un miroir
676. Les spéculums convexes ont le môme effet que les verres concaves.
677. Question. Est-ce que les spéculums concaves produisent le même effet que les verres concaves ? (p. 72)
678. La raison pour laquelle les spéculums convexes diminuent les objets et les spéculums concaves les agrandissent, n'a encore été complètement indiquée, à ma connaissance, par aucun écrivain.
679. Question. Pourquoi ne voit-on pas confusément les objets , lorsqu'ils paraissent renversés à travers une lentille concave ?
680. Comment fabriquer un miroir ou speculum qui agrandisse ou diminue les objets en changeant la distance, sans changer l'angle ?
68L Pas d'identité, en dehors de la ressemblance parfaite, entre les choses prises individuellement, sauf chez les personnes.
682. Autant attribuer un mouvement local aux saveurs, aux odeurs, à la crainte, à la honte, à l'esprit, à la vertu, au vice, et à toutes les pensées, qu'à l'âme immatérielle.
(p. 481). — 083. Par suite de ma doctrine, l'identité des subtances finies [doit consister en autre chose que Texistence continuée, ou leur relation à l'égard du moment et du lieu de commencement d'existence, car l'existence de nos pensées (dont les combinaisons font toutes les substances) est fréquemment interrompue et elles ont des commencements et des fins diverses.
684. L'identité de la personne ne consisterait-elle pas dans la volonté ?
685. Pas de connexion nécessaire entre un grand ou petit angle optique et une grande ou petite étendue.
686. La distance n'est pas perçue ; les angles optiques ne sont pas perçus. De quelle manière perçoit-on l'étendue par la vue ?
G87. La grandeur apparente d'une ligne n'est pas simplement eonime Tangle optique, mais directement comme Tangle optique, et réciproquement comme la vision confuse, etc. (Les autres sensations ou Tabsence de sensations qui accompagnent la vision de près). De là de grandes erreurs commises dans la détermination du pouvoir grossissant des verres (V. Molyneux, page 182).
688. Les verres ou spéculums peuvent peut-être grossir ou diminuer sans changer Tangle optique, mais sans résultat.
689. Question. Un aveugle jugeraiTil les objets aussi diminués par un miroir convexe que par un autre ?
690. En quoi consiste Tidentité de la personne ? Non dans la conscience actuelle, car je ne suis pas la même personne que j'étais ce môme jour, il y a douze mois, saul'lorsqne je pense à ce que je faisais alors.
Elle n'est pas dans la conscience virtuelle, car alors toutes les personnes peuvent, autant que je sache, être les mêmes, (p. 73)
G9I. Memorandum. Histoire de la tante^de Mr Deering.
692. Il y a deux sortes de conscience virtuelle: Tune naturelle, l'autre surnaturelle. Dans Tavant-dernier paragraphe, je veux parler de cette dernière.
693. Si Ton entend par grandeur la proportion qui existe entre un objet quelconque et une étendue tangible déterminée, telle que pied, pouce, etc., il est clair qu'une telle grandeur ne peut proprement et /:>er se être perçue par la vue. Quant aux pieds, pouces, etc., d'une grandeur visible déterminée, on ne peut rien obtenir de pareil par un acte de vision pure, abstrait de l'expérience, etc
694. La grandeur per se et percevable par la vue n'est que la proportion qui existe entre toute apparence visible et les autres vues en môme temps, ou bien, ce qui revient au môme, la proportion entre une parlie spéciale de Torbe visuel et Torbe entier. Observez toutefois que nous n'apercevons pas que c'est un orbe, pas plus qu'une étendue plane, si ce n'est par raisonnement.
(p. 482). — 695. Voilà toute la grandeur que les tableaux possèdent per se.
696. L'on voit par là que la vision pure ne peut nullement juger de l'étendue d'un objet; rien ne sert en effet de savoir que l'objet occupe telle partie de la surface sphérique, à moins (pic nous ne connaissions aussi la dimension de la surface sphérique; car un point peut sous-tendre le môme angle qu'un mille, créer ainsi une image aussi grande dans la rétine, c'est-à-dire occuper une partie aussi grande de Torbe visuel.
697. Nous jugeons de la grandeur par la faiblesse et la vigueur (des couleurs), par la vision distincte et confuse, et d'autres circonstances, ainsi que par les angles opti({ues grands et petits.
698. D'où il ressort clairement que les idées de la vue qui, maintenant, sont associées à l'idée de grandeur, pourraient avoir été associées à l'idée de petitesse et vice versa ; car il n'y a pas de raison nécessaire pour qu'un grand angle, la faiblesse (des couleurs), la vision distincte, sans tension (des muscles), représentent une grande étendue, plutôt qu'un grand angle, la vigueur et la confusion.
699. Mon but n'est pas d'exposer des questions métaphysiques d'une manière tout à fait générale et scolastique, mais de les adapter, en quelque mesure, aux sciences, et montrer combien cette métaphysique peut être utile en optique, géométrie, etc....
