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sereine, pleine de la grâce et de la majesté que donnent seules la vérité et l’inaltérable conviction qu’elle produit, une figure portant le double reflet de la sainteté et du génie, illuminée à la fois par la science humaine et par l'inspiration divine.
La haute stature du Pontife, sa physionomie grave et douce, l'empreinte ascétique qui rajeunit son expression au lieu de la vieillir, disent à tous que dans la chaire de Saint-Pierre est assis un digne successeur des plus illustres Pontifes, un politique ferme et courageux comme Grégoire VII et Alexandre III, un protecteur des arts et des sciences comme Léon X et, pour que rien n'y manque, un persécuté portant noblement le poids des jours mauvais, comme Pie VI, Pie VIT et Pie IX,
Grandeur et modestie, fermeté et douceur, vigueur et modération, tout concilier sans rien compromettre ; selon les paroles de l'écriture : ne pas briser le roseau qui s'incline, ne pas éteindre la mèche qui brûle encore, tels sont les traits caractéristiques de son règne,
Oui, Léon XIZTI peut à bon droit, avec cette exultation qui n'exclut pas l'humilité, parce qu’elle est toute faite de reconnaissance, s'écrier lui aussi : “Le Tout-Puissant à fait de grandes choses en moi !”
Et ce cri trouve un immense écho dans toutes les parties d’un monde plusieurs fois plus vaste et plusieurs fois plus peuplé, d'un monde plus avancé dans la véritable civilisation que celui qui formait l'empire romain au commencement de notre ère.
Et de toutes les parties de ce monde, grâce aux progrès de la science et de l'industrie que Léon XTIT apprécie et bénit, parce qu'il sait qu’elles ne sont qu’un instrument dans les mains de la Providence, au jour et à l'heure voulus, simultanément, spontanément, on aurait dit autrefois magiquement, arrivent au Successeur de Saint-Pierre d'innombrables félicitations.
Ces félicitations célèbrent un fait qui en lui-même, lorsqu'il eut lieu, ne paraissait que bien ordinaire. Un pieux lévite recevait dans l’humble chapelle dédiée au jeune héros de la chasteté et de la docilité chrétiennes, Saint-Stanislas Kotska, la dignité du sacerdoce. Ce fut sans doute une belle fête pour lui-même, pour ses parents et ses protecteurs. Aujourd’hui, c’est la fête de l'Univers Catholique !
APENA ANNE
Et tout semble converger pour faire de cette fête quelque chose de bien grand et de bien touchant : elle termine une année, elle en commence une autre ; elle est placée presqu’à égale distance du jour où sous tous les climats on célèbre la bonne nouvelle annoncée à Bethléem, où l’on croit entendre dans les airs les chants des envoyés célestes et sur la terre la voix des bergers leur faisant écho, et de cet autre jour où les rois savants de l'Orient venaient adorer l'enfant Dieu.
Et aujourd’hui comme alors les pauvres et les opprimés chantent les louanges de celui qui s’est fait leur défenseur, et de toutes les parties du monde les têtes couronnées, parmi lesquelles se trouve notre gracieuse Souveraine, lui envoient de riches cadeaux et l’encens de leurs hommages, et si l’étoile de Bethléem n'apparaît point dans les cieux, par une coïncidence merveilleuse et prédite, elle brille dans les armes du Pontife : Lumen in cœlo.
Et nous, habitants d’une contrée découverte et établie par la fille aînée de l'Eglise, par cette France que nous aimons comme l'aimaient nos pères, par cette France qui, dans ses malheurs et ses épreuves de tout genre, est peut-être le plus grand sujet des préoccupations de notre père commun, nous dont quelques-uns ont combattu à côté de leurs frères de Bretagne et de Vendée pour l'indépendance du Saint-Siège, nous qui, sous son pontificat, avons vu pour la première fois la pourpre romaine décorer l’un des nôtres, nous nous efforcerons de faire notre modeste part dans ce concert immense, suave et retentissant.
Ne sachant si je parviendrais à exprimer ce que je ressens et ce que vous ressentez vous-mèêmes, J'emprunterai les paroles du poëte Brunelli, élève de Léon XIIT en son Séminaire de Pérouse, éditeur et traducteur italien de ses poésies latines, et je dirai en terminant :
“ Oui, salut, Ô grand Léon, tes fils te saluent de partout ! Re- “ tourne bien tard à la région céleste qui nous envie le bonheur “ de te posséder ! Longue vie à toi, pour le salut du troupeau qui “ t'est confié. Si quelque chose pouvait rompre la loi fatale, ce “ serait le vœu de nos âmes, l'ardeur de nos affections, les palpi- “ tations de nos cœurs et alors, à Saint Père, tu ne mourrais “ jamais ! Tu, o Padre sunto, non moriresti giammai !”
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