‹ Le JouvencelChapitre 119 sur 184 · J. d'Aulon, fténéchal de Bcaucaire · texte numérisé non relu

J. d'Aulon, fténéchal de Bcaucaire

374 PIÈCES JUSTinCATIVCS.

vosl rie Montjou * et lui disl ce que le Roy avoît ordonné H appoincU'î du fait des<lit3 nobles, et (|u1l no faisoit double que la chosi; no se portnsl bien, si le chancelier de Safoye ne l'onpeschoii, el qu'il advisasi quelque bon moien pfiur fonsncr. El, à ccste cause, advisa ledit prevnst d\*âcripre audil chancelier et «i son fnTc Lo\s, et aussi a Geor^.'e de Valpergue, leur oouâio, pour les cunlenterel monslrer que on cusl en euli fiance. Eu entre autres chosis, conlenoienl les lettres que les dessusdils creuss(*nl il qui parie de loulce qu il leur diroit touchant le fut desdils nobles. Kl après dudit lieu de Lyon se partirent lesdiU d«'s R'irnrs, d'Klon et il qui parle, et s'en alerenl ensMnhIe jus4|ue3 a une disni*e près de Genève, que il qui parle ieo ala devant et présenta à mesdils sei|;neur el dame de Savojc les lettres queleKov leur escrivoil; et ne vil point ledit jour m le lendemain ledit chancelier, mais bien trouva ledit George d fKirla â lui de la matière bien au lon^, et lui bailla àes leUres dudit prevust et relies dudit chancelier, son cousin.

Ht après, pur le moien dudit Georize, il qui [parlej parla audil chancelier, en sa maison en une chambre a part, el lui preseoU une lettre que le Roy lui escrivoit. faisant mention du bit dèsdits nobles, â ce qu'il tenist la main vers mondil A^igneurde S'Lvoye. que mondit siMuneur de Sa voye tenist la promesse qu'il avilit faille au Roy ttiurliant le fait desiliz nobles; et â celle fuix n'entra frueres avant en la malien*, mais seulement lenUon pour savoir s<m vouloir.

Et, deux jours après, il qui parle se tira devers ledit chaiiee* lier et cnntiima souvent d*\ aler de la en avant, en parlant ton»jour^ do la malien*: et W trouva en Ihmi propns. ei»mme û lu -^endiloil, el telenient qu'ils ouvrirent entre euk les moiens |Nun' at'coinpjjr la pnmiesse faicte (tar monseigneur de Sa««iye au Rov. qui fun'nl tel/ que on femit que monilil sei»rneur de S'i\o\eesliniil>i\ honunes: tro> s clercs, c'esl assavoir, re\esifque de Losanne. et messire Antlioine Piochet, diantre de tiene^e^

1 JiMii (II* (•rnlfi', (TfttM ili' Miintji>ui en I>«U|»hiBé.

*. l'haiilrr *•! rlunniiM' ili- 1 V^li*^ «le Onevr. duol il fol oa 4n tailftii <* n ntntutitrr de Vtglne calkèdrale âe Saimi-Ptmtt 4ê Cw^t», |i«r AUirrt Sura^iD. Gfnr^e, l(iii2. à U Ubk.)

et maistre Martin Lefranc, prevost de Losanne, et trois chevaliers, c'est assavoir^ messire Pierre de la Balme, messire Jehan de Vammarques et messire Jehan Duffres, lesquelz dévoient conseiller loyaument à monseigneur de Savoye ce qu'il devoit fisûre pour acomplir la promesse qu'il avoit faite au Roy. Et ledit chancelier et il qui parle y dévoient tenir la main à part et faire que mondit seigneur de Savoye fust content de commettre les dessusdits.

Et, ung jour entre les autres, il qui parle estant avecque ledit chancelier et parlant de ceste matière, ledit chancelier entra en paroles de monseigneur le Daulphin et lui dist que monseigneur le Daulphin Tavoit menacé le faire tuer, et pareillement il qui parle, pour ce qu'il voloit dire que on avoit conduit monseigneur de Savoye à venir devers le Roy -, ausquelles paroles il qui parle respondit audit chancellier telz motz ou semblables en substance : « Dea ! monseigneur « a grant tort ; car nous n'avons rien fait qui ne soit à son « prouffît et avantage, s'il le scet entendre. » Et outre lui dist telz motz : « Monseigneur le chancellier, ne vous soussiez de c cecy ; mais faictes que le Roy soit bien content de monseigneur c et que monseigneur Liegne au Roy ce qu'il lui a promis, tant « au fait de ces nobles que autrement, et que ses ambaxadeurs c s*en voissent contens et au surplus que monseigneur se con- « duise tout par le Roy *, et, en ce faisant, mondit seigneur ne « pourra trébucher et n'y aura homme, quel qu'il soit, qui lui « ose faire desplaisir ne mettre (?) à pié de ses serviteurs; et « que vous, qui avez la justice en main, tenez la main à ce « faire et que bien souvent vous escriviez et faciez savoir toutes c bonnes nouvelles au Roy, en vous monstrant son bon et loyal « serviteur; et, en ce faisant, je me faiz bien fort que le Roy ne c vous fauldra de riens et vous garentira de tout le monde. Et c en oultre, quant mondit seigneur de Savoye se vouldra ainsi « gouverner, il n'y aura homme du monde, quel qu'il soit, qui « lui ose riens demander, prince ne autre. Et savez quelle puis- « sance le Roy a ; et vous asseure que, quant il a promis une « chose, il la veult tenir; et pareillement veult-ilque on liegoe « ce que on lui promect. »

