‹ Le JouvencelChapitre 50 sur 184 · Var. : • prophète. » G · texte numérisé non relu

Var. : • prophète. » G

188 LE JOUYENGEL.

parvenir à la fin et perfection de la chose où il tent. Aussi, selon icelluy philozophe^ les hommes de haulx et eslevez entendemens et vertueux sont naturelle* ment inclinez et disposez à avoir povoir et seigneurie sur les autres. Or a esté le Jouvencel virtueux et de hault entendement ; car tousjours virtueusement se est conduit çl gouverné en tous ses affaires, comme il a esté veu par cy-devant. Cy s'ensieut la tierce et derrenière partie de ce livre intitulé le Jouvencel.

CHAPPITRE I.

Comment le Jouvencel print congié de sa dame et s^en vint à ses compaignons, qui eurent grant joye de sa venue; comment trois capitaines du duc Baudouin arrivèrent ce soir là, lesquelz grandement il festoya et en remercia le duc Baudouin; comment le roy Amydas fist crier son filz le Jouvencel régent de son royaume par ung sien herault; comment le roy Âmy^ das fut averty par ung secret messaige des noms de ceulx qui lui dévoient courir sus; comment ih bU présentèrent la bataillcy qu'ilz perdirent^ et y furent mors et prins grand nombre de gens.

Aprez que le roy d'Amydoine eust baillé au Jouvencel, son filz, les lettres de son povoir, dont il le rcmercya très humblement, le Jouvencel print congié du Roy, de la Royne et de sa dame et s'en aUa devers ses compaignons, qui eurent grant joye de sa venue. Il leur monstra le povoir qu*il avoit apporté et

i. Var. : • prophète. » C.

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kur oonta le recueil que le Roy et la Royne lui avoient fait, et leur parla de sa dame et de tout se loua à soo povoir. Il trouva trois cappitaines du duc Baudouin, qui estoient arrivez ce soir, c'est assavoir : messire Guillaume Boucqueton, ung nommé Herlaud^ et Guillaume Benard, qui a voit esté pris à Crathor, lequel estoit ung bon baveur. Le Jouvencel leur fist moult grant chière pour la peine qu'ilz avoient prinse de venir aprez lui. Aussi remercia fort le duc Baudouin pour ce qu'il y avoit largement mys du sien à les y envoyer; et n'y avoit riens miz le Jouvencel, fors seuUement une lettre qu'il avoit escripte au duc Baudouin et une à messire Guillaume Boucqueton *.

Le Jouvencel assembla ce soir tous les cappitaines et demanda qu'il estoit affaire, et leur dist que le roy Amydas s'attendoit à lui de toute sa seigneurie et de tout son fait. Il leur remonstra que le roy Âmydas n'avoit que trois places : Galibort qu'ilz veoient tous les jours, là où estoit sa personne, la Royne et sa fille, et une cité qui avoit nom le Don, dont l'evesque estoit en sa compaignie, et une autre petite ville qui avoit non Virance, qui seoit entre Galibort et le Don. Le Don estoit une puissante ville et ne l'avoient peu conquérir les ennemyz, et tenoit tous les jours frontière. Ghascun

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