‹ Le JouvencelChapitre 20 sur 184 · Var. : f comme deux loups espargnerent. » A · texte numérisé non relu

Var. : f comme deux loups espargnerent. » A

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pondit que le bon chevalier ne doit pas robber ses subgectz ne apouvrir , mais les doit garder et nourrir. Et par ainsi appert que le noble estât de chevalerie se doit gouverner justement, c Et y pour ce y le Roy vous fait advertir par moy que soyez songneux et diligent de servir et amer Dieu, de faire obéissance à l'Eglise, de entretenir et nourrir vostre peuple et subgectz en paix et en tranquil- Uté, que soyez virille et courraigeux pour le peuple et l'Eglise deffendre, au peuple piteux et misericors, large et habandonné envers tous. Se ainsi le faictes, vous aurez l'amour de Dieu et ferez le plaisir du Roy et serez en sa grâce, le peuple vivra en paix, en grant prospérité et tranquillité. Et ainsi le doit faire tout noble et bon chevalier et tous aultres suyvans la guerre soubz Testât de chevalerie, lequel est ordonné en cestuy corps mistique pour deffendre la foy et la loy de Dieu et Testât de TEglise, lequel nous est donné à entendre par le chief, ainsi que dit est. Aussi doivent deffendre, conserver, garder et entretenir en paix leurs subgectz, qui sont bourgeoys, marchans et laboureurs, ainsi que voyons par expérience ou corps humain que les bras, qui sont ou millieu du corps, defiendent le chief, duquel ilz prennent influence et leur nourrissement ; aussi pareillement defiendent les autres membres inferiores. Et par ainsi appert que Testât de noblesse et de chevalerie nous est donné à entendre par les bras. Et cecy suffit pour la seconde partie de nostre propos et coUacion, laquelle partie fait mencion de Testât de noblesse et de chevalerie, c Pour donner fin à nostre collacion et propoz.

declairées les deux premières parties de oesbij corps mistique, je viens à declairer la tieroe partie, laquelle parle des parties inferiores, qui soot les cuisses, les jambes et les piedz ; par lesquelles parties je entens les bourgeoiz, marchans et laboureurs. Et, ainsi que lesdîctes parties soustiennent les principaulx membres du corps et sont obéissans à por^ ter le corps partout où la vouUenté se adonne, ainsi les bourgeoys, marchans et laboureurs doivent soustenir Testât de l'Eglise, lequel est ordonné pour Tadministracion du bien spirituel, et Testât de noblesse et de chevalerie, qui est ordonné pour conserver, garder et deffendre tant Tesperitualité que la temporalité.

c Et doivent lesdis bourgeoys, marchans et laboureurs estre obéissans à leurs seigneurs, tant spirituelz que temporeiz. Et de ceste obéissance avons exemple comme monseigneur sainct Pol escripvoit aux Rommains en les exhortant quMlz feussent subgeciz et obéissans. Et ne doivent les dessus diz detraire ne murmurer contre leurs seigneurs souverains et ne doivent vouUoir entreprendre sur eux. Car, pour ceste cause, plusieurs des enfans de Israël furent occiz par Tordonnance de Dieu, comme avons escript ou livre des Nombres, en xi^ et xn^ diappitres. Et aussi lisons pareillement que la seur de Moyse, nommée Marie, pour ce qu'elle avoit murmuré contre son frère, lequel estoit prince et chevalier pour conduire et deffendre le peuple de Dieu, devint ladre et fut séparée par Tordonnance de Dieu d'avecques le peuple et éjectée et boutée hors des chasteaulx où habitoient les enfans d'Israël,

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€ Boui^eois, marchans et laboureurs doivent à Dieu et à FEglise et à leurs seigneurs vraye obéissance et honneur et se doivent entretenir envers leurs seigneurs en toute loyaulté, en leur bouche et en leur pardle et promesse doivent tenir vérité, en tous leurs fiûs doivent avoir diligence et finablement en tous leurs affaires et neccessitez et adversités dcNvent avoir padence, par laquelle ilz pevent victoire acquérir et à k gloire de paradis parvenir, c Prions à icellui Dieu, qui est vray juge, père de miséricorde et de consoladon, qu'il vueille cestuy corps mistique conseillier, nourrir, deffendre et diriger finablement à la vie éternelle, à laquelle nous vueille conduire le Père, le Filz et le Saint Esperit. Amen^ >

CHAPPITRE XIX.

Cemment, après que le Jouvencel eut auy les beaulx enseignemens des trois personnes dessus nomméez que le Roy luy dvoit envoyéez^ assembla ses cappitaines et compaignons de guerre et leur devisa des armes et delà noblesse qu'on y acquiert^ et après les

I. Les deux éditions de Vérard (1493) et de Lenoir (1529) s'arrêtent à la fin de ce chapitre. — Dans celle de Vérard vient ensuite la table de la première partie du Jouvencel et des dix-huit chapitres publiés de la seconde. Puis se trouve la note suivante : c Gy finist le Jouvencel, imprimé à Paris le xxvii* jour de mars mil quatre cent nn vingi et treze par Antoine Vérard, libraire, demeurant à Paris sur le pont Nostre-Dame, à l'image saint Jehan i'Evangéliste, ou au Palais, au premier pilier devant la chapelle où on chante la messe de messeigneurs les présidons. » Voy. tome I, p. cccxxx.

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exhorta quHh feissent une course es païs que posse^ dotent leurs ennemys^ lesqueh en furent très contens; et partirent grant nombre de gens bien en point A chevauchèrent jusques à une grosse ville champestre^ laquelle ilzprindrent par force et là où Hz gaignerent grant butin et de bons prisonny ers j dont se esmeurent grans débats.

Âprez que maistre Nicolle, monseigneur de Ghamblay et monseigneur maistre Jehan Bienassiz eurent fait leur embaxade, qui bien et notablement se estoient acquittez, ainsi que chargé leur estoit et qu^ilz le savoient bien faire, le Jouvence! se retira et envoya quérir le cappitaine de Grathor ^ et aultres de ses conipaignons et, devisant avec eulx, leur dit : c Messeic gneurs, nous avons ouy ce qu'il a pieu au Roy nous c mander par ces trois notables hommes qui sont ici c venuz, maistre Nycolle, monseigneur de Ghamblay et c monseigneur maistre Jehan Bienassiz, qui ont gran- € dément parlé à tous les estaz du payz, premièrement c à messeigneurs de TEglise, et à messeigneurs les c nobles et au commung. Je croy que chascun estât € se y acquictera. Et, pour ce, entre nous (sic), pouvres c souldoyers, qui sommes de Testât des nobles et c nobles de lignée la pluspart ; et ceulx qui ne sont c nobles de lignée, le sont par exercice et mestier des € armes, qu'ilz suyvent, qui est noble de soy-mesme. € Et vous dy que le harnoys est de telle noblesse que, c depuis que ung homme d'armes ^ a le bacinet en la

4. En marge dans le ms. A : c Qui est à entendre Guillaume de Bressay. i

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