Var. : « quartier. » G. — « traict. » A
« maistres de dire par dessus ce qu'ilz verront bon « estre à faire ; et parlons ung peu de ceulx de cheval « comment ilz se doivent conduire^. »
GHAPPITRE X.
De pluseurs bonnes pratieques de guerre pour combatre ses ennemis estans en bataille à cheval, en passaiges estroits et ailleurs.
« Quant à ceulx de cheval, en quelque manière « qu'ilz treuvent leurs ennemis à cheval, ilz les doivent « assaillir furieusement et doivent tousjours avoir une «c bataille ferme selon la puissance qu'ilz seront et à « qui ilz auront à faire. S'ilz sont puissance contre « puissance et ilz soient en pays qu'ilz s'entrepuissent « veoir, ilz doivent avoir leur bataille bonne et puis- « santé et deux esles des deux costés ; ou front, devant « les enseignes, une bataille petite, sans les escarmou- « cheurs, qui doivent estre devant ; derrière, une « arrière-garde qui doit tenir ferme et ne doit bougier « ne se mouvoir pour riens, sinon pour aller au secours « de ceulx qui en ont besoing. Et doit tout le jour « soy tenir ferme sans soy départir, et tousjours « doivent à leur povoir assaillir ceulx de cheval leurs « ennemis et donner au gros de la bataille le premier « et aux esles, puis venir dux enseignes, et finablement
{. Var. : « Or avons parlé de ceulx de pié, sous la correction des maistres qui y adjousteront ou diminueront, ainsi qu'ilz verront qu'il sera bon défaire. Et parlerons de ceulx de cheval. • Éd. Vérard et Lenoir.
« faire tout le contraire de ceulx de pié. La bataille « doit faire l'exploit après la petite bataille, qui est « devant et les escarmoucheurs. L'arrière-garde doit « estre puissante et tenir ferme, adfin que chacun se « recueille, toutefois s'ilz n'avoient à besongner par « derrière; ou quel cas, la bataille les devroit recueil- « lir et tenir ferme et faire l'office d'arrière-garde, « comme dessus est dit. Et pour ce dy je que l'arrière- « garde soit puissante. Les esles sont pour donner^ « sur les costez et pour chargier là où ilz verront que « bon seroit. Le gouvernement des ennemis aprent « beaucoup en ceste matière. Mais toutefFois est-il c( neccessité qu'en une bataille à cheval, là où il y a « puissance, il y ait des descouvreurs- de pais et « des escarmoucheurs par ordonnance non pas à voul- « lente, une bataille petite que on appelle avant-garde « après les escarmoucheurs, et les deux esles des deux « costez, la grosse bataille après, et puis l'arrière- « garde, et après l'arrière-garde aucun nombre de « gens assez suffisans pour soustenir aucuns coureurs, « s'ilz venoient par derrière pour faire crier alarme, « et pour garder que bruyt ne viengne en vostre « bataille. Vous devés tenir vos gens serrez en toutes « vos batailles tant que l'un ne passe l'autre fors ceulx « qui y sont ordonnés. Vous devés garder que nul ne « soit soubz autre enseigne que sous la sienne. Et « devez faire crier que chacun soit soubz son enseigne. « Et sert cecy aussy bien pour gens de pié que pour « gens de cheval. Les gens en combatent mieulx et en