Avec 7 ou 800 lances. — Comines, I, ch. m
2. Brézé conseillait au Roi d^attaquer l'armée de Bretagne qui était la plus faible et remplie d'anciens serviteurs de Charles VII , ne servant qu a contre-cœur les adversaires de la royauté. - Barante. - Duclercn Iiv. V, ch. xxxin. "
3. On sait que ce fut là que périt Brézé, victime de sa fidélité à un prince qui n avait pu lui pardonner complètement. - Le comte de Charolais eut a combattre seul contre le Roi, joint au corps du comte du Maine qui se retirait devant les Bretons, soit contre un total de 2,200 lances d'ordonnance, sans parler de l'arrière-ban du Dauphiné. — Comines (liv I ch. m et iv) reconnaît, dans l'enivrement que le comte de Charolais conçut de sa victoire prétendue, la cause de tous les désastres subis plus
ard par lu. - V. aussi ms. fr. 6961, p. 71 et s. - Durant la bataille, la cavalerie du Roi, arrêtée par un grand fossé, ne put charger et souffrit beaucoup des traits de l'ennemi. - Jouvencel, 3^ partie ch m et plus haut, p. xlix, note 2. > i- , . n, ci,
4. De Paris, le Roi fit, du 10 au 28 août, une pointe en Normandie, pour ramener avec lui dans la capitale la noblesse et les garnisons normandes. - Basin, hv II, ch. v. - Chron. du Mont Saint-Michel, I, 74.
5. Les derniers renforts, sous le maréchal de Bourgogne et le duc de Ca abre, rejoignirent les i-rinces près de Nemours. Notons que le duc de Calabre avait avec lui 500 Suisses, les premiers qui aient paru en France. — Comines, liv. I, ch. vi.
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abandonner à la fortune des armes. Ajoutons aussi que, dans ces circonstances, la désunion de ses adversaires lui faisait un devoir de traîner les choses en longueur. Enfin, Louis voyait ses inclinations naturelles confirmées par les conseils de temporisation que lui donnait Sforza, l'homme qu'il admirait le plus au monde'.
Durant le siège de Paris, Bueil s'attacha de plus en plus au duc de Berry et devint, avec le sire de Ghaumonl son beaufrère, le principal conseiller de ce prince-. Le 2^ septembre, les gens du duc de Bretagne s'emparèrent de la ville de Pontoise par la trahison de Louis Sorbier, un des lieutenants de Joachim Rouhault'. Dès lors le duc de Berry, qui n'était rien moins que militaire'', se tint dans cette place, avec ses conseillers, jusqu'aux préliminaires de la paix.
Le vendredi 27 septembre, le duc de Bourbon, agissant au nom du duc de Berry, s'emparait du château de Rouen, à lui livré par la veuve de Pierre de Brézé et par Louis de Harcourt^. En peu de temps, toute la Normandie, que le Roi refusait d'échanger à son frère contre le Berry, fut conquise. Ces événements décidèrent Louis, qui négociait déjà, à cesser une résis-
1. Basin, liv. II, ch. vi. — Il n'y eut plus dans celte campagne que des combats insignifiants. Bueil assistait, le 31 août, au combat livré près de Cliarenlon. — Coniines.
2. Les Bretons se tinrent d'abord quelque temps à Saint-Denis. — Basin, Comines, Duclercq. — Chron. Scandai., l, c, II, 69.
3. 5 mars 146G. Interrogatoire de Regnart, ms. l'r. 6973, n° 1168.
