‹ Le Jouvencel (volume 2)Chapitre 309 sur 321 · Var. : « embrasser. » A · texte numérisé non relu

Var. : « embrasser. » A

« Messeigneurs , se je povoye et savoye. Et si sçay « que aussi feroient tous mes frères qui sont en ceste « bataille. Pour abregier, est il riens que nous puis- « sions faire sur ces gens yci promptement? » — « Monseigneur, dit le viel cappitaine de Crathor, ilz « sont fortifiez en leur champ. Je ne conseille pas que « les y assalliez. Entrez dedans la ville; et passerez « delà la rivière et logerez, vous et vostre puissance, « en ung gros bourg, qui s'appelle le Bourg-Neuf, et « sont les faubourgs de la ville. Vous serez entr'eux* « et leur paiz ; ilz n'auront jamaiz nulz vivres ; et faul- « dra en dcspit d'eulx qu'ilz se lièvent et qu'ilz desem- « parent leur fortification. Et, au despartir, vous en « aurez beau marché. »

Or sur ce dist le conte : « Allons parler à mes- « seigneurs les Mareschaulx, au Maistre des arba- « lestriers, à l'Admirai et aux autres seigneurs, « cappitaines et gens de bien, qui sont illec, pour « conclure ce que nous avons à faire. Mais, s'il « vous sembloit que nous peussions aucune chose « exploicter aujourd'ui, le jour est grant et nous « sommes bien acompaigniez^ pour faire beaucoup « de bien, ce me semble. » — « A! Monseigneur, dit « le Jouvencel, Dieu vous doint bonne vie! car vous « dictes moult bien. » — « Monseigneur, dit le Mares- « chai de Crathor, c'est le Jouvencel. » Puis le conte « l'embrassa et dit : « Jouvencel, j'avoye grant envie « de te veoir pour les grans biens que j'avoye ouy

i. Var. : c et sont les faubourgs de la ville. Vous ne povez estre mipulx logé; cest pais est fort contrairo à voz ennemis; car vous scroz entr'eulx, olc. » Éd. Vérard cl Lenoir.

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