Allusion à la guerre du Bien Public
i^ LE JOUVENGEL.
€ jadis, une espace de temps après que le roy Eneas c eut subjugué les Ytalies et prinse la fille du roy Latin € en mariage, après aussi que son fils JuUius eut c régné trente ans ou pais, advint que deux frères « furent nez à Romme, qui pour lors estoit dicte € Neufve-Troye, dont l'un fut nommé Remus et l'autre c Romullus. Si furent nourris aux champs et allaictiés « du laict d'une loupve ^ . Mais, pour abregier , il advint, € comme l'istoire le porte, que en leurs mains escheut € la seigneurie et gouvernement de la cité. Si par- € tirent entr'eulx lequel auroit le gouvernement. Le < premier an, le sort advint à Romullus ; et, quant il € se vit au-dessus de son frère, il se pourpensa de le « faire mourir, pour usurper la seigneurie totalle et c adfîn que, l'an ensieuvant, il ne fut destitué du gou- « vernement. Ainsi prist-il guerre contre son frère par « grant avarice et le fist mourir. Mais après il morut € meschamment. — J'ay aussi ouy reciter l'exemple « d'un nommé Jugurte, roy des Numidiens^, lequel « estoit bastard, lequel avoit pluseurs vertus et biens, « comme racompte Salustes. Neantmoins il fist mourir € les deuz enfians legitismes de son père et en desc confit l'un en bataiUe, qui estoit nommé lampsal, € par avarice d'avoir le royaume. Mais en la fin il fut « desconfit par les Ronmiains. L'istoire en est belle, « mais trop longue seroit à racompter. — Pareillement
1 . Var. : f Si furent nourriz à l'ostel d'une femme commune, que on nomme Lupana pour ce qu'elle ravit la substance des hommes; et pour ce la figurent les poëtes en une louve, et c'est ce qu'on dit qu'ilz furent alaictez d'une louve. » A.