Et oultre dist audit chancellier, en parlant de monsdgneur

376 PIÈCES JUSTIFICATIVB8.

le Daulphin, que mondit seigneur le Daulphin entendoil mal son cas et que la faulte venoit d^aucunes gens qu'il avoit entour lui; et y avolt de mechans gens en ce royaume qui lui fkisoieot savoir beaucoup de mensonges, que pleust à Dieu que le Roy les cogneust bien.

Et sont les choses dessus escriptes en effect toutes les paroles qu'il qui parle a eues avec ledit de Valpergue, chancelier de Savoye.

Interrogué se particulièrement il a point parlé audit chanedlier de Savoye de monseigneur l'admirai, dit, par le même serement qu*il a fait, qu'il n'a point de souvenance qu'il lui eo ait parlé et, s'il lui en a parlé, ce a esté pour l'argent que monseigneur de Savoye avoit promis à monseigneur de Villequier, monseigneur Tadmiral et monseigneur le grant maistre.

Interrogué qui Ta meu dire au chancelier de monseigneur de Savoye que mondit seigneur Tadmiral faisoit savoir à monseigneur le Daulphin plusieurs choses et que, se ledit cbancellier povoit trouver façon de lui bailler une des lettres dudit admirai, par le moien de Jacques de Ghalen, ledit qui parle feroît donner pension audit cbancellier de c frans tous les moys et une des meilleures places dudit admirai, dit, par son serement, que oncques il ne dist audit cbancellier les paroles dessusdietes, et que ce sont choses contraires.

Interrogué s'il a point dit audit chancelier de Savoye que le Koy et monseigneur le Daulphin estoient mal contens de lui, dit t]uc non ; mais, pour monstrer le contraire, il qui parle porUi lettres du Roy audit chancelier bien gratieuses, afln qu'il n'cmpeschast le fait des nobles que le Roy poursuivolt; et a par devers lui la response que ledit chancelier fit auxdictes lettres, lesquelles le Roy lui a baillé à garder.

Et après a dit il qui parle que ledit chancelier a conceu grant liaYiuie à rencontre de lui et s'est vanté que, avant qu'il ftist fruoros, il feroiL copper deux testes-, et a esté advertî par lettres el (lulrement que ledit cbancellier entendoit de il qui parle. Et reciuiert que à ccste Vm soient examinez maistre Pierre d'Ennessye et le petit trésorier d'Avranches. Et dit oultre que ledit chancelier â cuidé brouiller lui qui parle tant en Tostel du Roy que de monseigneur de Savoye et que les paroles que ledit

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ebanoelier dit il qui parle lui avoir dictes touchent son honneur; et que, s*il les vouloit maintenir, il est prestet appareillé de lui monstrer et faire dire le contraire ainsi qu'il appartient fkire à ung gentilhomme.

Tours ^ 49 janvier ^454. — Déposition de Jean Ttuieri, conseiller et maître des requêtes, sur les affaires de Savoie. (Bibl. nat., ms. fr. 48983, p. 47. Copie du temps ^)

Le xix* jour de janvier Tan mil CCCC LUI, à Tours, monseigneur le chancelier interrogua par serement maistre Jehan Tudert, conseiller et maistre des requestes ordinaire de Tostel du Roy, en la présence de moy, Adam Rolant, secrétaire dudit seigneur, sur ce qu'il avoil à dire, à monseigneur de Savoye et autres, touchant les obligacions qu'il avoit faictes à Lyon, lequel dit que, ou moys de juillet dernier passé ou environ, il fut envoyé, par l'ordonnance et commandement du Roy, devers monseigneur de Savoye, pour le fait des nobles qui ont esté banniz des pays de Savoye. Et, lui estant en la ville de Genève, en Tostel des GordeUiers, où estoit logé ledit monseigneur de Savoye, après ce que ledit déposant eut dit sa créance à mondit seigneur de Savoye touchant sa charge, pour ce que mondit seigneur de Savoye delayoil aucunement faire et accomplir ce qu'il avoit promis au Roy à Clepié par une cedule signée de son seing manuel, après plusieurs remonstrances que ledit déposant flst audit monseigneur de Savoye d'acomplir le contenu en sadicte cedule, mondit seigneur de Savoye respondi, entre autres paroles, les motz qui s'ensuivent, en adreçant ses paroUes à icellui déposant : « Vous savez bien que les princes ne doivent « point tenir leurs promesses. Et aussy la cedule que j'ay « baillée au Roy, je la feiz par force ; et le scet bien mon cousin « ou le cardinal d'Estouteville. » Et avecques ce dist lors audit déposant que, au regart des obligations qu'il avoit passées à

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