Jouv,, 3* partie, (in du ch. m
INTRODUCTION LITTÉRAIRE. ccxcvjj
tage qui ne lui appartient pas. II refuse aussi de se liguer avec le duc d'Alh contre son beau-père, et rend fidèlement au roi Amydas les serments des gens d'armes par lui reçus, comme régent du royaume. Ce passage se termine par quelques réflexions sur ce que la défiance des princes est presque toujours la cause de leurs querelles. Quant au Jouvencel, dit l'auteur, il a toujours pardonné volontiers à ceux qui lui avaient fait du tort et n'a jamais fait la guerre que justement; « et estoit bien content « d'avoir paix toutes les fois qu'on la luy offroit en gardant sa « conscience, son honneur et justice. » Ce morceau devient beaucoup plus intéressant, si on le rapproche des circonstances dans lesquelles se trouvait Fauteur, lorsqu'il l'écrivait, peu après avoir abandonné le duc de Normandie vaincu, pour obtenir du Roi un pardon définitif ^ Il signifie que, désormais, Jean de Bueil se gardera bien de se brouiller avec le souverain. La couronne de ce dernier devenait dès lors une chose trop sacrée pour qu'on s'avisât d'y porter la main.
Le roman se termine par un dernier éloge de l'art de la guerre et par un retour sur la carrière du Jouvencel. Ce dernier, dit l'auteur, a beaucoup à se louer des personnages qui ont commencé sa fortune; mais il n'a pas toujours trouvé auprès d'autrui les mêmes sentiments de reconnaissance. Pour beaucoup d'entre eux, il a été un commençeur, chez lesquels il n'a trouvé aucune bonne foi. Ce reproche amer, qui, comme nous l'avons vu, s'adresse surtout à Charles d'x'^njou, comte du Maine ^, est, au bout de l'ouvrage, comme la signature de son auteur, Jean de Bueil.
§ IL — Appréciations littéraires. — Comparaison avec d'autres ouvrages.
Nos lecteurs connaissent maintenant la substance du Jouvencel. Mais notre résumé succinct ne saurait donner une idée de