Ms. A. en marge : « Qui est Sablé et Luc
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« nous reposer ; ce n'est pas que nous devons lesseï' « faire nostre mestier aux aultres. Nous l'avons aprins a à grans paines et grans travaulx et dangiers et à la « sueur de nos corps. Maintenant, quant nous sommes « clers en la science, devons-nous lesser l'euvre? Que « vauldroit ce que nous aurions aprins à si grant « péril, se nous n'en taisions l'excercite? Nous l'ou- « blierions et apparesserions nos cœurs ^ qui mainte- « nant prisent petit une grant chose et leroyent de « une petite grant. Car par l'usance de la guerre, que « nous avons menée, nous sommes coustumiers de « gaingner et ne craignons rien fors Dieu. Et j'ay « grant paour que, se nous séjournons plus, nous « pourrons changier coustumes. Et pour ce, messei- « gneurs, je vous prie, pensons d'aller dehors et de « travaillier. J'ay ouy aujourd'huy une bien grande « nouvelle, et me a l'en dit qu'il y a une praerie en la « vallée de VausscUe, là oîi tous les gens d'armes « tiennent leurs chevaulx, et n'en y a pas si pou qu'il « n'en y ait plus de deux mille chevaulx, qui se « herbent-; et y a de quatre à cincq cens hommes « pour les garder. Je vous diray que nous ferons : (( nous irons tous d'une belle traicte, et envoyerons a deux ou trois cens chevaulx legièrement habilliez « pour courre la praerie et prendre les chevaulx ; et « ceux-là ont nom coureurs. Et nous irons là où sont a les gens d'armes logiés, et ferons une grande traicte « et, à la grâce de Dieu, nous les surprendrons et les « destrousserons. »