‹ Le JouvencelChapitre 63 sur 184 · Var. : c chevaucha aprez le gentilhomme, t B · texte numérisé non relu

Var. : c chevaucha aprez le gentilhomme, t B

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et sans personne qui vive que lui-meisme et ne povoit avoir secours ne aide de persone, sinon de Dieu, de ses armes et de son cheval. Ainsi qu'il alloit après ledit Guillaume, ledit Guillaume lui monstra ledit messire Jehan Helphy et lui dist : c Vêla monseigneur k « gouverneur de ceste ville, messire Jehan Helphy, c mon maistre. » Et, sur ce, le Jouvencel donne des espérons à son cheval et approuche dudit messire Jehan Helphy comme de la longueur de quatre lances. Et, sur ce, les gens du roy Amydas et du Jouvencd meisme ^ font une charge à Tautre bout des champs, et y eut si grant hu et si grant cry, tellement cpiMlz se retirèrent droit à la ville. Et, sur ce, le Jouvencd donne des espérons à son coursier et vint joindre à messire Jehan Helphy. Et, sur ce, messire Jehan Helphy lui dist : c Je me fie en vostre visaige et m'est « adviz que je le puis bien faire. Je suis venu icy avant € pour vous voir et pour parler à vous. > Le Jouvencel avoit mys une petite bataille de gens ensemble pour l'attendre et le recueillir, des plus beaulx et des plus honnestes qu'il avoit peu finer en toute sa compaignie. Et, sur ce, messire Jehan Helphy lui demanda : 4 Geste petite bataille que je voy là est- € elle à vous? » Et le Jouvencel lui respondist que oy. Et, sur ce, messire Jehan Helphi lui demande : € M'asseurez-vous que je les puisse aller veoir? • Et le Jouvencel se print à soubrire et lui dit : € Monsei- < gneur le gouverneur, je sçay et apercoy bien que « vous avez paour et me demandez seureté pour aller c veoir mes gens et sur ceste coulleur vous voulles

i. Var. : c et dudit messire Jehan Helphy. » B.

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trouver seurté. Je vous dy que vous n'avez point de seurté de moy et estes en ma main et puis faire de vous ce qu'il me plaist ; car voz gens vous ont habandonné. » Et messire Jehan Helphi lui res-

pond : € Vous savez bien que vous ne fussiez pas venu jusques à moy, se je ne vous eusse asseuré ; et, puisque je vous asseuroye, n'est-ce pas à dire que je doy estre asseuré de vous? » — € ToutefiFoys, dist le Jouvencel, se j'ay seurté de vous, vous n'en avez point de moy. Vous cuidiez bien y estre le plus fort et que voz gens ne vous habandonnassent point ne ne bougeassent d'avec vous. Se fortune a donné que voz gens se soient retraictz et vous ont yci habandonné et que vous soyez cheu en [ma] main sans nulle promesse que je vous aye faicte, n'estes-vous pas mien? » Messire Jehan Hel-

phy respondist : c Se je ne me feusse fié en vous, vous ne me eussiez pas trouvé icy ; et, puisque je vous asseuroye, c'estoit à dire que je n'avoye point de deiïiance de vous et que j'en estoie asseuré. Et vrayement, quant je vous ay veu, il m'estoit adviz que je le povoie bien faire. » Et, sur ces parolles, le

Jouvencel lui respond et lui dist : c Monseigneur, toutes choses vont à équité et à bonne foy. Il peut estre que vous ne fussiez pas venu si avant ; mais touteffbys vous n'avez de moy ne promesse ne sceurté nulle et, par quelque moyen que ce soit, j'ay possession de vostre corps, ne ne me sauriez reprocher ne parolle ne promesse nulle que je vous aye faicte. Prenez que vous y soyez venu par enchantement. » Et à tant messire Jehan Helphy lui

