‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 277 sur 316 · Var. : « monstrer. » B · texte numérisé non relu

Var. : « monstrer. » B

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CHAPPITRE VU.

Cy^ parle comment Ventreprinse faicte par le Jauoenr cel et autres sur la dicte ville (TEscalUm fut exeeiir téCj et comment saigement entreprendre fait bien exécuter.

Saigement entreprendre fait bien exécuter. Gark principal point de toute la guerre, c'est après Dieu U discrétion du chief. Car, se le chief n'est discret et modéré, à paine fera-il chose qui vaille, ne lui, ne ceulx qui sont en sa conduilte. Mais, pour venir à propos, après les parolles précédentes, le Gappitaine commença à racompter l'entreprinse que le Jouvenœl avoit de visée*. Si fist appeller le sire de Rocqueton^ Jehan Uamon et Gallebrun, et leur dist : c Messeigneurs, c vecy le Jouvcncel, qui a ad visé une entreprinse sur € Escallon, qui est bien faisible et en laquelle nous « pourrons avoir grant honneur, ce me semble, et

1 . Si le Jouvencel était écrit dans Tordre chronologique, cette ontrcprise sur Escallon devrait être placée tout à fait an commeacement de la seconde partie. En efiet, le Commentaire (VI) nous apprend que la prise d^Escallon (Marchenoir) aurait eu lieu ionqne Jean do Bueil guerroyait dans le Bas-Maine avec Lahire, alon capitaine de Vendôme, en iV27. Mais, ainsi que nous rapprend l'auteur du Commentaire (XXI), Jean de Bueil faisait ce qu'il pouvait pour qu'on ne reconnût rien au livre qu'il écrivait. « Aimi cstoiont les chouses ineslées Tune parmy l'autre. •

2. Var. : t avoit precogitée et do visée. » Éii. Vérard. — t et advisée. » Éd. Lenoir.

3. Dans le ms. Â. eu marge .- c Qui est à dire : Raoeton. i Voir p. 3.

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€ aussi proufïît. Et, pour abregier, je vous diray l'en- € treprinse adfin que, se elle est bien, que chacun se c dispose de exécuter sa charge. Premièrement vous c congnoissés tous Escallon et sçavés que devant il y € a pailles et fumyers, qui sont boutez hors des estables c des cureurs de cbevaulx ; et là vous povés mettre c deux cens honunes, sans ce que personne les voye ne € apparçoyve ou sente. Car jamais ne les descouvre- € ront. Et le Jouvencel et Gervaise seront atout trois c cens hommes à cheval en la tousche du hault, que € vous sçavés, et se vendront mettre après ma queue. € Car je iray devant atout soixante honunes courir € jusques à la barrière au matin, et ne faiz point de c doubte que je ne les tire à Tescarmouche jusques € aux champs bien avant ; et chacun fera son personne naige, ainsi que le Jouvencel vous dist ersoir, conune « je croy. » — « Vous dittes bien, dist monseigneur c de Rocqueton, Cappitaine. Mais encorres ay-je pensé € une chose plus avant ; car il y a une barrière à l'en- € trée du grant chemin, qui vient à l'entrée de la € porte, qui est fossoyée de deux costés, là où ilz se € pevent retraire ; et, s'ilz gaignent celle barrière, vous € ne leur feriez jamais mal. Mais j'ay advisé sur ce € une subtillité que vous diray. Il me semble que, e quant nous nous yrons mettre ou fumyer, qu'il sera « bon que je y aille avçc une lyme sourde, qui soit € emmanchée de plomb, pour sayer ceste barrière. € De cire la ressouldray ; puis recouvrerai la cire de « terre tellement que nul ne s'en apparcevra. Et, € quant le Jouvencel, Gervaise et les gens de cheval € vendront hurter à ceste barrière, ilz la rueront juz € et entreront pesle-mesle avecques les ennemys, et

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nous d*autre costc. Ainsi nous les défierons, se Dicfl plaist^ » — < Vous dittes moult bien, dist le Cappitaine^. C*est moult bien advisé. Vous y avei pensé; vous estes du mestier et de tout temps vous TaTci expérimenté. Il fait bon de parler souvent des cfaostt, quant on en a à faire ; car tousjours en pariant j aprent Ten (luelquc chose. Vecy la tierce fois qv nous avons parlé de ceste entreprtnse et tousjoan y avons trouvé quelque chose meilleure que devaoL Or, allons! De par Dieu, nostre entreprinse eri bien entendue, ainsi qu*il me semble. Le Jouveooel dist qu'il est scur des guydes. Partons demain m soir cl ne le faisons plus long, puisc|u*il est parié; car, par la longueur, la chose pourroit estre veolillée. > Puis dist chacun : € Vous dites bien, Cappé taine. A demain le vous mcts^. > Et le lendemain allèrent ouyr la messe ; puis K trouvèrent ensemble et dirent ainsi : € Nous parlasmci € hier très bien de nostre entreprinse ; mais nous œ

< conclusmes point qui garderoit la ville jusqua • c nostre retour. > — € Adonc, dist le CappitaineS le € Mareschal -' est blecié et est ou lict. Qui vous € semble qui doyve demourer^? > Lors dirent ks

< compaignons : c Nous en avons parlé ensemble d c sommes tous d'opinion que Piètres et Foulliers gai^

1. O stratagt'ino est liisturi<{uo. (Voir Commentaire, Vl.i *2. Ms. A. eu mar^o : f Laliyrp. •

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