Var. : < parlé. » F
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c sire de Rocqueton, le Mareschal et Gervaise. Ilz sont c vielz et anciens; ilz vous ont bien servi avant que < je portasse oncques armes. Si je scay nul bien et c je vaulx riens, ilz en sont cause. Je vous pri et c supplie qu'il vous plaise leur donner estât de quoy € ilz vivent bonnourablement le surplus de leurs c jours ; car je ne vouldroye pas avoir tous les biens c de ce monde, par ainsi que aprez moi ilz demouc Fassent en neccessité. Se je ne les veoye bien pourc veuz, tout le bien que m'avez fait ne me proffiteroit c point. » Et, quant le Roy eust ouy le Jouvencel ainsi naturellement et bien parler pour ses amyz, il lui dist : c Jouvencel, vous m'avez fait beaucoup de grans et c bons services ; mais je vous scay meilleur gré de la c bonne amour et bonne nature que je voy que vous c avez à voz compaignons et amyz que de tous les € services que me feistes oncques. Et sachiez certaic nement que je les pourverray pour Tamour de vous c et pour les grans et bons^ services qu'ilz m'ont faiz € et aussi qu'ilz le vallent, tellement que vous et eux c en serez bien contens. » Adoncq le conte de Parvanchières parla et dist : c Sire, vous employrez bien le c bien que vous leur ferez; car ilz vallent ce que € quatre hommes pevent valloir. > Et dit plus oultre : € Sire, se c'estoit vostre plaisir que on les appellast € en vostre présence et que vous leur deissiez le bon c vouloir que vous avez à eulx, le Jouvencel en seroit c bien joyeux et eulx bien fort contens. » Et le Roy respondist : c Très vouUenliers. Faictes les venir. > Et le conte de Parvanchières fist saillir ung huissier qui les appella ; et tantost ilz vindrent et se getterent tous quatre à genoulx devant le Roy. Le Roy leur
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dist : c Vecy vostre bon amy le Jouvenoel qui s'en ya; et à son parlement m'a requiz pour toute diose que je vous ayme et face des biens, tellement que vous viviez honnorablement le surplus de voz jours; ce que je feray très voullentiers. Et vous tenez seun que je vous pourverray; car vous le valez de vos personnes et m'avez si bien secouru et servi qœ je seroye roy descongneu, se je ne vous congnoissoye ; et aussi c'est raison que la requeste de vostre amy vous vaille. » Et les quatre compaignons res-
pondirent au Roy : c Sire, nous vous remercions très humblement de la bonne souvenance que vous avei de nous. Nous n'eusmes oncques paour que vous nous obliissez et que vous ne nous feissiez des biens plus que nous ne valons. Et, la merci Dieu et vous! de ceste heure avons-nous bien de quoy vivre honnourablement en vostre service. Et, pour tous les biens de ce monde, nous ne vous voudrions requérir que une chose, c'est que nous ne départissions point d'avec nostre bon et loyal amy le Jouvenoel et que nous aillons en sa compaignie vivre et mourir et prendre tel bien ou tel mal que Dieu lai envoyra. » Et le Roy leur respondist : c J*ay ordonné vostre demeure, pour ce que je ne vueil pas desgarnyr mon royaume de gens de guerre et aussi que vous estes aagez et avez assez esprouvé vos personnes, et scet-on bien que vous valiez. Pourquoy il ne iault ja que vous aillez maintenant esprouvcr. Je vueil que vous demeurez et le vous commande. » Âdoncques^ les quatre compaignons
1. Ce qui suit jusqu'à la ligne 7 de la page 176 : c £t puis le Roy envoya, » etc., manque dans le ms. B.
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se prindrent si fort à plourer qu'ilz ne peurent mot dire au Roy; et le Jouvence! , pareillement sans mot dire, s'en partist de la chambre. Puis les quatre compaignons reprindrcnt leur parolle et dirent au Roy : € Sire, nous sommes voz povres subgectz et servic teurs, prestz d'obéir à vostre commandement ; mais c le département du Jouvencel et de nous nous est si c dur que nous ne le povons porter. Et, pour Dieu! c pardonnez nous. » Âdoncques le conte de Parvandbières print la parolle et dist au Roy : c Sire, donc nez leur congié pour meshui et demain, je parleray c à eulx de par vous et les reconforteray au mieulx c que je pourray. » Et leur dist le conte de Parvandbières : c Allez-vous en et faictes venir le Jouvencel c au Roy. » Et ilz respondirent au conte : c Monseic gneur, nous ne le pourrions appeler. S'il vous plaist, c faictes le y appeller par ung aultre. » Ainsi le conte le fit appeller par ung huissier et ilz s'en allèrent par UDg aultre costé. Et tantost le Jouvencel entra. Et, quant il fust entré, le Roy congneust bien qu'il avoit le cuer si serré que plus ne povoit, et lui dist : c II € fault parler de vostre despeschement et oublier le c regret de voz amyz. » Et il respondist : c Je ne c Tobliray jamaiz. Mais besongnons en ce qu'il vous € plaira. » Le Roy dist au conte : c Beau cousin, c dictes ce que avons affaire pour le présent et parlez c pour le Jouvencel; car je voy bien qu'il ne peult c dire mot du regret qu'il a à ses compaignons. » Le conte parla et dist : c Sire, vous avez à faire c vostre dilligence que les gens d'armes soient tous c prestz au jour que vous avez dit, et que le Jouvenc cel s'en aille le plus tost qu'il pourra pour faire sa
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c dilligence. » Et le Roy dist : t II n'a pas haste de c partir d'ici à plus d'ung moys ; et ce pendant nom c ferons ung peu de bonne chière, affin quMl s'en ailk € joyeusement. >
Le Roy s'esbatit toute ceste serrée^ et fist bonne chière au Jouvencel qui Tacompaigna tout ce moys entier. Et puis le Roy envoya devers le roy Amidas une ambaxade, c'est assavoir : ung chevalier, ung sieo maistre des requestes et ung sien secrétaire^; et loi manda comment il envoyoit le Jouvencel et toute son armée pour le secourir. Aussi lui prioit qu'il voulsîst acomplir le mariage de sa fille et du Jouvencel, ainsi qu'il lui avoit mandé, et qu'il lui envoyast les seurtez de ce faire par ses ambaxadeurs, lesquieulx il attendoit qu'ilz fussent retournez avant que le Jouvencel montast sur mer.
Les ambassadeurs partiz, le Jouvencel se partist et print congié du Roy, du conte de Parvanchières et de tout le conseil et s'en alla jusques au port où il devoit monter sur la mer, et là attendist toute son année et aussi l'ambaxade qui estoit allée devers le roy Amidas.
Et, quant vint comme environ la my-may. Fan)baxade vint devers le Roy et apportèrent toutes les seurtez que le Roy demandoit touchant le fait du mariage du Jouvencel; lesquelles seurtez le Jouvencel envoya au Roy. Et davantaige apportèrent lettres de par le roy Amidas au Jouvencel, belles et honnestes, lesquelles il envoya pareillement au Roy. Et le Roy renvoya devers lui hastivement et lui manda que
\, Var. : « vesprée. » A. B.