respondist : € Bonne équité, bonne foy et vostre

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bonne renommée m'ont icy arresté. J^eosse miz peine de me retraire avec mes gens, se o'eust esté la fiance que j'ay en vous et peut-estre que je me feusse bien retraict sans vostre dangier. Touteffoys j'ay mieulx amé demorer avecques vous que faire autrement. Et, sur ce, jugez; car vous povez faire de moy ce qu'il vous plaira. » Et adoncq le Jouveocel respondist : « Equité et bonne foy est tout et est la chose de ce monde, comme je croy , qui est la plus agréable à Dieu ; car sans foy et sans équité nul ne peut aller en paradiz. Et, pour ce que vous estes demouré sur foy et sur équité, je vous asseure ; et allez veoir mes gens tout à vostre aise et vostre bon plaisir; car tous ceulx que voyez là sont à moy, mes paréos et serviteurs. Et, en attendant que vous soyez retourné, je voys veoir voz gens et là j'attendray vostre retour. » Et, sur ce, partist le Jouvencel et s'en va parmy les gens de messire Jehan Helphy et entre dedans la ville tout armé sa lance au poing. Messire Jehan Helphy alla parmy les gens du Jouvencel et les amena à la ville et fist abatre ponts, planches; et entrèrent les gens du Jouvencel dedans tous armez, ainsi qu'il leur pleust. Et là beurent et repeurent à leur beau plaisir et aise. Puis s'en retourna le Jouvencel et les siens aprez devers le roy Âmydas et ses batailles. Et, quant il fut devers lui, qui le attendoit en grant doubte de sa venue, il fut très fort blasmé qu'il n'a voit amené messire Jehan Helphy. Et disoient les plusieurs qu'il estoit sien sans reproche nulle; les autres disoient qu'il avoit fait comme ung gentil chevalier de ce qu'il en avoit fait, et qu'il n'estoit riens en ce monde qui vaulsist bonne foy et équité. Ainsi

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se acquittèrent ces deux chevaliers Tung à l'autre honnestement ; et monstra le Jouvencel grant franchise et qu'il avoit grant honneur à lui ; car le butin estoit grant. Et disoient beaucoup de gens que messire Jehan Helphy ne lui eust peu riens reproucher. Et pour bonne foy et équité il se departist du butin, et sembla advis à beaucoup de gens qu'il fist son honneur et son devoir.

Après s'en retourna le Jouvencel devers le roy Amydas, là où plusieurs gens disoient, les ungs : Il a bien fait ; et les aultres : Il a mal fait qu'il n'a amené le prisonnier. Touteffoys le roy Amydas loua son euvre et dist qu'il avoit fait honnorablement et luy dist : € Or ça, mon filz, me sont venues nouvelles € qu'il est venu au duc d'Ath ung secours d'ung capc pitaine estrange^ qui luy a amené ung nombre de € lances; de quelle quantité, je ne scay; mais ce sont € gens à cheval. Et, pour ce qu'il lui sembloit à lui € et à ses gens que j'avoie plus de gens à cheval que c eulx, ilz l'ont envoyé quérir. Et est ja celluy cap- € pitaine entré en mon payz et fait grant menace; et c m'a l'on dit qu'il est logié en ung groz villaige aux c dbamps et qu'il ne se daigneroit mettre en ville c dose. C'est ou payz où avons entencion d'aller, c ainsi que vous savez. Et pour ce fault-il ad viser que c est à faire. » — < Monseigneur, s'il vous plaist, c dit le Jouvencel, vous demanderez icy tout à chec val par oppi nions à messeigneurs les cappitaines c que est de faire. »

1. Ce capitaino étranger est Rodrigue de Villandrando (voir Commentaire, § XXIII, et 1. 1, p. 3).

Sis LE JOUVEIfCEL.

