‹ Le JouvencelChapitre 39 sur 184 · Var. : t d«pênce. » P · texte numérisé non relu

Var. : t d«pênce. » P

i. Var. : « obligiex Jeun viat. • B.

LE iOUYEIfCEL. 155

veuH savoir Toppinion de tous messeigneurs qui sont icy, comment il les pourverra. El^ s'il vous plaist, Monseigneur le Gbancellier, vous en direz le premier; car vous avez veu et congneu tous les faiz du Roy et du royaume et entendez bien ce que le Roy et le royaulme y peut faire. >

c Monseigneur, dist le Gbancellier^ il n'y a icy cellui de tous messeigneurs qui ne soit plus entendu en toutes choses que moy et qui ne sceust et peust mieulx parler de ceste matière et de toutes aultres que je ne feroye. Mais, puisque vous commandez que je parle, je parleray; car à moy ne à aultre ne s'appartient de soy excuser ou conseil du Roy, quant on lui en demande; et fault que cbascun die ce qu'il scel. Monseigneur, pour vous dire ce que je puis ooDgnoistre en ceste matière, le Roy, nostre souverain seigneur, désire faire son devoir à la cbose publique du royaume et à messeigneurs de la guerre, qui si grandement et notablement l'ont servi, conune cbascun scet, et à qui il est tant tenu. Et, pour pourveoir à la cbose publique de son royaulme, c'est de bien pourveoir ses gens d'armes; car, en les pourveant bien, il pourvoit à toute la cbose publique. Premièrement, il monstre qu'il n'est point ingrat ; pourquoy diascun aura tousjours meilleur cuer et bon voulloir de le servir; et en les pourveant il fera son devoir. La manière de bien les pourveoir, c'est de leur donner excercice, par quoy ilz n'oublient point les armes, et qu'ilz puissent avoir leur vie bonnestement et bonnorablement. Il leur fault tousjours quérir excercice et guerre pour leur vie bonneste et honorable ; il fault faire de mesme terre le fossé, et que à la guerre

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c ilz vivent. Ainsi, Monseigneur, je dy que pour bien c pourveoir ces vaillans gens, qui si grandement ont c servi, il leur fault baillier bon chief et leur quérir c aucune bonne et juste querelle pour remettre aucun c bon et notable seigneur en sa seigneurie, si aucun la c luy occuppe ; dont je sçay que [vous] trouvères bien, c Car il appartient aux roys de soustenir droicture et c justice et de remettre les aultres roys et priDces en c leurs vrayes et justes possessions, quant on leur en c tient à tort. Et, s'ilz voient faire tort ou injustice à c quelque personne que ce soit, soit grande ou petite, € ilz sont obligez de les soustenir et persévérer leur c droit à leur povoir et, s'il y a aucun subject qui smt c desobéissant à son roy ou à son seigneur, de le lui € faire obéir. Et, pour ce, je dy que le Roy ne peult

< mieux pourveoir ses bons souldoyers, qui loyaument c l'ont servi, que de monseigneur le gouverneur de c ce payz, que on appelle le Jouvencel ; car par ce nom

< il est mieux cogneu que par autre ; et, pour ce, ainsi

< Tay voulu nommer. Des biens qui sont en lui, je € n'en parleray plus, pour ce qu'il est présent. Des c partiz, on vous en ouvrera de bons et de justes; c mais ilz ne sont pas à dire pour ceste heure pour les c inconveniens qui en pourroient advenir. En les pourc veant de chief du Jouvencel, vous les pourvoyez <r très bien. En leur baillant une bonne grosse guerre <r bien fondée et à bon tiltre, ilz seront bien et hon- <r nourablement pourveuz de leur vie et feront tousc jours leur excercice ; car à gens d'armes est deSendu € le repoz. Par ce moyen le Roy pourvoit bien à tout c ce royaulme et donnera peine^, se Dieu plaist, assez

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