Var, : « la fortune. » Ed. Lenoir
CHAPPITRE III.
Comment la délivrance du Jouvencel fut trouvée et d'aucuns exemples servans à ce propos.
Aux beneurez et à ceulx qui sont disposés d'avoir du bien de fortune par la souveraine disposition de Dieu, [elle] jjaille premièrement des ostacles ^ et des empeschemens plusieurs, adfin qu'ilz n'aient occasion d'eulx eslever en orgueil et presumpcion, quant ilz parviennent en grant prospérité, et qu'ilz recongnoissent que tout vient de Dieu et non seullement du bien d'eulx. Par le contraire, elle abuse et adveugle les yeulx de ceulx qu'elle vuelt en la fin trébucher, par ung peu de bons advenemens et de faincte félicité ^ soudainement acquise et soudainement perdue. Et lors la malheureté leur est plus griefve à porter. Sy aide tousjours Dieu et reconforte ceulx qui sont en tribulation et puent plus enforcer le couraige d'un preudhomme par paine que par aise. Pour ce voulloit Dieu icellui Jouvencel estre prisonnyer et faillir à son entreprinse pour aucunement modérer et actemprer le couraige, corrigier et reffraindre les challeurs de jeunesse. Sy advint que, quant le Jouvencel fut en prison, les nouvelles en vindrent au cajipitaine de Luc 3, qui en fut bien doullant et non sans cause. Et
1. Var. : « elle baille premièrement de ses estrilles et des ostacles. j Ed. Vérard et Lenoir.