Var. « craindre. » B
« Et , se vous voullés dire : se nous trouvons « gens de moins de nombre que nous, qui aient « leur retraitte près, parquoy les peussons perdre, « et soient en bataille à pié, les laisserons -nous « pour faulte de marchier contr'eulx et de les aler « combatre ? Nennyl , vous ne les laisserés pas ; c( mais aussi ne marcherés vous pas contre eulx. Et « vecy que vous ferez : vous viendrez mettre une « turbe de gens d'armes à cheval viz-à-viz de leurs « enseignes, et non pas si près que le traict les puisse « batre, et une esle sur le costé où ilz seront les plus « forts ; et de l'autre costé, où vous verres qu'ilz seront c< les plus foibles et le plus à vostre advantaige pour « les assaillir, vous ferés marchier le surplus de vostre « puissance à pié par ce bout là, qui assembleront et « combatront avec eulx; et tendrez ferme la bataille, « qui sera devant les enseignes et la puissance des « ennemys, et semblablement l'esle, sans assembler « avec eulx. S'ilz marchent pour aller courir sus à vos « gens qui combatent, en cellui cas, quant vous les « verres bransler, vous devez marchier, et vostre esle « pareillement, à grant dilligence et assembler à vos « ennemis.
« Et vous dy qu'il est de neccessité que en toutes « les trois parties il y ait bons chiefz et hardis et « qu'ils sachent bien congnoistre l'heure de mar- « chier. Car c'est une chose là où il ne fault pas dissi- « mulcr, quant l'heure est venue. Et pour ce je vous « (ly ([ue tous les gens de bien ne doivent pas estre « en l'une des batailles seullement; mais doivent estre « partis en toutes trois. Car, se l'une des batailles « failloit à faire son devoir, ce seroit pour tout perdre.
« Et dy que, quant vous ferez vos ordonnances pour « combatre, ne les faittes pas si près de vos ennemis « qu'ilz vous puissent assaillir en donnant ordre à voz « batailles. Et dy encores plus que une compaignie, « grande ou petite, ne doit point approuchier de ses « ennemys, se n'est à l'heure qu'ilz doivent combatre. « Et aussi je dy, par les raisons devant dictes, que « vous combatrés ces gens icy sans marchier front à « front droit à eulx; et en despit d'eulx il faut qu'ilz « marchent ou qu'ilz se laissent tuer l'un après « l'autre ; et que vous devez amener vos trois batailles « tout d'un costé^ et vous présenter devant vos enne- « mis faignant de joindre de tous costés à l'heure que « vos gens vont combattre la plus foible partie. Mais « la bataille ne l'esle pour riens ne doit assembler tant « qu'ilz voient marcher l'autre bataille des ennemys, « ainsi comme devant ay dit; et par ce moyen vous « les ferés marchier et ne marcherez point contre « eulx.
« Et c'est quant à combattre gens de pié. Et, en « quelque manière que vous combatés gens de pié, garce dez que vous les amusés tousjours par ung bout et « par le lieu où ilz seront tousjours les plus fors, et « les assailles par là où ilz seront les plus foibles et « leur laissiés le derrière ouvert pour eulx enfouyr. « Car il y en aura tousjours de couars qui s'en iront et « espovanteront les hardis ; et pour eulx enfouyr ilz ne « seront pas sauvés; mais chacun n'a pas cest enten- « dément.
« Or, avons parlé de ceulx de pié, reste aux