‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 304 sur 324 · Var. : n en sa sale au menger. ■ Éd. Vérard et LeBOir · texte numérisé non relu

Var. : n en sa sale au menger. ■ Éd. Vérard et LeBOir

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antres. Et fîit grant bruit parmy la court du si^ de CSrathor.

Et à trois heures aprez mydi le Roy tint conseil ; et là furent tous les seigneurs du grant Conseil. Et, quant le Roy fut assiz en sa chayère, il dit : < Beau cousin de Parvanchières , faittes appeller le Maresdial de Crathor, afiin qu'il prengne son congié et qu'il s'en voise, et qu'on baille à chascun sa charge. » Dit le conte de Parvanchières à ung huissier qui fut là : c Faittes appeller le Mareschal de Crathor. > Tantost vint le Mareschal.

Et, quant il fut en la présence du Roy, le conte de Parvanchières lui dit ainsi : < Mareschal de Crathor, vous avez bien ouy et entendu le bon et grant vouloir du Roy. Car il vous a dist et bien monstre ce qu'il avoit sur le cuer, et a dit, présent son conseil et devant vous, qu'il est délibéré de secourir ceulx de Crathor, quelque chose qui luy doye couster. Et sa coustume est telle que jamais il ne délibère chose, que grandement et meurement elle ne soit debatue, avant que la conclurre. Et toutesfoyes il vous a dit, dès ce qu'il vous a ouy parler, qu'il vous secourra. Par quoy povez congnoistre rafifection et grant courraige qu'il a à vous. Et pour ce ne devez pas faire doubte en vostre secours, Dieu devant; car là gist tout. »

Et puis le Roy parla et dit : « Mareschal, faittes bonne diligence ; car je la feray bonne de ma part; et me saluez le Jouvencel et tous mes bons « serviteurs de Crathor et leur dittes sceurement que « je ne les obliray point. » Adoncques le Mareschal

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s'agenouilla et dîst : « Sire, je ne vous sauroye plus € recommander la besongne ; car je voi bien que vous c l'avez assez à cuer. Et à vostre congié, Sire ; s'il me c vient aucune fortune, je me reconmiande à vostre € bonne grâce. » — t Ne vous soulciez, Mareschal, c dist le Roy ; je ne vous abandonneray point en tant € que touche mes biens; de la vie je ne vous pour- € roye restituer. > — « Sire, dit le Mareschal, les c gens meurent, quant il plaist à Dieu. Et la longue « vie et la briefve est tant comme il lui plaist. Mais

< aux biens temporels il vous a donné telle puissance, « la sienne mercy et grâce ! que vous y povez bien « pourveoir. Et adieu. Sire. >

Aprez que le Mareschal fut party, le Roy commanda au conte de Parvanchières demander qu'il estoit de faire. Le conte demanda aux Mareschaulx, lesquieulx respondirent qu'il failloit que le Roy commandast de bouche à tous ceulx qui estoient là, que chascun s'en allast faire diligence d'estre à la fin de ce mois à Luc, ainsi qu'il avoit esté dit, et que monseigneur le conte de Parvanchières s'en allast devant pour recueillir tout le monde. Bien estoient d'oppinion que l'assemblée ne fut pas à Luc, pour ce que les ennemiz en pourroient ouyr nouvelles; mais que on feust le XXV® jour du dit moys sur la rivière de Faire*, là où se prendroit la conclusion de passer; et que on feust à Luc dès le soir devant. « Car, dès l'eure que vous

< partirez de Luc, il vous fault avoir la sallade en la « teste et la lance ou point et estre délibérez de ce

1. Var. : « Farie. » G. F. Le Commentaire ne donne pas la clef de ce nom. Le ms. E et Tédition de Yérard disent simplement : € la rivière. >

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< que aurez à faire. » Ghascun fut de cette oppiuion.

Je ne vueil pas perdre temps à escripre les oppioions ne l'ordre du conseil du Roy ; car ce n'est pas ma vocacion^ et me souffist d'escrire Texecucion^ de la guerre. Que pleust à Dieu que je le sçeusse si bien faire que vous y peussiez entendre quelque chose qui vous feust agréable et proffitable !

Or est ainsi que chascun s'en part et prent congié du Roy pour faire sa diligence au mieulx qu'il peut. Et tant firent par leurs journées que ung chascun se rendit sur la rivière de Faire, ainsi que appointié avoit esté en la présence du Roy. Et là se trouvèrent monseigneur le conte de Parvanchières, Ueutenant du Roy, au passaige à une petite ville, nommée Fleure^, qui grandement les recueillist. Car il estoit homme honnorable et vaillant et qui bien savoit faire ce qu'il avoit à faire. Au lieu de Fleure séjournèrent quatre jours pour attendre toute l'armée. Et, quant l'armée et la puissance fut assemblée, ilz marchèrent jusques à Luc, au moindre bruit qu'ilz peurent, et ilz y arrivèrent à la fin du moys. Et là trouvèrent le Mareschal de Crathor, qui avoit fait la dilligence si grande et si bonne qu'il en fut loué de tous. Et y fut premier que l'armée de plus d'ung jour entier. Et incontinent vint audevant des seigneurs aux champs et leur dist : « Messei- € gneurs, toute la compaignie de Crathor se recom- € mande à vous plus de cent mille foys et sont bien € joyeux de vostre venue. Et croyez seurement qu'ilz € mettront peine de faire plaisir et service au Roy et

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