Ainsi le Roy demanda tout à cheval qu'il estoit expédient. Les ungs furent d'oppinion qu'on y allast tout d^une traicte, pour le surprendre où il estoit logié. Et, pour ce que la traicte estoit longue, les autres debatirent à rencontre et disoient que à pône povoient-ilz aller jusque là sans estre descouverts, principallement pour ce que la traicte estoit longue et que c'est ung des plus grans dangiers qui soyt en la guerre que de aller surprendre gens loing et de faire ces traictes; car on peult estre descouvert en chemin par plusieurs façons. Il ne fault que ung homme, qui traverse payz, qui die : c J'ai veu gens d'armes », soit marchant, soit homme de guerre J Et meismement, quant on approche du logeiz, fourraigeurs, qui vont aux champs, pevent venir crier alarme de si loing que ceulx du logeiz ont tout loysir de eulx ordonner. Car fourraigeurs vont à deux, à trois, à cincq, à six lieues fourragier, et aucuneffoys à plus de sept loing, quérir et pourchasser à menger, sans les guettes, escoutes, chevaucheurs et guides de toutes pars que une compaignie doit avoir quant die n'est logée en lieu fort. Et, se ainsi estoit que par quelque cause il avenoit que ceulx du logeis ne feussent advertiz ou sceusscnt de la venue des ennemyz, qui est chose comme impossible qu'ilz ne le soient aucunement , s'ilz sont gens d'ordonnance , ilz seront à leur guet bien ordonnez, bien advertiz, bien arroyei de ce qu'ilz doivent faire pour recepvoir leurs ennemyz^ Les aultres, qui viennent pour les surprendre,

1. Var. : « S'ilz ont bonnes gens de guerre et de bonne conduite et urdoonance, ilz seront à leurs affaires et necessitéB bien advertiz et de leur guet bien arroyez de ce qullz doivent

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80Dt las et travailliez et fault qu'ilz vienneat à la file, ou aultrement ilz ne feroieat point de dilligence pour la surprise ; et puis, quant ilz sont prez du logeiz, il fault qu'ilz s'arrestent pour aucunement ordonner leur bit. Ilz sont las, ilz sont traveillés, eulx et leurs chevaulx. Geulx qui saillent du logeiz sont fraiz, et leurs cfaevaulx reposez, bien ordonnez; car leur bagaige demeure au logeiz et ne sault aux champs que les oombatans. S'ilz les veullent attendre dedans leur logeiz à pié, ilz le congnoissent ; ilz scevent les rues et les advenues par où ilz pevent venir, par où ilz les pevent assaillir par devant, par derrière, sur les costez. Et certes ceulx qui attendent leurs ennemiz de pié coy ont moult grant avantaige et en toutes façons. Et semble que c'est une des plus dangereuses choses qui soit à la guerre, que d'aller d'une traicte longue aercher ses ennemyz. Je ne diz pas qu'il n'en soit aucunement bien venu ; mais c'est avanture. Et l'oppinion de beaucoup est qu'il vauldroit mieulx aller tous délibérez de combatre ses ennemyz et estre certains qu'ilz sceussent bien la venue, et y aller ordonnez ainsi qu'on doit, pas pour pas, délibéré de combatre, ses batailles faicles selon la puissance qu'on est, et chevaucher en ordonnance, et ne surprendre riens et se garder d'estre surpriz, que de metbrc la diose en ce hasart. Ainsi que dient messeigneurs, qui ont parlé cy devant, et que les anciens hommes d'armes et gens de guerre que j'ay ouy parler, les deux plus doubtables choses qui soient à la guerre et

comme plusieurs ou temps passé se sont pourvous, et ainsi le doÎTeat faire pour recepvoir leurs ennemys. • B.

Si4 LB JOUYiafCKL.

