‹ Le JouvencelChapitre 120 sur 184 · Voy. plus haut la note en tête de la pièce XXXIV · texte numérisé non relu

Voy. plus haut la note en tête de la pièce XXXIV

378 PIÈCES jusTincATnrBS.

Lyon, qu'il les passa par force; car monseigoeur radmirald feu monseigneur le grant maistre luy disdrent qu'il n*yroit poiol devers le Roy, sinon qu'il passast lesdiles obligations, ei. pour le désir qu'il avoil d'aler devers le Roy et besongner avacqua luy, pour se ganJcr de domaige, qu'il fut contraint les passer-, et croioit que, se le Roy savoil qu'elles eussent esté pass^ en celle manière, qu'il n'en seroit pas content. Ausquelles paroles louchant lesdiles ohligacions passées à Lyon, le déposant ne fist pas do response à niondit seigneur de Savoye, pour œ qnll n'en avoil point de charge; mais, louchant la œdule et oblîgicion que mondit seigneur de Savoye Qst au Roy, ledit déposant disl plusieurs raisons au contraire audit monseigneur de Savoye, cl depuis les a dictes au Roy.

Disl oultre que, lui estant à Genève, certains jours après ks choses dossusdiclo^ «i lui dictes par mondit seigneur de Savoye, il oy dire à messeigneurs Pierre de la Baime, lors principal euo* seiller de mondit seiirn(>ur de Savoye, maistre Pierre d^Booessye, son secrétaire, estant de présent en ceste ville a diverses foiz et en l'absence l'un de l'autre^ et pareillement, comme il hiî semble, à maistre Martin Le Franc, que a*ux qui avoient passé les obligacions faictes à Lyon, estoient excommeniez, et que le Roy ne devoit p«'is soutrrir que, par teU gens oomme estoent cculx à qui l'argent contenu èsdictcs obligations estoit deu. que niondit s(>igneur de Savoye Tust rançonné, quant il en seroit advcrty. A quoy b^lit déposant respoiidi qu1l congnoisaoit bicQ ceulx a (|ui Targent esloil deu et qu'ilz n*estoient pas reooinniei no lolz qu'il/ voulsissenl rana)nnor monseigneur de Savoye. cC que nions4M^'neur de Savoye n'avoil pas pas^é ces rbosrs sios conseil, et que, s'il afoit aucune chose promis, il bilk>ît quil fusl |»a}é, HMH' plusieurs autres {laroles, desquelles n'est reeors.

Disl aus^i linill depos.'inl qu'il a oy dire, en ladite ville de Geiievis a Pierre di* HaucourU escuier, stTviteur de monseigneur de Torry. que aucuns des grns de monseigneur de Savoye, lesquels il lui nomma lurs imais il n'en est fias bien mon), lui avoitMit dit des paroles, louchant lesdictes obligadonsfaidai n Lyon, semblables en efTecI et substances à celles qui loi avoient esté dictes et dont ci-dessus est bicle roeocion.

PIÈCES JUSTinCAITVES. 379

Timn^ \K janvier 4454. — Déposition de Jacques de Bueil, écuyer de Savoye, concernant les affaires de ce pays, présent r amiral de Bueil*, (Bibl. nal., ms. fr. 48983, p. 54. Copie du temps. Papier.)

Jacques de Beuil, escuier du pais de Savoie, a dil à monseigneur le Chancelier, présent monseigneur Tadmiral, que le chancelier de Savoye et ieelui Jacques, son frère (car ledit chancelier de Savoye a espousé sa suer) ^ ; et que dernièrement, quant il vint de par deçà, il apporta audit monseigneur Tadmiral lettres de créance de par ledit chancelier de Savoye, laquelle créance estoit en effect. Et dist que Jehan d'Amency s'estoit puis aucun temps trouvé avec ledit chancellier de Savoye et lui avoit dit que monseigneur le Daulphin estoit très mal content de lui. A quoy ledit chancelier avoit respondu que c'estoit à tort et sans cause et que jamais il n'avoit fait chose pourquoy mondit seigneur deust estre mal content de lui ; et creoit que mondit seigneur, bienadvisé, neseroit point mal content de lui. Et lors ledit d'Amancy lui va dire que, par Dieu! le Roy estoit aussi mal content de lui ; dont ledit chancellier de Savoye respondi comme par manière de admiracion : « Hé ! se le Roy et c monseigneur le Daulphin sont mal conlens de moy, je ne me « sauroye où cacher, se je ne me boute en une cave. » Et lors ledit d'Amancy lui va dire que, par Dieu! s'il vouloit, il feroit bien tant que le Uoy seroit content de luy et si lui feroit donner c frans de pension par mois. A quoy ledit chancellier respondit qu'il avoit bon maistre et que, tant qu'il feust en son service, il n'auroit ne prendroit pension d'autres. Et lors ledit d'Amancy lui dit de telles paroUes en substance : « 11 ne fault point tant « regarder à son honneur ; laissons ces honneurs derrière ; il « fait bon faire son proffît quant len peut; » en lui disant oultre que mondit seigneur Tadmiral avoit bonne auctorité et

Page 1