Var. : « prospérité. » C. F
a perdre celle grâce, ou par aucun survenant meilleur « que soy, ou pour accusacion d'aullruy, ou par adven- « ture, pour ce que le prince sera ennuyé du service, « gratuité et plaisance qu'il avoit prins en ceste pro- « priété. Car on dit communément que on s'ennuye « d'un pain mangier.
« L'autre doubte est la paour qu'on a de mes- « prendre. Car, à faire diverses choses et à complaire « aux seigneurs, il y a bien manière de y tenir le moyen; « et est plus aisé de desvoyer que de tenir le droit « chemin ; et advient souvent que, par cuider complaire, « on desplait. Car, se ung homme vuelt complaire pour « estre bon et loyal et dire vérité, vous sçavés que « vérité ne vuelt pas tousjours estre revellée. Et, se « on fait autrement en flattant, favorisant et suppor- « tant les vouUentcz des seigneurs, on se dampne « mauvaisement ' et le congnoist bien le prince. Ainsi « dechoit-on à la fin et est-on frustré de son entencion ; « et la cause si est. Car soubz ung grant prince y a « communément plusieurs grans seigneurs, desquelz « les voullentez ne sont pas tousjours pareilles, et est « bien difficille de complaire longuement à l'un sans « desplaire à l'autre. Ainsi ung homme curiaP, face « bien ou face mal, est tousjours en danger.
« Le tiers point et doubte et le plus dangereux est « le doubte d'envye, qui jamais ne fut bannye de la « court des princes, tant ecclésiastiques que terriens « et seculliers. Et ceste envye est à craindre en deux « manières. Car l'en aura envye sur toy ou tu l'auras « sur aultruy, et aucuneffoiz tout y est. Et je te dy