où il court plus grant dangier, c^est de aDer cuidar surprendre gens au logeiz. Car on les coîde prendre à despourveu et, s*ilz sont aucunement advertiit ik vous y surprendront et vous ne les y surpreodrex pas pour les raisons que j'ay dictes. L*autre raison est que beaucoup de gens cuident avoir ung grant advcntaige à prendre gens en ung passaige. Il est vray que, se vous y prenez gens lasches et qirilz ne sachent riens de la guerre, vous y trouverez avantaige; car les premiers n'aideront pas aux derreniers. Mais à gens de guerre et vaillans gens, c'est ung des lieux du monde où il fait le plus périlleux les rencontrer et assaillir, conune aucunement en est touché icv devant en ce livre. Mais encores. pour plus amplement vous dire les raisons, je les vous vueil bien declairer, ainsi que j'ay tousjours ouy dire aux anciens gucrroyeurs. Premièrement, se gens de guerre viennent en ung passaige, ilz doivent eslire gens à passer les premiers. bons et seurs en c|ui toute la compaignie se fie ; et, quant ilz orront le bruit sur les derreniers, qu'ilz soient bien délibérez de tourner et de les secourir. Et, s'il n'y a (|ue trois bons hommes en la compaignie, il en doit avoir ung avecques les premiers pour les faire tenir ferme et pour secourrir les derreniers; car c'est ce (|ui leur donne le cuer et la force. Le second lK>n homme doit estre ou millieu; et eotens que cestui-là, aprez (|ue les premiers seront paaaei, soit au millieu du |)as avant (|ue les derreniers j tntrent, et bien delil)eré de les secourrir, se bniît leur stirvenoit. connue estoit le premier. Le tiers lx>n homme doit cslrc avec(|ues les derreniers cl entnT ou pas quant [ceulx| du meilleu en sauldrool

les segondz. Uog pas est mauvais et estroit tousjours; et n*en peult-oo pas bien saillir à son aise, quant les eanemyz viennent charger dedans ce pas. Se ceulx qui passent le pas sont bons et asseurez et bien ordonnez, ainsi que j'ay dit, les ennemyz craingnent entrer en ce pas, pour ce qu'il est mauvaix et estroit et n'en pevent pas saillir quant ilz veullent. Et ceulx qui sont desja dedans, fault qu'ilz y demeurent et que là ilz attendent leurs ennemiz, puisqu'ilz y sont entrez. Ilz sont tous enfournez dedans le pas et tous ensemble et ne s'en pevent pas despartir à leur aise et fault qu'ilz y combatent. Hz y sont desja tous portez et les aultres craingnent à y entrer. Et, quant une foys une faulce pointe se y fait (ce que y fait voullentiers, car l'entrée est dangereuse), meshuy homme n'y entrera. Et vous di que j'ay tousjours ouy dire aux anciens gens de guerre, qui ont essayé beaucoup de choses, que ce sont les deux plus périlleuses besongnes et qui sont en plus grant hasard à la guerre, qui y peussent gueres estre. Et toutefToys beaucoup de gens désirent ainsi; et en peut bien venir, mais c'est à l'avanture. La chose ou monde qui vault mieulx à ceulx qui sont ou passaige, si est qu'ilz sont ensemble et serrez. Et croyez que une des meilleures choses que gens d'armes puissent faire, c'est de soy tenir serrez ensemble. Je entens les eschielles et les batailles ainsi qu'elles sont ordonnées; car j'entens qu'en une puissance doit avoir plusieurs batailles, comme plus amplement est ordonné et declairé en ce livre. Mais, quant les batailles ou eschielles, ou escadres, comme on dit en Ytalie, ou ainsi que appeller lesvouldrez, sont disparées, si dis-je que chascune bataille, eschelle

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OU escadre doit estre serrée ensemble, voire le plus que faire se peut. Et en ay veu, quant gens venoient pour assembler avecques leurs ennemyz, que od disoit qu'il les faisoit beau veoir ; on les eust couven tous d'ung drap, se c'estoit une petite brigade; éL ae c'estoient grosses gens, on disoit des esles que on les eust chascune par soy couverte toute d'ung dnqp; pareillement de 1 avant-garde et de la bataille : il ne flut pas cheu une pomme que sur les lances ; et de toutes les batailles, petites ou grandes, pareillement. Les bons cappitaines, quant se vient à joindre et assembler, dient tousjours : c Serrez, serrez-vous. > Et ai vous dy que la guerre eust ung bon docteur en ceste science en Lahyre, dont il est bien nouvelles en toutes les guerres qui ont esté en France, et disoit tousjours à l'assembler : c Serrez. >

