Var. : c jialloys. » B
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car il veoit que par son chastel il estoit perdu. Or ne povoit-il hat^ndonner la ville ; car, a il reuathabaodoiH née, il n'eust pas logié tout son peuple dedans le rhaa tel ne n'y eust sceu ne peu vivre, et eust fallu qo^l feust cheu de tous poins en la subjection de ses eon»* myz. Ainsi trouva en son conseil qu'il lui vaiUoit mieufat rendre la ville et le chastel tout ensemble. Et fiit traictié et composicion et s'en alla hors du payi, comme fist le duc de Sombresset. Et, en peu de temps aprez, le payz fut tout conquiz et n'y eust plus de resi^ tence. Lie Roy luy fist bailler son sauf conduit, et pua le fist venir devers luy ; et il lui fist la reverance. Et le Roy le reçeust moult honnourablement et lui diat : Beau cousin, vous vous estes bien deffendu et D*a pas tenu à vous que je n'aye mal fait mes besongnes. » Et le duc lui respondist : € Monseigneur, j'estoye teoQ de vous y donner encore plus d'empescfaement, ae j'eusse peu; mais la force vous est demourée; etauaai ung duc ne pourroit contre ung roy. > — c Dea! beau cousin, dist le Roy, vous aviez ung roy à voatre ayde. > — c II est vray, Monseigneur, dist le duc; mais Dieu a voullu qu'il en soit allé ainsi. > — Vrayement, dist le Roy, à dire la vérité, voua avei esté mal secouru. Or ça, beau cousin, adviaet que avez à besongner ; car je vous vueil bien faire plaisir. » — € Grant mercy, Monseigneur, dit le duc. S*il vous plaist, vous nous en envojrrez et nous baillerez gens pour nous conduire seurement; car ne vous faisons que ennuy et charge ; et aussi avons grant désir d'estre devers nostre maistre pour savoir quel recueil il nous fera. »
Ainsi le Roy ordonna ung bien notable chevalier
152 LE iOUYENCEL.
leur estai. Et le chevalier lui en fiât très bon rapport et loua fort le duc en disant qu'il estoit ung saige seigneur et très notable. Et le Roy luy respondist c^ tel Tavoitril trouvé '. Puis le Roy lui dist : c Que ferona-
1. Cetto prise du Gap doit être le récit déguisé de la prias da Rouen par Charles VII ou plutôt de celle de Caen, une dea der> nières places que le duc de Bommerset posséda en Normaodia en t450. Nous allons tâcher de le prouver en identifiant les différents faits du siège do Gap à ceux du siège de Gaen, d'aprèa Kaa récits des chroniqueurs. — Jean de Bueil nous dit que toutea Kaa villes qui environnaient Gap avaient été prises par le Roi aTaol qu'il assiégeât cette place; de même, Charles VII avait €ûl prendre Ilarfleur, Ilonfleur, Bayeux (cooune le dit Jean de Bueil lui-môme dans son n*sumé de la campagne de Normandie, plut haut, p. i48), Vire, Valognes, Falaise, Avranches, daint-Sauveur-le- Vicomte, avant d'assiéger Gaen (Jean Chartier, ch. ccxn, cGXv, (xxvij, (M'.xx, ccxxi, ccxxiii, (XXXVI ; — Rohert Blondel, ùt reductione Normannie, 1. III, ch. xx-xxi ; 1. IV, cb. ii, xvi, xvni:
— IL'raut Berry; — Math. d'Escouchy, ch. xu: — Th. Basin, Charles VII, 1. IV, ch. xxii, xxiv, xxvi; — J. du Glercq, I. I, ch. xxi-xxni, XXV, xxvi, etc.): — A Cap, le duc Baudoin avait devant lui trois sièges ; Gaen était assiégé de trois c6téa : par Richemont, campt* à l'ahbaye de Aaint-Étienne ; par DuDoia, établi au faulniurg de Vaust^ellet^, et par les comtes d'Eu, d» Nevcrs et de Bueil, logi^s à l'abbaye de la Trinité. — Quand la duc Baudoin vit que l'assaut allait être donné, il te décida 4 entrer en pouqiarlers ; de même, à Gaen, Bommerset atteudil jus4|u*à ce moment pour rendre la ville. — Bommerset était accompagné de «a femme et le duc Baudoin de la sienne. — A Gaen, le traité fiorta que Sommertiet et la garnison sa retir»> raient avec armos et Imgages en Angleterre; à Cap, la duc Baudoin et son soldats s'en vont vers leur roi avec ce qu'ils potsèdent. Bien plu», Jean de Bueil écrit cette phrase qui montra claireuiiMit l'idenlitc des deux faits : • Kt [le duc Baudoin] fitt traité et <*omiM)!iiriuii f»t s'en alla hors du {nivs, rommê /bl l# ém de Somhrfsift » (cf. J. Cbartier, rh. ccxxvii; — Héraut Barry;
