‹ Le JouvencelChapitre 15 sur 184 · Var. : « et les approuches faictes. • B. Éd. Lenoir · texte numérisé non relu

Var. : « et les approuches faictes. • B. Éd. Lenoir

L£. JOUYENGEL. 57

c hommes n'ont mye mort seulement par armes, c mais par feu et par eaue périssent et, sans povoir c ftiir ne gauchir S ilz sont souventeffoys tous vifz et c sains livrez à estre pasture aux poissons. Là sont € traittes flesches ardantes enveloppées d'estouppes, c de poix et d'uille, souvent et menu; par quoy les € ais des vesseaulx, qui sont de bois secq et toutes c oinctes de poix, se alument de legier. Ainsi les ungs c périssent par fer; aultres sont airs, aultres conc traints de sallir en Teaue sans nulle merci et par c ces voyes périssent diversement plusieurs qui en c mer se combatent, qui moult est chose aigre et € piteuse.

Ici dit des provisions qu'il convient sur mer.

c Âprez, [il dit] des garnisons qu'il fault à gens qui en armes vont sur mer. Gombatteurs en mer doivent estre garniz de vaisseaulx plains de poix noire, de raisiné, de souffre et d'huylle et tout ce confit ensemble, enveloppé en estouppes; et ces vaisseaulx alumez et embrasez doit-on lancer es nefz et gallées des ennemiz, et tantost est temps de les assaillir fort, afïin que loysir n'ayent d'estaindre le feu. Et est assavoir qu'il est une manière de faire et composer certain feu, lequel aucuns appellent feu grec. Pour ce peult-il ainsi estre appelle : car trouvé fut par les Grecz estans au siège devant Troye, ainsi que dient aucuns. Gelluy feu art, meismement en eaue, pierres, fer et toutes choses brouist, ne estre ne peut estaint fors par certaines mistions que on fait

i. 8e détourner, esquiver. — Var. : « férir. » B. D.

LE JOUVINGEL.

à restaindre, mais par eaue non. Aussi se font certaines poisons si fortes et tant mortelles que fer qui en fust touché et puis entrast ou corps de Tomme jusques au sang sans plus, seroit playe mortelle. Mais comme telle chose à faire et enseigner, pour les maulx qui s'en pourroyent ensuir, sont de£Pendues et excommuniées, n'est bon d'en mettre en livres ne plus plainement en reciter, pour ce que à chrestien n'est loisible de user de telles inhumanitez qui meismement sont contre tout droit de guerre.

c Item, ceulx qui se conibatent doivent tousjours à leur povoir tendre à mettre leurs ennemiz vers terre et eulx tenir en la parfonde mer. item au mast de la nef doit avoir fort attachié un tref, lequel soit ferré de l'une part et de l'autre, et là miz par tel engin que on le puisse haulcer et abaisser et en ferir grans coups, qui viennent hurter contre la nef des ennemiz; et, par ce, peut estre despeciée; si peult servir comme le mouton dessus dit^ item ayent foyson de sayettes à large fer, qui soient traictes ou voille et percie^ tellement qui le deschireront qu'il ne pourra vent retenir ; si ne pourront avant aller. Item leur est besoing [d'jung fer courbé comme une faucille, bien long, trenchant, atachié en lieu convenable, dont ilz trencheront les cordes qui servent à la nef. Item, si on se voit le plus fort, on doibt atachier sa nef à celle de ses adversaires à bons

i. Cette machine n'était plus employée depuis longtemps au XV* siècle sur les vaisseaux ; mais Jean de Bueil, copiant Végôce, en conseille l'emploi.

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