4. Durant celte guerre, Comines (liv. I, ch. xi) ne le vil armé qu'une seule fois. Il en fut de même du duc de Bretagne.
5. Le Roi eut la nouvelle le 29. Il avait encore reçu la veille une lettre de la douairière (Jeanne du Bec-Crespin) l'assurant de sa fidélité. — Chron. Scandaleuse, en 1 465, j). 77 et s. — D'après Comines, .lacques de Brézé ne voulut pas prendre part à la trahison de sa mère, mais se rendit auprès du Roi (|ui, en septembre 1464, lui avait donné la succession d'Kslouleville au grand sénéclialal de Normandie. La con(]uéte du duché l'ut facililée pur le fait (|ue la noblesse et les gens d'armes de cette province avaient été amenés par le Roi à Paris, où ils se trouvaient encore. GrAce à ce dernier événement, tout le littoral, depuis la Flandre jusqu'au Poitou, était aux mains des princes coalisés. — Ms. fr. 6971. Copie de Legrand. — Basin, liv. 1, ch. vu et xx. — Comines. — Duclercq. — Chron. Scandaleuse. — Baranle, Vlll, 53U.
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tance désormais sans objet. Par les deux traités, conclus coup sur coup, à Conflans et à Saint-Maur, il accorda à ses adversaires la plupart de leurs demandes, se réservant, in petto, de ne pas faire honneur à ses engagements ou de reprendre à l'occasion ce qu'il se voyait contraint de livrer i. Bueil ne fut pas oublié dans cet accord et les princes demandèrent que ses charges lui fussent rendues. Mais le Roi, qui s'était bien promis de ne pas laisser son frère tranquille possesseur de la Normandie, n'avait pas non plus, pour le moment, l'intention de pardonner aux conseillers du duc Charles. La charge d'amiral, donnée au sire de Montauban, passa ensuite à Louis, bâtard de Bourbon et comte de Roussillon, et ne fut jamais rendue à Jean V. Quant à la compagnie de cent lances, son rétablis-
1, On trouvera aux Ordonnances (vol. XVI, p. 356 à 431) plusieurs documents concernant les divers accords faits au moment des traités de Conflans et de Saint-Maur. Les dispositions principales de ces traités comportaient, comme on sait, une amnistie, la cession de la Normandie au duc de Berry et la restitution des villes de la Somme à la Bourgogne En outre, une commission, composée de 36 notables, devait vaquer, pendant deux mois, à la réforme du royaume. Les principaux parmi les documents cités sont les suivants :
I. — A. Lettres patentes du Roi, en date de Paris, des 5 et 13 oct. 146a, renfermant les clauses de son accord avec le comte de Charolais' — B. Lettres du comte de Charolais, datées de Conflans, 16 oct., portant acceptation des précédentes lettres du Roi. — Ces trois documents constituent, à proprement parler, le texte du traité dit de Conflans • soit de 1 accord verbal conclu, en ce lieu, entre le comte de Charolais, agissant seul, et le Roi.
II. - Pièces relatives au traité de Saint-Maur ou de Paris, accord conclu entre le Roi et tous les princes. - A. Lettres royales de ratihcation des accords passés entre le Roi et les princes, en date de Paris 27 octobre 1465. - B. Lettres des princes, en date de Saint-Maur 29 octobre, acceptant les conventions passées avec le Roi, et ses lettres du il octobre.
A' "!' T,^^''''^^^ "^f ""^'"^ ^"^"^ ^^ '^"'^ ^« ^«'•'•y- - ^- Lettres du Roi, datées d oct. 1465, concédant à Charles de France et à ses descendants mâles le duché de Normandie, en échange de celui de Berry (enregistrées au Parlement le 30 oct.). - B. Procès-verbal de foi et hommage, faits au Roi par Charles de France, pour le duché de Normandie, à Vincennes, le 30 oct. Outre les Ordonnances, v. aussi Comines, éd. Godefroy, I ch xii à ^'1' ^^"J' P- ,^l «^ s.; ibid., éd. Lenglet-Dufresnoy (Londres, 1747), p. oOO et o21; ibid., éd. Dupont {Publications de la Société de l Histoire de France).