Aprez les oppinions bien debatues et les doubles faictes en ces deux poins, le Jouvencel dit au roy Amydas : < Monseigneur, vous avez oy de belles < choses debatre en ce conseil ; et, selon mon oppinioD, a elles sont vrayes. Mais, s'il vous plaist, me baillea rez aucun nombre de gens; je yray devant et mel- « tray peine de trouver ce cappitaine à mon avana taige au mieuix quepourray. » Et, surce, fut conseillé au roy Amydas de baillier au Jouvencel ce qu'il demandoit ; car il estoit bon et saige, et ne mettoit-on point de double qu'il ne conduisit bien son fait en ce que possible seroit : car il estoit bien expérimenté. Le Jouvencel s'en part et print congié du roy Amydas son père et de toute la compaignie, avecques ung nombre de gens pour chcN'aucher devant, ainsi que requiz a voit, par une manière d'avanl-garde , et le

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roy Amydas aprez. Et tant chevaucha par ses petitz [pas] qu'il arriva à une ville tenant le party du roy Amydas, assez prez de là où estoit ce cappitaine. Ainsi qu'il fut arrivé en la ville, ne se voullut point donner de séjour, affin que ce cappitaine ne peust estre ad visé de sa puissance. Il arriva de nuit en la ville, par quoy les ennemyz ne peurent avoir congnoissance du nombre qu'il povoit avoir. Et, au matin, dès que le jour apparust, il ouyt messe et saillist aux diamps. Et, pour ce que le cappitaine estoit estranger, il envoya ung poursuivant de le sommer et requérir de vuyder le pays du roy Amydas et qu'il hii feroit bailler passaige pour s'en aller en son payz. Et il respondit qu'il n'estoit pas venu pour cela faire et que, dedans xv jours, il assembleroit son conseil et qu'il en parleroit; et fut sa réponse, qui estoit par une manière de mocquerie. Le Jouvencel, qui mardioit tousjours aprez le poursuivant sur les champs, oyt la response dudit poursuivant, telle comme avez ouye; sur quoy le Jouvencel conclud et délibéra de le aller combatre. Et, ainsi qu'il arriva au logeis du cappitaine, il le vit avecques ses gens d'armes en une rue du logciz et tous ses gens armés, à cheval, la lance sur la cuisse, et devant eulx une grant barrière bien espesse faicte de charrettes liées les unes aux aultres. Et le Jouvencel se tourne et dist à ses gens : € Seigneurs, véez-vous bien ces gens-là? Il me semble c que nous n'avons garde d'eulx; car ceste barrière € est entre eulx et nous. Or sus! tost à pied! » Le Jouvencel n'avoit pas si grant nombre de gens que ce cappitaine cstrangicr avoit; mais il avoit meilleur traict; et, pour ce, voulut bien estre à pié. Il marcha,

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lui et tous ses gens, droit à celle barrière, et, eo mir> chant, il disoit toujours : € Hz sont nostres ; ilz ne vole- € ront pas par dessus la barrière pour venir à nous. » Ainsi marcha le Jouvencel à pié, lui et tous ses gen, fors ung petit tropelet de gens à cheval qu*il miat à part pour leur donner par derrière aucune affiûre on par costé. Et,. quant il fut à celle barrière, il la gaîgna et vint charger de traict et de poux de lance parmy ces gens qui estoient en celle rue. Ung estant à ch^ val avoit d'une flcsche par la teste et son cheval uœ par le flanc et ruoit et faisoit perdre la lance à son maistrc. Les hommes d'armes à cheval ne povoicnt donner dedans les arcliiers, pour ce qu*ilz ne povoieot passer oultre pour celle barrière, et, se gens de ch^ val donnent dedans gens de pié et ilz n'ont point d*i^ sue, ilz font leur dommaigc ^ Et, pour ce, est-ce forte chose que gens de cheval se puissent bien aider en rue ne en chemin estroit et doibvent quérir le large à leur povoir. J'ay ouy dire que à Jannes, a la desoonfiture que fit monseigneur de Calabre sur messire Perrin, les gens de pié servirent bien pour les rues estroictes qui y estoient'. Et, pour vous dire la conclusion de ceste besongne, le Jouvencel desconflst ce csppitaine acompaigné de six cens^ lances et le Jouvencel n'en avoit que cent et huit et trois cens archiers^. La des-

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