‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 280 sur 324 · Var. : « Myrmidiens. » A. B. D · texte numérisé non relu

Var. : « Myrmidiens. » A. B. D

LE JOUYENGEL. 129

recite Stace, en son livre de Thebes *, de deux frères qui, par avarice d'avoir le royaume de Thebes, eurent guerre l'un contre l'autre, dont le père eut telle desplaisance que lui-mesmes se creva les yeulx ; et en la fin furent tous deux destruits, ainsi comme l'histoire le racompte plus amplement. — Par avarice Judas trahy son maistre ; et aussi il est assés conmiun et notoire que mal lui en advint* c Ainsi appert, messeigneurs, que ceux qui commencent la guerre par avarice, par envye ou par orgueil, dechéent, en la parfin, de leur intencion. Et pour ce, Jouvencel, que nous vous avons mys et ordonné pour le chief de nostre guerre, pour Dieu ! je vous prie pour tous les autres que ne soyés deceu ou surprins par aucuns de ces trois pechiés et mauvais vices. Car, se ainsi estoit, vous sériés aisé à desconfire et tourneroit à la fin vostre fait à néant. Et me pardonnerés, se tant j'ay parlé ; car la bonne amour et affection que j'ay à vous, me constrainct de vous amonnester^ à bien faire. »

Ainsi parla le Gappitaine, dont le Jouvencel et tous les autres le mercièrent moult grandement. Et en cecy est terminée la fin de ce présent chappitre.

i. La Thébaïde de Stace, poème épique sur la guerre entre Étéocle et Polynice.

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