Charlier, ch
3. Tringant, XXIX et XXX. — Ce fait nous aidera à préciser la date de cette expédition : car LouTiers, démantelé par les Anglais en oct. 1431 (Th. Basin, 1. 2, ch. xyii), fut occupé et de nouveau fortifié par les Français {Ibid., 1. 3, ch. xi; et Chartier, ch. cxlii), à la fin de 1440. Tringant nous apprend, en outre, que l'expédition de Louviers est immédiatement antérieure à la prise de Sainte- Suzanne, qui est contemporaine du siège d'ATranches (décembre 1439). D'autre part, l'expédition ne saurait ayoir eu lieu pendant le siège de Meaux : car l'adversaire de Bueil, Talbot^ faisait partie de l'armée anglaise qui tenta de secourir cette place (Chartier, ch. 139). L'expédition de Louviers doit donc être placée entre août et novembre 1439. — D'après une annotation marginale, qui se trouve à la Table du Jouvencel (ms. de l'Arsenal) et au ch. xix de la 2* partie, ces faits seraient racontés dans ce dernier chapitre, ainsi que dans le suivant. Il paraît évident, en effet, que Francheville représente bien Louviers, et le duc Baudoin Talbot. En outre, on retrouvera (fin du ch. xx) un discours analogue à celui que Tringant prête à Bueil, et qui n'a pu être tenu qu'à des prisonniers normands. Mais le reste des événements n'oflFre guère de rapports avec l'expédition racontée par Tringant. Très probablement, Bueil venait de Château-Gontier ou de Sablé {Jouvencel, /. c. — Charlier, ch. 136), et ses troupes faisaient partie de l'armée du duc d'Alençon.
4. Les Français pris dans une place de guerre ennemie, les armes à la main, étaient généralement mis à mort.
1439] INTRODUCTION BIOGRAPHIQUE. liniQ
c seigneur et le myen, ne vous envoyé querre toutes foys que « bon luy semblera. Pour ce, rendez- vous, à tel jour, à Dreux « de chacune parroisse ung homme, sur peine d^estre coruz et « d'estre mis à finance, comme rebelles et desobeissans ^ »
Peu après, parut Talbot. Les deux Bueil, fondant sur Tavantgarde ennemie ', la mirent en pleine déroute. Talbot lui-même se retira, en grande hâte, sur Yemeuil. Éclairé sur le petit nombre des troupes de Bueil, et comprenant que le gros des forces françaises était ailleurs, il n'avait si subitement changé de dessein que pour se porter sur Avranches, où il arriva lorsque le siège était déjà commencé depuis près d'un mois ^.
En effet, tandis que Bueil occupait les Anglais aux environs de la Seine, le connétable, exécutant, de Paris sur Avranches, une longue marche de flanc, avait pu, sous la protection du corps de Louviers, passer plus au sud et opérer sa jonction avec le duc d^Alençon. La brusque retraite de Talbot découvrait complètement le cours de la Seine ; mais Bueil n'était pas de force à poursuivre ses avantages. Les deux frères se retirèrent donc à Dreux, où ils se signalèrent par d'autres entreprises^. Us ne tardèrent guère cependant à rallier l'armée française, aux environs d' Avranches. Bueil fut chargé, comme lieutenant du duc d'Alençon, de fortifier la petite ville de Saint-James-de- Beuvron, située à quelques lieues de là. U remporta, dans cette région, de nouveaux succès*, parmi lesquels il faut noter la sur-
1. Tringant, XXIX; et Jouvencel, 2« partie, ch. xx. — Chartier (ch. 84) et Gaguin (fol. 121) racontent une histoire analogue sur A. de Loré, à propos de son expédition à la foire de Gaen, en 1432.
2. Elle était commandée par Adam Stiilon, qui fut fait prisonnier. C'était, sans doute, la même armée qui, après avoir tenté de délivrer Meaux, s'était retirée à Pontoise et en Normandie, conduite par Talbot, Dorset et Scales. — Chartier.
3. Chartier, L c. — D'après Berry (p. 405), le siège d' Avranches aurait commencé en novembre, et, d'après le Journal d'tm bourgeois de Paris (p. 350), vers Noël. D'après M. Luce {Chron. du MonUSainirMichel, 1, 40), il dura du 30 novembre au 27 décembre. — V. Jouvencel, 3* partie, ch. III, une allusion au siège d' Avranches.