‹ Le Jubilé pontifical à l'université Laval [microforme]Chapitre 20 sur 34 · RL PP PP RSS SE RP PL PS SL PS LS SP DORSALE AS SAS · texte numérisé non relu

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Dans ce long enchaînement de causes particulières qui font et défont les empires, il fallait qu’à une heure donnée, l'heure de la Providence,le monde fût uni pour recevoir la parole, le “ Verbe ” de Dieu qui devait substituer la force morale à la force matérielle. Alors, l'unité de l'empire romain s’est faite. Selon la grande parole de Bossuet “tout l'univers vienten paix et Jésus-Christ vient au monde ;” et à partir de ce jour providentiel les destinées de Rome sont fixées. Les Césars mourront, mais l’unité romaine survivra sous une forme plus auguste, car la papauté est appelée à recueillir et à transformer leur héritage et à gouverner le monde moral. Dès le troisième siècle, les peuples fondus dans l’unité romaine avaient trouvé un mot pour exprimer leur solidarité géographique et intellectuelle : Romania, la Romanie, c’est-à-dire le monde civilisé. La Romanie est encore debout. Elle s’est étendue ; c'est le monde chrétien. Elle porte encore son nom: L'Eglise catholique, apostolique et romaine ! Et c’est ce grand gouvernement, le gouvernement de l'Eglise que la Providence a départi aux successeurs de saint Pierre. C’est pour en assurer la perpétuité qu'il a suscité non seulement une suite de grands saints, mais une suite d'hommes de génie, d'hommes d'Etat, de diplomates incomparables dont Léon XIII est l'héritier et le continuateur.

Léon XTIT n'est pas seulement un grand politique, c’est un grand Pape politique, qui sait que l'Eglise a une politique différente de celle des gouvernements purement humains, parce qu’elle a sa mission à elle et parce que la perpétuité lui est assurée,

Appelée à vivre dans le temps, au milieu des passions humaines, à travers les révolutions des empires, l'Eglise se gouverne comme une puissance qui sait qu'elle est appelée à survivre aux temps qu'elle <raverse et qui peut dire : “Patiens quia œternus.”

De là, à certaines époques, une contradiction apparente dans la double œuvre du Pontife romain.

Comme magister suprême, il est le dépositaire d’une foi qui ne change point, d'un dogme qui n’admet ni transactions ni compromis, parce qu'il est la vérité, et parce qu'il n’y à ni transaction ni compromis avec la vérité ; elle est toute entière ou elle n’est pas du tout.

Comme souverain, le Pape accomplit l’œuvre du jour, qui dif-

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