‹ Le Jubilé pontifical à l'université Laval [microforme]Chapitre 11 sur 34 · PPS LL LL ELLE LT LL LP · texte numérisé non relu

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traitait du pouvoir temporel et qui, moins connue que celle de Mgr Dupanloup, à cause de la plus grande diffusion de la langue française, comme le remarque M. O’Reilly, lui était égale, sinon supérieure, et les deux lettres sur la question sociale, remplies en ce moment d’une redoutable actualité.

L'étude, faite sur le vif, du gouvernement constitutionnel à Bruxelles, près d'un souverain qui était un diplomate des plus habiles, le complément très court, il est vrai, de cette étude à Londres et à Paris, à une époque où, sous des souverains non moins habiles, les Palmerston, les Peel, les Wellington, les Thiers, les Guizot, les Talleyrand disposaient du sort des empires, cette étude ne se révèle-t-elle pas dans les agissements du Pontife et dans les démarches que sa sollicitude lui inspire ?

Le schisme arménien terminé, la Pologne consolée, l'Angleterre protestante à demi-conciliée ; l'Allemagne sentant tout le poids de l'autorité spirituelle de Rome; l’arbitrage de la tiare rétabli au moment où le pouvoir temporel s’est éclipsé ; la hiérarchie catholique consolidée en Angleterre et rétablie en Ecosse; la question formidable soulevée en Irlande, étudiée avec un soin qui promet d'heureux résultats ; deux colonies anglaises, le Canada et l'Australie, représentées pour la première fois dans le Sacré Collège, voilà des faits qui font l'admiration des hommes de toutes les religions et de toutes les opinions politiques. N'est-ce pas comme le développement de l’habileté diplomatique que Léopold et Louis-Philippe avaient admirée ?

Cet heureux concours de la science humaine et de la science divine, ce mélange d'activité, de piété, de fermeté et de douceur, et la fusion de toutes ces qualités sous l’œil de Dieu et grâce à une vigilance qui n’épargne rien de légitime pour le succès et compte n'avoir rien fait tant qu’elle n’a pas fait tout ce qu’il est possible de faire, n'est-ce pas un ensemble de qualités formant une personalité providentielle et répondant à tous les besoins de notre époque ? N’est-elle pas précisément ce qu'il faut pour dissiper les préjugés résultant des calomnies et des diatribes accumulées pendant plus de deux siècles ?

Comment accuser de tyrannie ou de partialité celui qui fait profession de juger tous les gouvernements par leurs fruits, sachant qu’ils sont donnés aux peuples quelquefois comme une récompense, d’autres fois comme un châtiment ?

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