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sèment devait devenir, quelque temps après, le prix de la soumission de Bueil^
Un passage du Jouvencel nous donne, sur ces événements, l'opinion de l'auteur, opinion, du reste, conforme à celle de Gomines. D'après ce texte, le Roi, enfermé dans Paris bien pourvu de vivres et d'hommes, aurait dû attendre que l'hiver et les dissensions eussent fait leur œuvre dans l'armée de la ligue. Ses adversaires une fois contraints de se disperser, Louis aurait pu les attaquer et les battre séparément^. Ainsi, ceux mômes qui avaient été les fauteurs de la ligue du Bien Public jugeaient qu'au point de vue militaire, leur entreprise n'avait jamais eu que peu de chances de succès. Au point de vue politique, il en était de même. La royauté avait pour elle les tendances de l'époque et l'histoire nous montre Louis XI modifiant peu à peu à son avantage la situation critique dans laquelle il paraissait se trouver au lendemain de la paix de Saint-Maur. Durables résultats qui devaient être obtenus
1. Voyez plus bas, ch. suiv., en 1466. — Le détail des concessions faites à l'entourage des princes fut débattu, dès le mois de septembre, et réglé avant la signature des pièces que nous venons d'énumérer. — V. Basin, II. 9. — Duclos, I, 1. 3. — Chron. du Mont Saint-Michel, éd. Luce [Coll. des anc. textes français), I, 77. — Legrand, ffist. de Louis XI, mss. fr. G9f)l, p. 114 et 123, 6972, p. 143, 150 et passim. — On trouvera, eu parliculier, dans ce dernier ms. (j). 143) une « Copie des accors et apitoinlcnients faits par le Roy aux princes, » en date du 2 octobre 1465, où il est fait mention de Bueil sous cette forme : « M. de Bueil demourra admirai de France à la charge de 100 lances. » Le Roi aurait donc, à cette date, |iromis la restitution de ces deux charges à Jean V. Cependant, d'après les mêmes mss. (6961, p- 114), le Roi aurait, à la date du 29 sept., refusé, une première fois, ;\ Bueil la charge d'amiral. Quant à la compagnie de 100 lances, elle n'est pas mentionnée dans le compte d'Antoine Raguier, pour 1460, bien (ju'on voie rétablir, à la lin de l'année, celles du comte de Maulévrier, de Dammarlin, de Philippe de Savoie, de Lohéac et de Lescun (ms. fr. 6971, n' 27).
2. Jouvencel, 3" partie, ch. m. — Mais, ajoute l'auteur, il ne voulut pas agir ainsi, a pource qu'il vouloit le bien de paix du royaume et ne « vouloit pas la deslruction des seigneurs de son sang, ses parents, sub- « jecls et serviteurs. » En prêtant ainsi ;\ Louis XI des intentions aussi généreuses que jieu vraisemblables, Bueil ne pouvait être sincère. On voit que ce passage a été écrit postérieurement à la réconciliation de lUieil avec le Roi. — Comines, liv. 1, ch. xiii, p. 78, éd. Oodefroy.
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conformément au génie du Roi, non par la force des armes et tes batailles rangées, mais grâce à de pompeuses démonstrations militaires, soutenues par une diplomatie habile à profiter des événements.
Aussitôt après la paix, le nouveau souverain de la Normandie procéda, en compagnie de son ami François de Bretagne, à la prise de possession de son duché \ ainsi qu'à l'examen des requêtes innombrables qu'anciens amis et nouveaux sujets lui présentaient à Fenvi. A Vernon, il reçut, de la veuve de Brézé et de l'évêque de Bayeux, la demande des charges de maréchal de Normandie, pour Jean de Lorraine, sire de Harcourt, et de capitaine de Rouen, pour Bueil. Un ancien commandant de la garde écossaise, Patrice Foucard, prétendait aussi à ce dernier office-. Lorsque Charles, après un séjour auPontde-l'Arche, fut arrivé au Mont-Sainle-Gatherine, au-dessus de Rouen, la querelle s'envenima par l'intervention de Chaumont et les courtisans faiUirent en venir aux mains.