700. Question : Est-ce que la proportion des grandeurs visibles est percevable par la vue per se ? Je parle de la vision distincte et confuse, l'acte de perception paraissant aussi grand, quand on considère un point quelconque de l'orbe visuel distinctement, que lorsqu'on considère le tout confusément.
701. Memorandum. Corriger mon style et lui donner la plus grande précision philosophique possible, afin d'éviter de prêter le flanc (aux critiques).
702. Si nous pouvions, sans aucune tension, changer la convexité des cristallins, nous pourrions agrandir ou diminuer le diamètre apparent des objets, l'angle optique restant le même.
703. La grosseur des objets représentés au fond de l'œil n'est pas déterminée ; car plus nous les considérons de près, plus leurs images (aussi bien que d'autres objets) occupent de place au fond de l'œil.
704. L'introduction devrait contenir le plan de l'ensemble, la nature et la méthode de la démonstration, etc.
(p. 483). — 705. A distinguer soigneusement deux sortes de grandeur, car elles diffèrent tolo cœlo : l'une consiste dans la proportion qui existe entre une apparence quelconque et le total des apparences perçues en même temps, grandeur qui est proportionnelle aux angles, ou, si c'est une surface, aux segments des surfaces sphériques ; l'autre est la grandeur tangible.
706. Question. Qu'arriverait-il si la sphère rétinienne était agrandie ou diminuée ?
707. Par l'acte pur de la vision, nous croyons percevoir la distance, or cela n'est pas ; nous croyons aussi percevoir les solides, pourtant, cela n est pas ; nous croyons aussi percevoir l'inégalité des objets vus sous un même angle, ce qui n'est pas.
708. Pourquoi ne pourrais-je pas ajouter : nous croyons voir l'étendue par un pur acte de vision, pourtant nous ne la voyons pas.
709. L'étendue paraît être perçue par Pœil; autant que la pensée est perçue par l'oreille.
7iO. Tant que le même angle determine le minimum visible pour deux personnes, aucune conformation différente de lœil ne peut produire un aspect différent de grandeur dans le même objet. Mais, comme il est possible de mesurer l'angle, nous pouvons certainement savoir si le même objet paraît différemment grand à deux personnes, à cause de leurs yeux.
711. Si quelqu'un pouvait voir '\ les objets lui paraîtraient plus grands qu'à un autre : d'où lexistence d"une autre sorte de grandeur purement visible, outre la proportion qui existe entre une apparence quelconque et la sphère visuelle^ c'est-à-dire sa proportion à l'égard du minimum visible.
712. S'il n'existait qu'un seul et même langage dans l'univers, et si les enfants le parlaient naturellement, à leur naissance ; si les hommes n avaient ni le pouvoir de déguiser leurs pensées, ni celui de tromper autrui, mais s'il existait une connexion inséparable entre les mots et les pensées, de telle sorte que posilo uno^ poniliir alterum, en vertu des lois naturelles, ne croiraientils pas alors entendre leurs pensées, comme ils croient voir l'étendue? [') (p. 75.)
713. Toutes nos idées sont adéquates : notre connaissance des lois de la nature n'est ni parfaite, ni adéquate.
(p. 484.) — 714. Nous avons raison de croire que les idées simples sont dans les choses mêmes. Assurément la chaleur et la couleur se trouvent autant hors de Tesprit que la figure, le mouvement, le temps, etc.
715. Nous connaissons beaucoup de choses qne nous ne pouvons exprimer faute de mots. On peut faire de grandes découvertes d'après ce principe. Faute de tenir compte de ce principe, plusieurs sont tombés dans diverses erreurs: s'efforcant de déployer leur science à l'aide de mois, ils ont cru, après l'échec de leur tentative, que c'était la faute de leur savoir, alors qu'en réalité c'était celle de leur langage.
716. Question. Est-ce que les sensations visuelles qui viennent de la tête sont plus semblables aux sensations tactiles qui viennent de cet endroit ou des jambes }
717. Question. Est-ce simplement une longue et constante association d'idées entièrement différentes qui me fait croire qu'elles sont les mômes ?
718. Ce que je vois n'est qu'une variété de couleurs et de lumière. Ce que je sens (au loucher) est dur ou mou, chaud ou froid, rugueux ou lisse, etc. Quelle ressemblance y a-t-il entre ces idées ?
(1) ou « la distance » (sur la page opposée du minuscritj.
719. Un tableau peint avec une grande variété de couleurs affecte le toucher d'une manière uniforme. Je ne puis donc conclure que parce que je vois 2, je sentirai 2 ; que si je vois des angles et des inégalités, je sentirai des angles et des inégalités. Gomment puis-je donc savoir, avant de l'avoir appris par expérience, que les jambes visibles (parce que j'en ai 2), sont associées aux jambes tangibles, ou que la tête visible (parce qu'elle est seule) est associée à la tête tangible ?