‹ Le Jouvencel (volume 4)Chapitre 322 sur 324 · Var. : « par leur petit pas. » A. G. D · texte numérisé non relu

Var. : « par leur petit pas. » A. G. D

218 LE JOirVENCEL.

Ainsi se achemina le conte de Parvanchières et ses batailles et s'en retourna à Grathor. Et, quant il fut à Grathor, il envoya quérir ung chevallier, qui estoit au conte d'Orte, nommé messire Henri Buret, qui avoit esté priz à ceste besongne * et l'avoit priz ung archier, qui au Jouvencel estoit. Et le arraisona le conte et lui demanda des nouvelles à son plaisir. Puis le fit boire et menger et l'en envoya au logeiz de son maistre. Et se retira le conte et tous les seigneurs jusques à Tandemain. Et au matin chascun dist au conte que le sire de Rocqueton avoit priz, quant messire Buret fut priz, ung nommé Guillaume Bernard, qui estoit au duc Baudouyn et bien prouchain de luy et savoit beaucoup de ses secretz et par lui pourroit savoir des nouvelles. Tantost le conte envoya quérir le sire de Rocqueton et lui manda qu'il amenast quant et lui Guillaume Bernard, son prisonnier; lequel le fît incontinent. Et, quant il fut devers le conte, le conte lui demanda : « Sire de Rocqueton, comment fut priz Gonnin? > — « Monseigneur, dit le sire de Rocqueton, ce fiit le € plus tost fait que vous veistes oncques; car il me € dist que je contre-attendisse ung peu et que je feisse « serrer noz gens, pour ce que nous approchions prez « d'ung fort payz, sur espérance de faire quelque « pointe sur eulx; et ainsi le fîs. Et cependant il les « alla veoir atout cinquante ou soixante* chevaulx, <i comme vous savez. Et, quant il fust là, il s'eschaufib a en escarmouchant et chargea , dont il luy est mal prins,

i. Var. : c à ceste prinse et rencontre. » B. — t en ceste bataille. » G. F.

2. Var. : c quarante ou cincquante. » A. Éd. Vérard et Lenoir.

LE JOUVENGEL. SI 9

c ainsi que vous voyez ; de quoy je fuz bien esbahy ^ ; « car Gonnin est saige homme et froit ; mais il n'en est c nul qui en tel cas ne s'eschauffe. Et ne fît sinon ce € qu'il devoit faire ; car il les véoit au pas. » — c Ha! € nostre maistre, dist le conte de Parvanchières, vous € estes ung viel regnart, ne savez-vous pas bien que < tousjours aux passaiges on met volontiers quelque « embûche pour attraper les compaignons? » — c II « est vray, dist le sire de Rocqueton. » Puis dist : « Monseigneur, vecy Guillaume Bernard. Que voullezc vous dire? G'est ma foy ung fort baveur^. Ne le « croyez pas de tout ce qu'il vous dira. Gar c'est ung « tel menteur que ce jouvenceau^ qui fut à l'amic rai de BueiH. » Adoncques demanda le conte au sire de Rocqueton : « Ne prinstes-vous que lui ce « jour? » — « Ouy, dit-il, Monseigneur, ung aultre € qui a nom Hourselay. » — « Dictes à ce baveur « qu'il vienne à moy. » Ainsi appella le conte Guillaume Bernard et le mena^ en sa chambre, qui lui demanda quoy nous ne savons. Mais depuis l'envoya

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