Le faible duc de Bretagne et ses amis espéraient, grâce à la faiblesse plus grande encore du duc de Normandie, pouvoir gouverner ce dernier à leur guise. Mais, arrivés à Rouen et lorsqu'il s'agit de se partager les places et les charges, ils trouvèrent en face d'eux les conseillers du duc Charles ^ qui prétendaient renvoyer les Bretons en Bretagne et garder la Normandie pour eux''.
1. Le 31 octobre. — Dès le 12 oct., le conseil du duc de Normandie siège déjà à Rouen et donne des instructions à Chaumont, qui se rend auprès du prince. — Ms. fr. 6972, p. 505. — Le 25 octobre 1465, Jean de Bueil fait aveu et dénombrement de la châtelJenie et seigneurie de Saint- Calais à Jean de Bourbon, comte de Vendôme, pour sa baronnie de Montdoubleau. — P. Just, à sa date.
2. Ms. fr. 6961, Legrand, Hist. de Louis XI, liv. IX, p. 6. — Basin, liv. II, ch. X.
3. En particulier, Bueil, Chaumont, Daillon et les deux d'Harcourt.
4. Duclercq. — Legrand, liv. IX, p. 9. — Morice, Mém. hist. de Bretagne, III, 118. — « Car encores estoient avec eux ces chevaliers que j 'ay « devant nommés, lesquels avoient accoustumé d'avoir de grands hon- « neurs et de grands estais du roy Charles; et leur sembloit bien advis « qu'ils estoient venus à la lia de leur entreprise et qu'au Roy ne se « pouvoient fier : et vouloit chacun en avoir du meilleur endroit. »
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Les deux ducs devaient faire leur entrée à Rouen le jour de sainte Catherine ', et les bourgeois de la ville, fiers de leur autonomie de fraîche date, attendaient avec impatience cette solennité. Cependant le temps se passait et Charles ne paraissait point. Ses vêtements d'apparat n'étaient pas prêts, disait-on. L'on ajoutait tout bas qu'en réalité le duc de Bretagne voulait enlever leur duc aux Normands pour le tenir en tutelle, le mener en Bretagne^ et avoir son duché en sa puissance. Exploitant habilement ces rumeurs, les conseillers de Charles portèrent à son comble l'excitation des bourgeois. Bientôt Jean de Harcourt se mit à leur tête et les conduisit en armes au Mont- Sainte-Calherine. Introduit en présence des deux princes, il déclara, sans ambages, que les Rouennais venaient chercher leur souverain et qu'ils l'emmèneraient avec ou sans le consentement du duc de Bretagne. Le duc de Normandie dut céder à l'impatience de ses sujets et fit son entrée dans sa capitale vêtu d'une simple robe noire et monté sur un cheval sans housse 3.
Quant à François de Bretagne, qui avait un instant craint pour sa vie, il rassembla ses hommes d'armes et partit aussitôt. 11 s'en alla à travers la province, comme un furieux, ravageant tout sur son passage et s'emparant de plusieurs places de la Basse-Normandie''.
Comines, liv. I, ch. xv. — Voir aussi Legrand, ms. fr. 6972, n° 75. Instruction aux ambassadeurs du duc de Normandie en Bourgogne.
1. Soit le 25 novembre et non décembre, comme le dit à tori Duclercq. — V. Chron. Scandaleuse, et plus bas, mt^me ch., en noie, au traité de Caen, le témoit^iiage du duc de Bretagne lui-môme. — Chron. du Mont Saint-Michel, I, 76 et s. — Il est évident que la date du 10 décembre, indiquée par Quicherat, est trop tardive. C'est ainsi que, dès le 30 nov., lUii'il, Louis (l'IIarcourt et Dunois assistent, à Rouen, à une séance du conseil ducal. — Ms. fr. G972, p. 73.
i. On disait aussi que le duc de Bretagne convoitait des villes normandes sur les conlins de Bretagne. — Duclercq.