‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 113 sur 321 · Pour prendre Caudebec et Monlivilliers · texte numérisé non relu

Pour prendre Caudebec et Monlivilliers

3. Chartier (II, ch. 212), présent au siège comme historiographe, se plaint dy avoir souffert du froid. L'armée se composait, d'après le même auteur, de 6,000 combaUants, plus 4,000 francs-archers, non compris les canonniers, ouvriers, les troupes de la flotte (qui comptait vingt-cina gros vaisseaux), et un détachement spécial de 1,000 hommes. Après Harfleur on prit Honneur et Essay, dans la Basse-Normandie. - Chron. Martin.

4. C est à peu près la seule opération offensive entreprise par les Anglais durant celte campagne.

5. Jean, fils du duc de Bourbon et duc lui-même depuis 1456. Il avait épouse, en 1447, Jeanne, fille de Charles VII.

6. Entre Carentan et Bayeux, le 15 avril 1450. — Chartier (II, ch. 218) raconte qu'avant la bataille, pendant que les deux armées étaient en présence, les Anglais fortifiaient leur front de grands trous et fossés, creu-

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siège de Bayeux, siège conduit par Charles en personne, avec l'aide de Dunois. Mathieu Gough, qui y commandait, dut capituler au bout de quinze jours.

A ce siège se rattache un épisode raconté par Bourdignéi. La convention portait que la garnison aurait la vie sauve et qu'elle s'en irait un bâton blanc à la main 2; mais, au moment où les Anglais, dont beaucoup avaient leurs femmes avec eux, évacuaient la ville, Jean de Bueil fut pris de pitié en voyant environ quatre cents dames s'en aller à pied, comme elles pouvaient, en emportant leurs enfants dans leurs bras. « Parquoy, dit Bourdigné, le seigneur de Bueil, qui gracieux « esloit aux dames, impctra, pour l'honneur de gentillesse, « que les dames, damoyselles, enfans et plusieurs gentilz « hommes angloys auroient chevaulx, chariotz et litières pour « les emmener, dont les Angloys le mercièrent fort et tindrenl a le plaisir qu'il leur avoit fait à grant courtoysie. » Si cette anecdote peint les relations presque amicales qui s'étaient établies entre le Jouvencel et ses adversaires habituels, elle caractérise aussi la façon humaine dont se fit cette campagne^.

ses au moyen de leurs dagues et de leurs épées. L'auteur du Jouvencel {2" part., ch. xvii) cite la bataille de Formigny comme un des nombreux exemples du danger qu'il y avait alors à faire marcher une armée en présence de l'ennemi. En effet, les Anglais, qui étaient en très bonne position (v. Charlier et Gaguin), abandonnés par une grande partie des leurs (entre autres par Gough), perdirent leur ordonnance en voulant aller chercher une autre position plus avantageuse. La perte des Français ne fut, dit-on, que de six hommes. Celle des vaincus fut énorme. — Nous ignorons si Bueil était présent à Formigny.

1. II, '200. — Charlier (II, ch. 223) ra|)porte aussi ce fait, mais sans nommer Bueil, dont le Rosier des Guerres (ms. fr. 442, fol. 173 v) et la Chron. Martin, [l. c.) mentionnent la présence.

2. C'est-à-dire sans rien emporter, sauf des vêtements de corps et un viatique de cinq à dix écus par tête. Les dames avaient droit à leurs robes et joyaux. — Y., dans Wars of ihe English in France, par Stevenson (/. c, II, 2° i)art., p. 730 et s.), le texte de la capitulation, signée par Dunois et Gough, le 10 mai 1450.

3. Lettres du roi Charles VII à l'église de Chartres, à propos de la prise de Cherbourg. — Ms. fr. G!)65, p. 298 (copie de Legrand). — On devait cette humanité à l'ordre rigoureux que le Uoi maintenait parmi ses gens d'armes depuis la rélornic. En eflet, les (|uiltanccs de répo(|ue montrent <|ue ceux-ci étaient, pour la première fois, exactement payés ; mais celte

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Au commencement de juin, l'armée du connétable et celle du Roi, parties des deux extrémités de la Normandie, opérèrent leur jonction sous Caen * et se mirent en devoir de l'assiéger, chacune d'un côté différent 2. Le ^" juillet, la ville capitula. Puis ce fut le tour de Falaise et de Domfronl^. Cherbourg restait seul' à prendre. Ce dernier siège dura un peu plus d'un mois. Les frères Bureau'» s'y distinguèrent, comme ils l'avaient fait, du reste, durant toute la campagne, par leurs travaux d'approche et de défense, ainsi que par l'habile direction imprimée à l'artillerie. Telle fut la fin de cette brillante entreprise, dont le succès fut célébré dans tout le royaume. Il ne restait plus aux Anglais que Calais et la Guyenne.

Le 22 août, Cherbourg se rendit^ au connétable. Jean de Bueil en fut nommé capitaine et chargé, avec quatre-vingts lances, de la garde de la place. Le rôle considérable joué par Jean V, sous les ordres de Dunois, dans les événements de Normandie " lui avait, en effet, entièrement regagné la confiance du Roi. Aussi, ce dernier lui conféra-t-il, peu après, et sur l'avis unanime des princes et des capitaines, une plus haute récompense de ses services. Prégent de Coetivy, sire de Raiz et amiral de France,

humanité était aussi la conséquence du découragement des Anglais qui pliaient partout. '

1. Vers le 5 juin, d'après le Rosier des Guerres (ms. fr. 442, fol 173 v) — Chron. Martin. — Robert Blondel, l. c, p. 215.

2. Quatre jours après, Bueil et Rouhault, sous les ordres des comtes de Nevers et d'Eu, passaient l'Orne, au-dessus de la ville, et prenaient position aux faubourgs les plus rapprochés de la mer, dans l'abbave des Dames de la Tri^ité. — Char lier. — Escouchy.

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