‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 159 sur 321 · Basin, liv. H, ch. x et xi. — Chron. Scandai · texte numérisé non relu

Basin, liv. H, ch. x et xi. — Chron. Scandai

4. Il alla d'abord au Ponl-de-l'Arche. Le lendemain, une entrevue des deux ducs i\ Port-Saint-Oucn, ménagée par Dunois, resta sans résultai. Les conseillers de François prétendirent très faussement, à celte occasion, que les gens de Rouen avaient comploté d'assassiner leur mailre. — Basin. — Duclercq.

1465] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. cclv

Averti par lui de ce qui se passait, le Roi pénétra aussitôt dans la province ^ . Son frère était hors d'état de résister, car il n'avait que fort peu de troupes. Louis savait aussi, à n'en pas douter, que le comte de Charolais, satisfait de la part que lui avait attribuée le traité de Conflans, ne s'opposerait pas à ses desseins. Le comte était, en effet, occupé à réduire les Liégeois qui venaient encore une fois de se révolter. D'ailleurs, le caractère faible et versatile du duc de Normandie ne lui inspirait que peu de confiance et moins encore de sympathie^. Privé de l'appui du duc de Bretagne, Charles ne pouvait donc attendre de secours d'aucun côté.

Louis se dirigea tout d'abord vers la Basse-Normandie, dont il s'empara, laissant aux Bretons les places qu'ils tenaient'*. Puis il vint à Gaen pour se concerter avec le duc François. Les deux princes signèrent, dans cette ville, le 23 décembre 44(55, un traité par lequel le duc abandonnait complètement son ancien allié ^. Le Roi promettait de rendre ses bonnes grâces à

1. D'après la Chro)i. du, Mont Saint-Michel (I, 79), un premier accord lut conclu le 12 déc, à Bayeux, entre le duc de Bretagne et les envoyés du Roi, l'amiral de Montauban et le maréchal Rouhault. C'est à cette occasion que Dammartin, qui avait suivi le parti du duc de Bretagne, rentra en grâce auprès du Roi.

%. Il s'en était exprimé très vivement après Montlhéry. Le duc de Berry, impressionné par la vue des blessés, semblait regretter son entreprise. (' Avez-vous oiiy parler cet homme? » disaient le comte de Charolais et ses conseillers. « Il se trouve esbahy, pour 7 ou 800 hommes « qu'il voit par la ville allant blessez, qui ne luy sont rien, ne qu'il con- « noist. Il s'ébahiroit bientôt, si le cas luy touchoit de quelque chose, « et seroit homme pour appointer bien légèrement et nous laisser en la « fange..., parquoy est nécessaire de se pourvoir d'amys. » Et, sur ce soupçon, le comte de Charolais avait envoyé un ambassadeur en Angleterre, pour préparer une alliance avec le roi Edouard, « combien que... « la chose du monde que plus il haïssoit, en son cœur, c'estoit la mai- « son d'Yorch. » — Comines, liv. I, ch. v.

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