— Ro)»ert Blondel, De reductionnt Sormannie, 1. IV, ch. xii*ii;
— J. du Clen:q, 1. 1, rh. xxvn; —Th. Basin, Charlea VU, 1. IV, rh. xxv; — Matthieu d'FNcouchy, ch. xlv; etc.). Devint
LE iOUVENGEL. 153
c nous de noz gens d'armes? > Le chevalier respondist : c Sire, il les fault envoyer en quelque estrange c payz sercbier aucune bonne querelle et en bailler la c conduicte au Jouvencel ; et il y a beaucoup des cap- € pitaines du duc Baudouin qui iront voullentiers € avecque lui ; car ilz m'en ont parlé. > Et le Roy dist : € C'est bien dit. Il fault tenir conseil sur ce et le plus € tost qu'on pourra. Et vrayement je mettray demain c la chose en termes, se Dieu plaist. > Ainsi passa le Roy ceste serée en devisant avecques le chevalier et plusieurs aultres du duc Baudouin et de son armée en plusieurs plaisans parolles. Il a voit gaigné sa question; ainsi il en parloit plus plaisamment.
CHAPPITRE XXV.
Comment le Roy guerdonna ses cappitaines et gens alarmes et principallement au Jouvencel, lequel il maria à la fille du roy Amydas, son cousin; puis renvoya, lui et toute son armée, au royaume d^Amydoine pour le conquester et mettre en l'obéissance de son dit cousin le roy Amydas.
Le lendemain au matin, aprez la messe, le Roy tint conseil, là où fut la pluspart des seigneurs de son sang et ceulx de son grant conseil ; et présida le conte de Parvanchières par le commandement du Roy, pour ce que c'estoit matière de guerre, et demanda par ordre à tous et premièrement au Chancelier^ pour ce qu'il
telle similitude de détails, il est difficile de ne pas reconnaître que Jean de Bueil a voulu faire le récit de la prise de Gaen. i. Var. : « au Chancelier et à moy. • B.
154 LB iOUVBNCEL.
estoit très notable bonune et savoit bien ouvrir une matière, et lui dist : c Monseigneur le ChanoeUer, puisque vous me demandez et que le plaisir du Boy est que je préside en ceste matière, je vous demande; car je scay bien que vous nous ouvrerez doz esperiz. Et, pour ce que le plaisir du Roy est que je préside et je dye la matière, combien que vous Teo» tendez mieulx que moy, je la diray, et puis voos direz vostre oppinion.
c La matière si est que le Roy, nostre souverain seigneur qui est icy, veult mettre sa seigneurie el son royaulme en paix et que tous puissent vivre en justice sans violence soubz lui ; car le royaume a assez souffert et eu peines^ Et les causes pourquc^ il a exposé son corps, sa vie et la vie de tous ses bons et loyaulx subjectz, ce a esté principaUemeot pour la chose publique du royaume, plus que pour ses revenues ne pour son cas particulier. Il veult i son |)ovoir rendre guerdon à tous ceuU à qui il est tenu. Véez-cy tant de vaillans gens qui ont tant travciliié |)our la chose publique de ce royaulme et y ont tant de foys exposé leur vie, dont beaucoup sont demeurez en la poursuite; et cculx qui n*y sont demourez, si ontrilz abrégiez leurs jours* et ont mis leur corps en doulleurs, comme de gouttes ou autres maulx, qu'ilz sentent tous les jours et senti* ront toute leur vie; encore plus, la pluspart n*ont (|ue mengier. Pourquoy le Roy et le royaulme sont tenuz et obligez de vrayeel loyale debtedeles pour* veoir. Et, pour ce, le Roy, nostre souverain seigneur,