Var. : « par quoy ilz no peurent charger. » B
2. Var. : « du comte do Gharollois, filz du duc Phelippe de Bourgogne. » B.
3. La bataille do Montihéry eut lieu le 18 juillet 1465. Le détail que donne Jean de Bueil sur ce combat n*a été rapporté par aucun chroniqueur.
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estranger que le duc d'Ath avoit CDVoyé quérir pour sou secours. Puis, le duc d'Âth se retira en fors diasteaulx et fortes places et quist alliances de princes voisins ad ce qu'il peust. Mais le Jouvencel trouva manière d'entrer en ung fort chasteau où estcHent tous ses gouverneurs ; de quoy le duc d'Ath fut bien esbahy, et ne sceust plus de remède en son fait, sinoo qu'il quist et sercba tous les traictiez qu'il peust avecque le roy Amydas. Et envoya devers le Jouvencel pour estre son moyen ; et lui escripvit une lettre comment il florissoit en armes et que Dieu lui avoit donné tant de victoires et tant d'honneur sur lui qu'A devoit souffire sans vouUoir poursuir plus avant à sa destruction, qui lui seroit réputé cruaulté, veu qu'il n'avoit plus de puissance et qu'il avoit vouUenté de soy mettre à son devoir ; et, s'il tenoit aucun tort an roy Âmydas, qu'il estoit prest de l'amender, son corps et son heritaige sauf. Sur quoy, le Jouvened parla au roy Âmydas son père et lui dist : c Monseîc gneur, il me semble que vous ne devez plus quérir c riens en cest homme que ce qui y est. La destruc- <i tion du corps et de l'heritaige est de tout poins la € vengeance que vous en pourriez avoir. Vous ne c feriez point de pardon ^ , et Dieu ne vous en sauroit € nul gré; car pour l'amour de lui vous ne feriez < riens. Et, se pour l'amour de lui vous ne faictes <( riens, il est assez puissant pour relever le duc d'Ath <K et pour vous confondre. Aucunes gens pourroient € dire : le duc d'Ath demourra en sa seigneurie et
1. Var. : f Et prendre ce que vous en pourriez avoir, ce ne serait point fait de pardon. » B. *
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c une foys vous pourra pourchasser quelque mal. c Craingnez-vous plus ung homme que ne faictes c Dieu? Je vous dy que le duc d'Âth, en tant que c touche les hommes, ne vous sauroit nuyre jamaiz, c sinon que Dieu le fist excecuteur de vostre mal. Or c est-il plus apparant que Dieu vous vouldroit plustost c pugnir par lui, quant vous le lui vouldriez pardonc ner et le prendre à merci et que ne feriez riens pour c Tamour de lui, que se vous lui pardonnez? Et, pour c oe, Monseigneur, je suys d'oppinion, pour Tamour c de lui et espérant de faire chose qui lui plaise, que c vous lui pardonnez et ne poursuivez plus à sa desc truction. Et, s'il retourne plus, le tort vendra de c lui; sa puissance sera petite contre vous, quant c Dieu ne luy donnera secours. » A ces paroi les le roy Âmydas se accorda et pour l'amour de Dieu lui pardonna. Et croyez seurement que cruaulté ne valut oncques riens et en la fin il en vient tousjours mal ; car, ung homme sans pitié. Dieu n'aura jamais pitié de lui. L'appoinctement du roy Amydas et du duc d'Ath fut fait en telle façon que toutes les fortes places furent mises es mains du Jouvencel pour seurté, et se y fia le duc d'Ath.
Ainsi demoura en paix le roy Amydas et son filz le Jouvencel, régent le royaume d'Amidoine, en grant aises, faisant grant chière. Et traveilla le roy Amydas et son filz le Jouvencel grandement à mettre le royaulme en justice, et eurent fort à besongner à recompenser ceulx qui les avoient honnourablement servis, tant ceulx du royaume que estrangiers. Touteffoys le firent-ilz au mieulx qu'ilz peurent. Les ungs retournèrent en leurs payz devers leurs princes, à qui
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le roy Amydas donna de grans dons, et moult remercia les roys, princes et seigneurs des païz dont ilz estoient venuz des bons et grans services qu'ilz lui avoient faiz. Puis demourerent le roy Âmydas et son fliz le Régent en grans aises, en grans plaisirs et en grans délices, le royaume bien uny et en grant justice. Et, pour ce que aise ne se peult souffrir, il y eust quelque filz de bonne mère qui dist au Jouvencel, pensant mettre quelque grant brouilliz et quelque grant débat entre le roy Amydas et lui, et lui remonstra comment il cstoit trompé et que le roy Amydas avoit ung petit filz, lequel avoit donné à entendre qu'il estoit mort et Favoit fait cachier et nourrir eo loingtain payz*, affin qu'il n'en fut nouvelle, pour mieulx marier sa fille et trouver homme qui le seooorust à son besoing et remist en sa seigneurie; c œ c que vous avez fait. Et, qui en fait une, il en fiât « bien deubc. Et, pour ce qu'il vous a trompé en ceste <c matière, je vous avertiz que vous gardez yostre c personne et qu'il ne vous trompe de la vie; car c vous savez qu'il se doubtera bien que vous le sadiiez a par quelque moyen. Vous avez toute la puissance a des gens d'armes ; toutes les fortes places et villes c que vous avez conquises entre voz mains tenez, c Pour ce, je double que, pour la doubte qu'il aura de < vous et aussi pour parvenir à ses fins de remettre <c son filz en la seigneurie, qu'il vous face une c très mauvaise compaignie. Et vous diroye voul- € lentiers aucunes choses pour vostre bien ; mais que a vous me promettez de ne m'encuser point. > «^ c Je