‹ Le JouvencelChapitre 86 sur 184 · Var. : « Bueil. » F. I · texte numérisé non relu

Var. : « Bueil. » F. I

3. Macé Tiercelin, seigneur de la Vaissière. Voyez t. I, p. clv. — Quant à t messire Auvergnas Chapperon, » c'est un personnage ({ue nous no connaissons que par ce passage de Tringant.

OMiiiiarrAiRE du c jouyengbl >. S87

terre des Ângloys, puis relevé et baillé à messire GuiUaume de Goursillon ^ qui le porta bien et vaillamment. Aussi s'estoit-il trouvé avec le sire de Bueil en tous les bons lieux, où il avoit esté très bien gouverné. Les chefz et cappitaines des Ângloys estoient le bastard de Salbery, messire Jehan Arthus et Matago, cappitaine du Mans. Ledit Salbery se saulva et mesure Jehan Artus y fut mors ; Matago fut prins par ung vaillant escuyer nommé Jehan de Yaulue et combatirent corps à corps tous deux bien et vaillamment, tellement qu'ilz se navrèrent tous deux. Touteffoys le sire de Bueil, qui vit la bataille entre son escuyer et ledit Matago, tira celle part. Lors ledit Matago dist audit de la Yaulue : c Je ne pouroys contre deux ; je me € rens à vous. > Adonc Jehan de la Yaulue lui dist : € C'est mon maistre ; vous vous rendrez à lui. > Et le sire de Bueil respondit : c Jehan, à Dieu ne plaise, € puisque vous Tavez conquis, que j'en preigne la c foy ! > Et, sur ce, Jehan de la Yaulue print la foy . Le sire d'Albery* estoit chef du siège de Sainct-Gelerin, qui est apellé ou livre du Jouvencel Sardine. Il s'en alla et habandonna son artillerie, qui fut gaignée : car toute l'eslite de l'armée estoit desconfite. Il est escript ou Jouvencel; mais à payne l'entendrez-vous, tant est desguisé. Pour ce ay-je volo, moy Tringant, faire l'exposition, ainsi que je l'ay peu comprendre et savoir au vray.

XXil. — Après cesle besongne de Yivaing, fut

i. Tome I, p. XLii, note 5.

2. Var. : t du Bery. • E. — t du Deby. » F. I. — Le ms. F. porte en note : c Peut-être Willeby. » C'est le sire de Willougby

(t. I, p. XLIIl).

888 COMMENTAIRE DU € JOUVENGEL >.

pourpencé beaucoup de choses à Tencontre dudit sire de Bueil, qui n'eussent eu jamais bien, si n'eust esté par luy. Il fit de haultes et grandes entreprinses et les mist par son moyen, sens et hardement en bonne conduicte en avant. Principallement monseigneur Charles d'Anjou, qui n'avoit rycns, fors qu*il estdt de grant maison, ainsi que chascun scet, et du sang royal, le fist estre conte du May ne, coucher oii le bon roy Charles, gouverneur de Languedoc, conte de Gyen, de Civray, de Mellc, de Sainct-Maissant et de Chissé et encore d'autres, tant en don que en achapt, qu'il eut par l'auctorité qu'il avoit avec le Roy; et tout par le moyen de mon maistre le sire de Bueil. Et après déclarerons les bons et grans services qu'il fist audit monseigneur Charles d'Anjou, le tout pour le bien du bon roy Charles et de tout le royaulme, dont après il fut mal guerdonné dudit monseigneur Charles d'Anjou, après les bons et notables services qu'il fit. Pour abregier, il destroussa toutes les garnisons angloises, ses voisines.

XXIII. — Il y eut ung grant cappitaine, nommé Rodigues, conte de Ribegieux, d'Espagne, et estoil espaignol de nacion, qui vint loger au Pont-de-Soé, atout six cens hommes d'armes et leur séquelle, lequel courut devant Angiers et rançonnoit tout le pays; et demandoit à la royne Yolant et à monseigneur Charles d'Anjou, son filz, grans sonmies de deniers. Les(]uelz dame et seigneur mandèrent quérir le sire de Bueil (ce qu'ilz faisoient à toutes les nécessitez et affaires) qu'il vint devers eulx; ce qu'il fist. Et combatit ledit conte de Ribegieux, qui est le cappitaine estrangier que vous trouverez escript ou Jour

GOMMERTAIRE DU < JOUYENGBL >• 289

vencel^. Et n*avoit que cent huit lances et troys cens ardiiers ; et morut en la besongne le frère dudit conte de Ribegieux^.

XXIV. — En celluy temps le duc d'Alençon, qui pour lors estoit lieutenant du Roy, fit une assemblée de tout ce qu'il peust finer, tant des frontières que d'autres, et manda quérir le sire de Bueil et sa compagnie et passa par devant Alençon. Auquel lieu estoit messire Jehan Fastoc, gouverneur d'Anjou et du Maine pour le roy d'Angleterre, ainsi que bien au long est déterminé ou livre du Jouvencel. Et, pour myeulx déguiser icellui Fastoc, il est appelle messire Jehan Alpy^. Et là vous trouverez ce qui fut faict entre ledit sire de Bueil et ledit Fastoc^.

XXV. — Après le voyage fait, chacun retourna à ses garnisons, et ne demeura gueres que le siège fut mis à Sainct-Denis-en-France près Paris par les ÀDgloys. Là se tira le conte de Dunoys, le sire de Loyeac et ledit sire de Bueil et toutes leurs compagnies jusques au pont de Meullant. Et eulx estans au dit pont, vint ung poursuyvant qui dist que messire Thomas Kiriel et Matago repassoient à Estrepagny et qu'ilz venoicnt atout huit cens combatans au siège de Sainct-Denis pour le renforcer. Et, sur ce, ledit sire de Bueil monta à cheval avec bonne compagnie de Françoys, tant de ses gens que de ceulx qui le voloient

i. Dans les mss. E, F et I, cette incidente ne se trouve qu'à la fin de la phrase suivante.

2. Pour toute cette atTaire, voyez plus haut, p. 2-41 et suivantes, et t. I, p. XLvi et suivantes.

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