‹ Le Jouvencel (volume 3)Chapitre 305 sur 316 · Huottet:, routes · texte numérisé non relu

Huottet:, routes

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c chevauchée de demain, sauf à messeigneurs de me € corriger. » Tous dirent : c Vous avez bien dit. »

Ainsi fiit conclud le parlement de Luc pour s'en aller à Grathor. Et chevauchèrent jusques au petit viDaige, nommé Hardan, qui estoit sur la pkite rivière, que le Mareschal de Grathor leur avoit dit. Et, tandiz qu'ilz se logèrent, le conte de Parvanchières envoya F Admirai , atout cinquante lances , passer la rivière droit à Grathor, pour là faire le guet, tant que toute la compagnie fut logée et apaisée. Puis s'en retourna l'Admirai au logeiz. Et, quant tout fut logié, le conte de Parvanchières fit repaistre ses escoutes, puis les envoya aux diamps, diascun là où sa diai^ lui avoit esté ordonnée. Puis fit descendre FAdmiral et le fit soupper et les Mareschaulx aussi.

Et aprez soupper manda quérir tous les cappitaines, pour savoir ce qu'ilz avoient affaire. Et, quant ilz eurent souppé à grant joye et grant liesse, conune la guerre le requiert (car elle hait gens tristes et paoureux), le conte de Parvanchières se tira appart en ung petit champ loing de toutes gens, voyant que nul ne povoit approucher de lui pour l'esoouter, fors seuUement ceulx qu'il appelloit à son conseil. Et lors dist ainsi : < Messeigneurs, je vous pri , devant toute

< euvre, que chascun die à ses gens que tous se mettent € en bon estât aujourd'uy et se confessent et appellent

< Dieu en nostre aide. Car nous pensons avoir demain c bataille. Nous avons bonne querelle, et, se Dieu

< plaist, nous recouvrerons ceste seigneurie pour € nostre souverain seigneur, et mettrons le peuple et c la chose publique en paix, qui tant a travaillés

i. Yar. : t qui tant a eu de peine et de travaii. » Éd. Vérard.

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Maresctial, dit le conte de Parvanchières, vous savez le païz ; mettez vous devant demain avec voz quarante lances, messeigneurs les Mareschaulx aprez vous o toute leur avant-garde, le Maîslre des arbalestriers sur la main dextre o tout le traîct, et rarrièrc-^arde aprez la bataille. Et vous. Admirai, nous serons en la bataille, vous et moy. Connîn sera sur la gauche, qui est du costé devers les ennemiz, et servira de descouvreurs, affin que nulles gens ne puissent approucher de nous que nous ne le sachons. Et, quant nous aurons passé Nostre-Dame de Bonne- Grâce et nous serons tous sur le hault de la montaigne, messeigneurs les Mareschaulx et le Maîstre des arbalestriers, avec tout son traict, descendront à pie et là tiendront pie ferme et envoyrons leurs chevaulx derrière, bien loing, tout oultre de Tarrière-garde et en la garde de Tarrière^arde. Nous vendrons o nostre bataille, aprez que serez descendu/ et bien disparez de voz chevaulx, qui n*y aura plus riens ({ui maine noise ne qui nous puisse nuyre. Et descendrons à pie de costé vous, et pareillement envoyrons noz chevaulx derrière Tarrière-garde, et puis vendrons nous joindre à vous. El le Maresclial et Gonnin seront tousjours à cheval du costé devers les ennemyz pour rebouller leurs escarmoucheurs, aflin qu'ilz ne nous puissent veoir ne congnoistre nostre convine. Et, se ainsi est ({ue le siège d*amont tienne ferme, nous marcherons et le irons comhatre, et ferons faire le signe à oeulx dv la ville qu*il/ saillent pour nous venir aider. Et Tarrière-garde marchera ung peu sur la main gauche en avant, droit aux deux sièges, pour les

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garder de venir seoourrir leurs gens. Et, se ainsi estoit qu'ilz marchassent pour y voulloir venir, à Teure qu'ilz seront prestz d'assembler avec nous, l'arrière-garde donnera dedans eulx, et Gonnin et le Mareschal, qui seront dedans une petite asle, et ceulx de la ville, qui sauldront de l'autre costé. Ainsi me semble que nous leur donnerons bien à besongnier. Car, avant qu'ilz soient venuz jusques à nous pour secourir leurs gens, ilz seront bien hors d'alaine. Car nous tiendrons pié coy à nostre avantaige et ne marcherons point. Car tous ceulx qui marchent à pié, se desordonnent et se mettent hors d'alaine et communément sont desconfitz. » Et ainsi alerenl à la messe au plus matin. Aprez la messe et que chascun se fut myz en bon estât, alerent, en la manière que j'ay dit, jusques à Grathor. Et, quant ilz eurent chevauché jusques à la veue de la ville en l'ordonnance que vous avez ouye, les ennemiz, qui estoient devant la porte de Bonne-Grâce, se retirèrent à leurs gens et n'osèrent attendre le conte de Parvanchières et ses baUiilles, pour ce que bonnement leurs gens ne les povoient secourrir. Et tantost le Mareschal de Grathor et Gonnin vindrent au conte de Parvanchières et lui dirent : € Monseigneur, seurement le siège de € la porte par où vous entrerez en la ville se levé et < s'en vont à leurs gens^ au champ fortifié. Nous c sommes venuz pour le vous dire, afiin que vous € marchiez vostre beau petit pas jusques devant la c porte de la ville. Et le Jouvencel et tous ceulx de € Grathor sauldront au-devant de vous, qui vous con-

i. Var. : a et s en vont atout leurs bagages, t Éd. Vérard.

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< seilleront tout ce que vous aurez à faire. Et, A I>ieu c plaist et Nostre-Dame de Bonne-Grâce, vous aurei c aujourd'hui grant honneur et ferez ung grant service

< au Roy et à tout le royaukne. Nous avons desja fait

< le signe à ceulx de la ville, qui ont bien congnois- € sance de vostrc venue et sont desja plus de cincq € cens hors la porte aux champs et escarmouchant de

< bien prez ceulx qui se retirent au grant siège. Et ne

< veistes oncques le bruit ne le hu, qui est là devant, € si grant comme il y est. Toutes les clodies de la ville

< sonnent; tous crient: Parvanchières ! Sur mon Ame,

< vous auriez grant plaisir, se vous les oyez. Hardiei

< tousjours ; et nous en allons au bruit et vous rapport € terons des nouvelles. > — < Or tost, dit le conte de € Parvanchières, Mareschal, nous nous en allons là ou c vous nous avez dit, le plus dilligemment que nous € pourrons. Je vous pry que exécutons chaudement ce c que nous avons à faire. > Le Mareschal lui respon» dit : < Monseigneur, pour Dieu! ne rompez pœnt € l'alaine de voz gens ; et n'entreprenez riens tant que

< vous ayez parlé à ceulx de Grathor, qui bien vous

< conseilleront et guideront en vostre affaire. » — € Mareschal, dit ung compaignon qui fut là, despes-

< chez vous; car il y a le plus grant bruit que vous « veistes oncques : canons pètent terriblement; tout € crie, tout hue, tout bruit; trompettes sonnent; tout

< sonne ^ ; et les cloches de la ville sonnent niesaie-

< ment ; tout maine telle noise qu'il semble que tout

< doive fondre. Pour Dieu! avancez-vous. » —

< Adieu, dit le Mareschal, Monseigneur, Dieu nous c doint bien faire. »

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