‹ Le JouvencelChapitre 16 sur 184 · Perche ou vergue. Voy. Ducange, au mot Perehia · texte numérisé non relu

Perche ou vergue. Voy. Ducange, au mot Perehia

LE JOUVENGEL. 59

crocz de fer, affin que fuir ne puissent ne escbapper. Item est bon avoir grans garnisons de pots plains de mol savon, lesquelz, gettez et brisez dedans la nef des ennemiz, ne les souffrent soustenir en piez, tant fort y glisse ; si chéent en Feaue ceulx qui vers les bors sont ^ . Et semblablement sont bons à y lancer pots plains de chaulx vive en pouldre, qui, au briser, leur emplist les yeulx et bouche si fort que à peine pevent veoir Tun l'autre^. Item, avecques ce, doivent estre garniz de certains hommes duitz et apriz de plunger en Teaue et à longue alaine eulx y tenir, lesquieulx, tandiz que dure la bataille, voisent soubz l'eaue à bonnes grosses tarières percer la nef, si que Teaue y entre de toutes parts. Item grosses pierres à foison et fer trenchans y doivent estre lancez et toutes choses par quoy on puist desrompre la nef tout le plus que Ten peult. Aprez lesquelles choses puis user des propres motz dudit Vegece en la fin de son livre , ainsi disant : c Je croy que desormaiz puis taire de la discipline des armées; car, en ces choses, la coustume et usaige treuvent souvent plus d'art et de nouvelles choses que Tandenne doctrine n'en a demonstré ^ . »

i. V&r. : t lesquelz leur fault getter et briser dedans la nef, et par ce, nul, tant soit fort, ne se pourra soustenir droit ne en pié, mais conviendra qu'ilz chaient en Teau, s'ilz ne tiennent aux mains à quelque chose. » Éd. Vérard et Lenoir.

2. Var. : c qui est pour troubler Tair et remplir la bouche et les yeulx des ennemis, si qu'ilz ne pevent riens voir. • Id.

3. Tout ce qui précède depuis le commencement du chapitre ett emprunté à Végèce. Il ne faut pas prendre comme le tableau fidèle de ce qui se passait au xv« siècle tout ce que dit Jean de Bueil sur la manière de combattre et les armes employées dans les batailles navales. La plupart du temps, il traduit Végèce et

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Ici est faicte une narracion de soy contenir

en bataille.

Âprez la recitation des enseignements de Yegece, monseigneur de Ghamblay dit au Jouvencel : c Le Roy c nous a baillié ung petit mémorial en quoy sont conc tenues en brief plusieurs batailles perdues et gai- € gnées et les causes pourquoy en son entendement, c et trois motz que dirent trois notables cappitaines c pour tousjours avertir. S'il vous plaist, vous les orrez c lire. » Le Jouvencel respondist : c Monseigneur de € Ghamblay, je remercie très humblement le Roy et € vous prie que je oye tout pour apprendre. > Sur ce, monseigneur de Ghamblay appela ung secrétaire du Roy, nommé maistre Guiet, et lui dist : € Lisez ce mémorial . » Ainsi commença maistre Guyet : c II y eust ung notable chevalier, nommé messire Loys de Sancerre, connestable de France ^ qui disoit tousjours à ses gens, quant ilz alloient à la guerre : Enfans, gaignez bel et perdez bel »; c'est à dire que, en quelque estât que ung homme se treuve, il doit tousjours faire son honneur. — Ung autre bon cappitaine, nommé La Hire^, disoit à ung de ses disciples : c Se tu veulx te garder de n'avoir jamaiz paour, garde que tu soyes tousjours à frapper les premiers coups » ; car on prinse moings les choses

présente seulement comme des conseils bons à suivre ce que dit cet auteur sur les machines et les armes usitées de son temps.

1. En marge dans le ms. A : « Nota. » — Louis de Sancerre, né vers 1342, fut nommé maréchal de France en 1369 et connétable en 1397. Il mourut en 1402 et fut enterré à Saint-Denis.

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