I. Vit. : c Bertran. • B
LEJOUVENGEL. 185
c gneur le Mareschal de Grathor, qui est yci, se mette
< le premier, et que nous le suivions tous et que nous
< facions tout ce qu'il a dit. Car il me semble qu'il a c dit tout ce qui se peut dire en ceste matière. Mettez
< Gonnin devant, qui scet bien le payz, et lui baillez
< quelque xxx chevaulx, qui ira tousjours trois ou
< quatre lieues devant vous. Et qu'il demeure à
< repaistre quelque deux lieues oultre là où vous (i repaistrez, où ilz adviseront, monseigneur le Mares- « chai de Grathor et lui. Et vous servira d'escoutes. € Et qu'il renvoyé à la repeue vers vous deux ou trois c hommes, dont il en y ait ung bien entendu, qui vous « rapporte des nouvelles de ce qu'ilz auront trouvé
< sur le paiz. > Ghascun fut de ceste oppinion.
Et adoncq dit le conte de Parvanchières : t Monsei- « gneur l'Admirai, puisque vous avez commencé, je vous « prie de parler de la manière de nostre chevauchée « de demain. > — « Monseigneur, dit l'Admirai, je
< suis d'oppinion que Gonnin s'en aille devant atout « ses xxx chevaulx, comme j'ay dit, et après le Mares-
< chai de Grathor atout quarante lances, et tous voz « logeurs aprez, affin que vous n'ayez point de hu ne « de bruit à vostre logeiz, quant vous y viendrez ; et « aprez messeigneurs les Mareschaulx avec leur avant- € garde ; vous et vostre bataille aprez ; monseigneur « le Maistre des arbalestriers o tout son traict en une <L bataille à part quant et vous. Mais je ne suis pas « d'oppinion qu'ilz soient entre vous et l'avant-garde, « mais qu'ilz viennent aprez la bataille. Et messei- « gneurs, qui ont la charge de l'arrière-garde, che- « vaucheront après vostre traict. Monseigneur, je ne « viz oncques jour de ma vie que, quant on che-
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vaulchc et le traict est devant, que le traict ne fut cause de rompre la bataille ; car, se ilz treuvent les ennemiz, ilz ne sont pas puissans pour les attendre ne pour endurer le faix des lances ; et reviendroienl tous fuyans contre vous et vous romproient, sans ce que vous y sceussiez mettre remède. Et pour ce je diz (|uc, quant vous allez droit à voz ennemiz, vous devez mettre le traict derrière vous. Et, quant vous retournez, vous le devez mettre devant et les lances derrière, tant (|ue vous estes à cheval. El, quant vous allez à pié, tout le contraire : vous devez mettre votre traict devant avec quelque peu de gens d^armes ou front, pour leur tenir pié et soustenir le faix. Encores dy-je que à pié le traict doit estre sur les aelles, si le païz est assez large pour le porter jusques ad ce que les derreniers les puissent secourir. Et si fault (|ue le traict à pié soit tousjours (levant; car ilz ne tireroient pas par dessuz les ^ens d*arnies. Et, quant on se retire a pié, il fault que le traict soit darrière, tout à Topposite de ceulx à chrval. El, pour retourner à notre entreprise, je voul- (Iroye bien savoir si le payz est large ou estroit. »
Sur ce point respondirent le Mareschal et Connin, qui stoient là : c II y a assez beau chemin et beau pau jus(|ues à Nostre-Danie de Bonne-Grâce, et de la tout païz lai^e jusc|ues à la porte de la ville, exœptres aucunes mettes ^ qui sont à venir sur la maio gauche du costé où est le siège à bas. Et tout cela n*est (|ue à nostre avantaige. > — «Or sus donoq!
« dist r Admirai. J'ay dit ce que me semble de nostre